Chapitre 18

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 Rhys avait des souvenirs. Elle en était certaine. On ne pouvait pas aspirer toute une vie dans les moindre recoin. On ne pouvait pas faire d'un humain de dix-sept ans un nouveau-né.

 Elle avait l'intuition que ses rêves étaient réels. Pas une simple fabrication de son imagination, mais plutôt un message que son inconscient essayait de lui faire passer.

 Entourée de ses amis durant cette nouvelle nuit de marche, elle était profondément seule. Et à mille lieux de s'ennuyer.

Avant de mettre son cerveau en route, elle avait d'abord débrancher son cœur. Si elle voulait survivre à la vérité qu'allait lui apporter ses réflexions, il valait mieux pour elle qu'elle se coupe de toutes émotions. Au petit-déjeuner, alors que le soleil se mourrait à l'horizon, elle avait érigé un rempart autour de son organe vital, comme si chaque cuillère de ce que lui offrait la boite de conserve était une brique de plus pour consolider un épais mur. Elle ne devait laisser aucune faille. La lumière ne devait pas traverser les jointures. L'espoir ne devait pas s'infiltrer entre les intersections.

 Quand ils avaient plié bagage et reprit la route, elle avait tester la solidité de cette muraille. Elle s'était tournée vers Winston, toujours infirme dans son brancard. Une rafale d'inquiétude et de rage avait déferlé sur son rempart-né, mais avec courage et volonté, la tempête avait cédé sa place à une mer calme. Sinistre et grise, mais limpide.

 Elle devait se faire une raison. Winston n'allait pas survivre sans médicament. Elle ne l'avait pas encore formulé dans sa tête, mais son esprit avait compris. Et le mur avait empêché cette information d'ébranler son cœur.


 Rhys avançait d'un pas ferme, escortée par les blocards. Chacun était emmuré dans la bulle de leurs pensées qui gonflait à chaque pas. Elle resongeait au rêve de son sommeil précédent tandis que la fournaise aveuglante s'estompait pour permettre à la nuit et ses étoiles de débuter leur valse. Dans ce songe, elle n'était pas très grande. Ses petites mains encore potelées essayant d'attraper des objets toujours trop haut, toujours hors-de-portée, lui indiquant qu'elle ne devait avoir que quatre ou cinq ans. Son monde à cet époque-là de sa vie était blanc. Le sol ; blanc, les murs ; blancs, les néons au plafond ; blancs. Cette constante lumière lui donnait des migraines.

 Dans son monde, il y avait une jeune femme à la chevelure élégamment blonde, toujours vêtue d'une blouse blanche pigmentée de stylos bleus et noirs. Son sourire chaleureux et son regard bienveillant réchauffait le monde de la petite Rhys.

 Il y avait aussi un petit garçon dans son univers. Ses cheveux, entre le blond et le brun, étaient l'une des rares touches de couleur en ces lieux.

 Mais un jour, la femme au joli sourire rose n'avait pas énoncé des paroles aussi chaleureuse que son habituelle expression.

 Dans son rêve, cette femme blonde lui partageait une mauvaise nouvelle.

Je suis désolée Rhys. Tes parents étaient déjà morts quand nous sommes arrivés.

 Rhys était à ce moment-là bien trop jeune pour apprendre une chose pareil. Mais elle était également assez mature pour comprendre.

 Ce docteur Paige n'était pas sa mère, mais elle s'occupait de Rhys comme si elle l'était.


 On fit une pause pipi, car le garçon devant elle s'arrêta et les autres se dispersèrent pour plus d'intimité. Newt osa une remarque sarcastique à son égard, faisant allusion à ses régulières excursion hors du gnouf pour aller au toilette lorsqu'ils étaient dans le labyrinthe. Ce fut à peine si la jeune fille l'écouta. Aris tenta une approche en amorçant un début de conversation. Il finit par tourner les talons quand il comprit que le seul vocabulaire de la fille consistait en cette onomatopée : hum.

- Le Labyrinthe - Fanfiction -Des histoires addictives. Découvrez maintenant