Chapitre 88 - Fin

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Des tambourinements se font entendre contre la porte d'entrée, faisant sursauter tout l'auditoire. De l'autre côté, un rire sourd résonne. Je ne vois rien, car la nuit est tombée depuis des heures. Mon souffle se fait silencieux, au maximum, je suis celui qui fait un pas en avant, même si je n'ai aucune envie de me trouver dans cette situation.

La porte s'ouvre à la volée et dévoile un visage déformé par la folie. Matthew se tient dans le chambranle sans totalement pénétrer dans la maison, et des cris surpris s'élèvent dans mon dos. Je me mets à crier en m'aplatissant contre le mur, brandissant mes clés de maison comme s'il s'agissait d'une arme blanche. Matthew se débat dans le vide, les mains tendues en souriant, il ressemble à un démon.

La voix de Hyerin s'élève parmi le chaos.

— The Shining !

Sa réponse provoque un silence, jusqu'à ce que Matthew se redresse et s'étire, une main dans la nuque.

— Yep, déclare-t-il. Un point pour Rin.

Une soudaine vague de protestation habite la maisonnée. Les parents de Haru débattent sur la performance de Jack Nicholson et l'absence de hache. Je regarde Matthew avec les sourcils froncés.

— Minute, je croyais qu'on devait faire deviner The Vampire Diaries. J'étais en train de jouer Elena quand elle se fait attaquer chez elle.

— C'est ce que j'allais dire ! s'empresse de faire savoir mon père, comme si ça allait lui donner une demi-victoire.

— Si tu voulais jouer Elena, t'avais juste à t'assoir et chialer.

Dans le salon, le père de Matthew éclate de rire.

— Y'avait écrit quoi sur le papier que t'as tiré ? lui demande-t-il.

Matthew fait la moue.

— The Shining, j'ai rien inventé.

Il nous montre la preuve et nous devons nous rendre à l'évidence : Hyerin a réussi à deviner la pire mise en scène de la soirée. Je pars m'assoir dans le canapé, entre le père de Haru et le mien. C'est au tour de Hyerin, et elle nous mime la scène iconique du Titanic. Mais pour la faire poireauter dans la position de Rose à l'avant de la proue, aucun de nous ne pipons mot jusqu'à ce qu'elle s'énerve.

Ma mère finit par la sortir de ce pétrin. C'est maintenant elle qui se tient devant nous. Elle tire le papier et directement, je la vois se gratter la tête. Nous la laissons en pleine réflexion un instant, et elle se dresse.

Elle me regarde et d'abord, elle feint de la surprise. Ensuite, j'ai droit à un clin d'œil complice, agrémenté d'un sourire éclatant qui pourtant, semble camoufler une furtive détresse. Elle martèle le sol de ses pieds, imitant une marche militaire. D'un geste lourd de sens, je la vois positionner son fusil imaginaire sur son épaule et avancer au pas en nous tournant le dos. Son allure devient alors absurde, exagérément guillerette alors que je devine qu'elle nous retrace le contexte de la guerre. En bonus, elle nous dessine une étoile, au niveau de son cœur.

Oops, my badOù les histoires vivent. Découvrez maintenant