Chapitre 57

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— T'arrives quand même à te lâcher, j'avoue être un peu étonné.

Après avoir joué des bras et des coudes au milieu de la piste de danse, c'est le souffle court que je parviens à retrouver Haru. Il se tient dans un coin moins exposé en compagnie de Ioane, lequel fait mine de soudainement vouloir aller se chercher un verre.

— Je te cherchais, je tente, sincère. Mais sérieux, partout où je pose un pied je me fais kidnapper.

— Abusé hein, fait-il presque maussade. C'est pas comme si t'étais la star de la soirée.

Je l'avais finalement aperçu il y a une dizaine de minutes quand Matthew m'avait conduit de force au milieu de la foule. À cet instant, je n'avais plus d'échappatoire et on m'avait contraint à me trémousser parmi les gens. Encore aujourd'hui, certains s'étonnent que je ne dramatise pas quand on m'invite à danser.

— J'ai pas eu le temps de m'excuser tout à l'heure, pour mon comportement je veux dire, confié-je en m'adossant contre le muret.

— J'ai eu ma revanche quand t'as été traîné sur l'estrade pour nous couvrir de mots doux.

— Sérieux ? Y'avait plus divertissant, je ris.

Je joue avec mes mains, la bouche pincée. Et je repense simplement à aujourd'hui.

— T'en as pas marre d'être aussi parfait ?

Il tique, son sourcil se hausse et il tourne à nouveau la tête dans ma direction.

— Hein ? me répond-il, même si ce n'est pas du tout une réponse, en vrai.

— Je veux dire que j'ai été une galère aujourd'hui. Et pas juste aujourd'hui, je suis une galère dès que j'en ai l'occasion, jusqu'à me montrer désagréable, et tu le prends presque jamais personnellement.

Presque. Parce que je sais que j'ai déjà eu l'occasion de voir en lui une ébauche de contrariété, mais elle finit toujours avortée.

— Parle pas de toi comme ça Reino, t'es pas une galère et t-

— Tu vois ? je le coupe, ne me rendant pas compte que je redonne vie à mon propre jugement. C'est ça, ça t'agace même pas alors que par moment j'ai moi-même envie de m'arracher les yeux !

Il ferme les yeux un instant, j'aperçois sa poitrine s'élever lentement. Oh.

— Pourquoi ? me demande-t-il d'une voix plus basse.

J'avale ma salive.

— Parce que parfois je ne me reconnais pas.

La musique est encore forte et les lumières paraissent se balancer en rythme. Nous sommes plus avancés dans la soirée. Au loin, la piscine est finalement en train de se remplir de gens. J'ai fait quelques tours parmi les groupes pour échanger un peu avec chacun, mais au bout d'un moment les discussions de surface ont commencé à me drainer.

Oops, my badOù les histoires vivent. Découvrez maintenant