Chapitre 36

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 En remballant leurs affaires, Thomas ne cessait de se rejouer les paroles de la jeune fille. Elle, qui n'était pas du genre à se laisser abattre si facilement, songeait à abandonner ?

 Une bouffée de panique lui coupa la respiration. Thomas jeta son sac sur ses épaules et se précipita vers Rhys. Jeff était accroupie près d'elle, essuyant la transpiration de sa peau étonnamment pâle. À l'approche du coureur, le medjack s'éloigna. Thomas se pencha, prêt à prendre son amie dans ses bras pour cette nouvelle journée, quand une main pressa son épaule. Il reconnut l'ombre de Minho.

 — Je vais la porter pour aujourd'hui, trancha-t-il en plongeant son regard autoritaire dans celui de son ami.

Je peux le faire, insista Thomas qui supportait de moins en moins se trouver loin de Rhys.

 Il avait besoin de la porter pour sentir son cœur affolé battre contre sa poitrine. La berceuse effrénée de son pouls le rassurait quelque peu.

Regarde-toi Thomas. Tu tiens à peine debout. Et puis tu l'as portée jusque-là. Laisse-nous prendre le relai.

 Le coureur croisa successivement le regard de Brenda, Aris et Newt. Le trio lui transmettaient des paroles muettes pour le réconforter, l'autorisant à se décharger de son poids le temps de quelques heures.

 Thomas finit par capituler.

Arrivés au pied de la montagne, la muraille de terre et de roche était encore plus haute que les murs du bloc. Jorge, qui se tenait en tête du groupe, désigna un sentier creusé sur le flanc de la roche, et tous s'engagèrent à sa suite.

 Thomas prit le sarcleur à part pour lui confier la conversation qu'il avait eu avec Rhys la veille. Newt était le seul à pouvoir la comprendre et à être en mesure de l'aider, songea-t-il en repensant à l'épreuve que le blondinet avait traversé quelques mois après son arrivé au bloc.

Newt ? Faut que je te parle d'un truc important au sujet de Rhys.

Oui Tommy ? fit ce dernier en adaptant son allure à celle de son ami.

 Thomas avait conscience de paraitre légèrement obsédé à s'inquiéter constamment pour sa meilleure amie, alors ce fut en détournant les yeux sur le sol qu'il exprima ses doutes à voix haute.

Hier soir, Rhys et moi avons eu une conversation déroutante.

 En analysant l'expression livide de son compagnon, Newt comprit que ce n'était pas le moment de se réjouir du fait que Rhys se soit tenue éveillée assez longtemps pour échanger quelques phrases.

Elle m'a dit qu'elle voulait abandonner, dans le sens...

 Mourir, éluda aussitôt le sarcleur intérieurement.

Tu penses qu'on doit s'inquiéter ? Je veux dire, elle n'a jamais montré le moindre signe de faiblesse. Elle a toujours foncée tête baissée vers le danger, continua-t-il en repensant aux fois où elle s'était jetée dans le labyrinthe de nuit, ou encore quand elle avait tué ce fondu pour leur sauver la vie, à lui et à Brenda. Elle n'est pas du genre...

 Il ne parvint pas à prononcer ce terrible de mot devant Newt, bien qu'il voulait discuter de ça avec lui.

Dépressive ? compléta ce dernier.

 Le coureur acquiesça d'une petite moue embarrassée. Il espérait un peu naïvement qu'aborder le sujet ne raviverait pas de mauvais souvenir pour le sarcleur. Seulement, il avait désespérément besoin que le blondinet le rassure. Il avait besoin que Newt confirme à voix haute que Rhys n'était pas sujet à la dépression et que les pensées négatives ne pouvaient atteindre une fille dans son genre.

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