Chapitre 23 - Un chant

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 Il s'attendait à tout moment à ce qu'elle le repousse ou le gifle. Mais au lieu de ça, elle resta parfaitement immobile, le laissant jouer avec ses lippes comme un marionnettiste avec son pantin. Ce baiser prenait soudain une saveur amer.

 Thomas détacha son visage et chercha le moindre signe d'émotion sur celui de Rhys. Elle restait interdite. Muette.

Merci, finit-elle par murmurer.

 Ce mot, en plus de le blesser, l'agaça. Il ne s'attendait pas un ''remerciement'' pour ça.

C'était exactement ce dont j'avais besoin. Ne plus penser à rien.

 L'ancien bleu en resta éberlué. Elle ne comprenait pas...

J'ai cru que tu allais mourir, Rhys. Je t'ai même vu mourir dans un cauchemar. J'ai eu peur que tu ne te réveilles jamais. Et l'idée de ne plus t'avoir au bloc était oppressante. Cette pensée m'étouffait. Et pas que métaphoriquement.

 La medjack ne lut que douleur et vérité dans le regard de son ami. Avec une lueur d'amour.

 Elle avait repoussé Winston, ce n'était pas pour se jeter dans les bras d'un autre. Et puis, elle n'était pas là pour ça, mais pour trouver une sortie à ce casse-tête. Seulement, son cœur aussi demandait à s'exprimer. Mais sa raison, au prix d'un gros effort, prit le dessus.

Je ne vais pas mourir d'une migraine, Thomas.

Mon rêve avait l'air tellement réel...

 Il ne la regardait plus. Ses iris balayaient le sol, fouillait les arbustes derrière elle. La bleu saisit la main du coureur dans les siennes. Son index remonta le bras du garçon, traçant sur son passage un sillage de frisson. Ses doigts se nichèrent dans la nuque de son ami. Elle l'invita à pencher la tête et posa son front contre le sien. Et elle murmura tout bas, contre ses lèvres.

Faut qu'on se tire de ce trou. Mais je vais avoir besoin de ton aide.

 Rhys vida le sac en jute dans la bassecour, saluant ses amies au passage. Elle se munit du panier qui pendouillait à un poteau, et zigzagua entre les volailles pour ramasser leurs œufs, qu'elle confia ensuite à Poêle à frire pour qu'il les cuisent pour le petit déjeuné. Elle l'aidait également en cuisine quand il suffisait de retourner le bacon dans les poêles. C'était sa routine.

 Après s'être assurée que tout ce beau petit monde – cochons, chèvres, poules, vaches, moutons – avaient bien de l'eau dans leur citerne, elle passa à la ferme.

Salut Winston !

 Il leva la tête de la carcasse pour la saluer en retour.

Comment va notre blocarde au bois dormant ?

Depuis son réveil, les blocards la surnommaient ainsi.

Y'a plus de graine pour les poules. Où sont stocker les sacs ?

La bas dans le coin, lui apprit-il en pointant un doigt dans la direction signalé.

 En passant devant la table de travail, Rhys fronça le nez. Elle détestait cette endroit. La puanteur de la mort, l'odeur de rouille émanant du sang, tout ça la répugnait. Pourtant, elle était medjack. Mais sa vue du sang se résumait à des entailles.

Beurk, ne put elle s'empêcher de grimacer. Je crois que je vais finir par devenir végétarienne. Je ne sais pas comment tu fais pour faire ce boulot tous les jours.

Faut bien que quelqu'un s'en occupe.

 Rhys s'empara du fameux sac, prête à le porter à l'extérieur pour se faciliter la tâche le lendemain. Mais ce truc devait peser dans les dix kilos. Elle vacilla au prix d'un gros effort et ses joues s'empourprèrent.

- Le Labyrinthe - Fanfiction -Des histoires addictives. Découvrez maintenant