Chapitre 30

15 1 0
                                        

Call –

 Les hommes de WICKED n'avaient pas mis bien longtemps avant de le retrouver. Ils l'attendaient même de pied ferme. Deux des soldats les plus baraqués l'empoignèrent par les bras. Un autre enfonça une seringue dans son cou. L'engourdissement envahit ses muscles et il ne put lutter contre le sommeil.

 Quand il se réveilla, il constata qu'il était allongé sur un lit simple. Il ne pouvait ni bouger les jambes, ni les bras, et encore moins la tête. La lumière vive de l'ampoule au-dessus de sa tête acheva d'amplifier son mal de crâne.

 Lorsqu'il comprit ce qui l'attendait, une vague de panique le gagna. Son attitude impassible se fissura pour le plus grand plaisir de Janson. Le directeur et Call n'étaient jamais allé aussi loin dans leur rencontre. Ce rendez-vous scellait un nouveau stade de leur relation.

Bonjour Call. Bien dormi ? s'enquit le directeur de WICKED en étirant un sourire carnassier.

 Call était contraint de fixer la lumière artificiel pendouillant juste au-dessus de lui, mais il distinguait le visage de Janson dans son champs de vision. En fait, ce dernier faisait exprès de se pencher au-dessus du garçon pour vanter son expression triomphante. L'homme et le garçon avaient parfaitement conscience que Call ne s'en sortirait pas. Pas cette fois.

 Allez-vous faire foutre ! voulait lui hurler Call. Cependant, il ne lui ferait pas le plaisir de craquer tout de suite.

Dis-moi qui t'as aidé Call.

 La voix calme et posée de Janson s'amusait avec la tension et l'angoisse qui dégoulinait du jeune homme. Comme un guitariste qui pince les cordes de son instrument. Au début, Call garda le silence. Ce qui ne plut guère au directeur.

 Une douleur aigue transperça le crâne du garçon. Il se mit à gigoter, mais les liens de velcro qui attachaient ses membres obstruaient ses mouvements. Il gémit, aussi. La sueur ne tarda pas à suinter de son front.

Et ce n'est que le début... commenta théâtralement Janson en observant le malheureux se tordre de douleur.

 Parfois, il arrêtait la machine de torture, posait une question à Call, et la remettait en route car celui-ci restait muet. Il ne se gênait pas pour augmenter l'intensité des décharges. Son travail porta ses fruits. Au bord de l'évanouissement, à bout de souffle, Call le supplia d'arrêter.

Arrêtez ! Arrêtez ! Je vais tout vous dire, mais arrêtez je vous en supplie.

 Janson lâcha les commandes de l'engin. Il observait Call comme on se délecte d'un met appétissant.

Je veux tout savoir, Call. N'omet aucun détail.

 Le jeune homme peinait à rassembler ses idées. Il avait le cerveau en miette et perdait l'usage de la parole.

 Janson commençait à s'impatienter.

 Call ne pouvait trahir Rhys. Pas après autant d'effort. Pas si près du but. Pourtant, s'il voulait continuer à se battre, il allait devoir obtempérer.

 Pardonne-moi Rhys. Mais il faut que je détourne leur attention.

Y'a un truc que vous ne savez pas sur le sujet A1. Un truc que je ne vous ai jamais dit.

 Le directeur attendait la suite. Call glissa son regard vers l'homme. Il voulait assister à sa réaction.

Quand elle travaillait pour vous, elle et Aris ont créé un projet nommé Etyca.

 Call se tut soudainement. Janson plissa les yeux, méfiant.

Je vais vous dire ce que c'est. Mais avant, promettez-moi une chose.

Tu n'es pas en position de négocier.

Je ne vous en direz pas plus tant que vous aurez pas accepté ma demande.

 Janson prit sur lui et céda. Il était trop impatient pour penser aux conséquences qu'impliquait le vœux du jeune garçon.

Quand la fille sera de retour.

 Parce qu'elle le sera sous-entendait sa phrase et son regard comme un défi au directeur.

Je travaillerais pour elle.

 Janson éclata de rire.

C'est tout ?

 Il s'attendait à mieux de la part d'un gamin qui avait essayé à de nombreuses reprises de saboter les plans de WICKED.

C'est tout, confirma Call pas le moins du monde offensé.

Très bien. Maintenant, parle-moi du projet Etyca.

- Le Labyrinthe - Fanfiction -Des histoires addictives. Découvrez maintenant