Dans un mouvement régulier, un geste automatique d'anxiété, elle tapotait l'extrémité de son stylo contre le calepin. Elle l'avait ouvert sur une page vierge. La dernière page de son carnet. Il ne lui restait que cette feuille blanche et fragile pour conclure son aventure dans le labyrinthe. Or, aucun mot ne lui venait. C'était à peine si elle arrivait à se rejouer les scènes finales. Elle préférait oublier. L'oublie était plus supportable que la douleur.
Elle jeta un regard circulaire dans la pièce, comme si observer les visages ensommeillés des blocards lui dicteraient la réponse – le chapitre final – de son histoire. La plupart s'était assoupie, tête nichée dans les bras, posée sur la table, entre les ruines du délicieux repas qu'on leur avait offert. D'autres, à défaut d'avoir une chaise, s'étaient calés contre les murs et somnolaient, ou bien fixait le vide d'un regard absent.
Ils avaient gagné contre le W.I.C.K.E.D. Il s'étaient échappés. On les avait sauvé. Ils étaient en sécurité, loin de ces monstres. On allait les ramener chez eux.
Pourtant, à les voir avachis, enfermés dans cette salle depuis des heures, il était difficile de lire la victoire sur leur expression lasse et fatiguée.
Une paume se posa sur le dos de la main de Rhys, l'obligeant à cesser son mouvement hypnotique. De ses yeux verts, elle remonta le bras jusqu'au visage du garçon qui s'était levé pour venir la voir.
Il ne lui dit rien. Elle ne prononça pas un mot non plus. Ils se regardèrent quelques secondes, partageant momentanément la bulle dans laquelle ils s'enfermaient.
Puis Rhys quitta Newt des yeux pour replonger dans cette page blanche, qui attendait d'être noirci.
Elle n'avait aucune idée de comment aborder la fin, tout en ayant un espace restreint pour l'écrire. Elle était vide. Aucun sentiment ne perçait la cloison de verre qu'elle venait de se construire. À l'instant ? Durant le repas ? Pendant le trajet ? Quand les soldats avaient débarqué ? Elle voyait les émotions qu'elle était censé ressentir. Du soulagement. De la joie. De la crainte. De la colère. De la gratitude. Du chagrin. Elle les voyait frapper à la porte de son mur, mais elle était incapable de leur ouvrir l'accès, qu'elle le voulu ou non. Elle était paralysée face à ce tourbillon de sentiment qu'elle devait éprouver, mais qu'elle ne ressentait pas. Il n'y avait plus rien, dans son cœur.
Pourtant, son cerveau n'était pas vide. Il continuait, sans relâche, à analyser chaque détail qui composait son environnement. Comme un réflexe, une seconde nature.
Dans un tremblement incontrôlé, elle finit par lâcher son stylo et referma le cahier. Newt regagna sa place.
En rangeant ses affaires dans son sac, elle aperçut le jeu de carte de Clint. Aussitôt ce prénom effleurant ses pensées, un souvenir l'assaillit. Une après-midi, quand tout était encore normal au bloc, et que le medjack lui apprenait à soigner le rhume qu'elle avait attrapé en tombant dans la mare après avoir couru derrière un scaralame.
Étonnamment, c'était ce souvenir-là qui lui était revenu en premier. Mais comme si elle appelait ce moment, l'image de Clint étendu par terre, se vidant de son sang par à-coup, étincela dans son esprit. Elle le balaya en se concentrant uniquement sur les bons moments. Comme leurs parties de cartes.
Rhys sortie le jeu que le medjack lui avait confié. Il y avait une tâche écarlate sur la boite en plastique transparent. Elle sortit les cartes de leur étui et étudia leur design, se remémorant leur nombreuses parties de cartes ou encore les tours de magie de son maton, qui ne cessaient de l'impressionner. Il lui avait promis de lui apprendre quelques tours. Ils n'en auraient plus l'occasion.
Vers la fin du paquet, Rhys tomba sur une note. Une phrase était inscrite à l'encre blanche pour ressortir sur le papier velouté noir. Elle déchiffra le message.
VOUS LISEZ
- Le Labyrinthe - Fanfiction -
Fiksi PenggemarVous connaissez tous l'histoire, vous venez de la lire, ou de la regarder. Ou bien vous l'avez lu ou regardé il y a longtemps, et vous êtes nostalgique de cette époque. Je vous invite à replonger dans cette univers tout droit sorti du génie de James...
