Nous sortîmes de ma conscience au moment où Felix passait la tête dans l'embrasure de la porte. J'essuyai mes yeux vivement et reniflai, cela fit illusion, il crut que je pleurai silencieusement, il retourna à son poste.
Je me levai et la laissai se reposer. Adam la rejoignit, ils dormaient ensemble depuis quelques jours, Aiyanna, Dakota, Sana et moi, dormions ensemble sur trois matelas dans le salon.
La nuit, les gardes restaient à l'extérieur de l'appartement. L'ascenseur était bloqué. Il n'était plus dix, mais six. Felix restait en poste, malgré son statut, alors je pensais qu'il ne nous faisait pas assez confiance, pour déléguer le travail.
J'étais persuadée qu'il était le plus dangereux d'entre eux. Sana confirma, je n'étais pas assez expérimenté pour reconnaitre un alpha. Heureusement, c'était le seul du lot. En son absence, les autres étaient plus détendus et un jour, le 16ème, Felix s'absenta longtemps.
Les soldats nous maltraitèrent, nous insultèrent et menacèrent les enfants. Ils arrêtèrent avant le retour de Felix. Ce fut ainsi, chaque fois que Felix quittait son poste.
Nous le redoutions, parce qu'il émanait de lui une puissance destructrice et espérions sa présence en même temps.
Il s'absentait tous les jours, de plus en plus longuement. Son absence rendait notre captivité de plus en plus difficile. Nous continuâmes d'aller voir les soldats en bas, ils se portaient bien, ils étaient toujours heureux de nous voir. Ils avaient l'air d'être bien traités, cela nous rassurait.
Quant à Tarui, il s'incrustait pendant des heures, il faisait des avances honteuses à Aiyanna, elle le repoussait gentiment, laissant planer un doute sur ses intentions. Je ne savais pas comment elle faisait pour flirter aussi bien avec lui, en ressentant autant de dégout. Thala l'ignorait ou le menaçait, cela dépendait du moment... Mais sa présence, nous assurait aussi la tranquillité, alors nous le supportions. Hélas, avec son statut de traitre, il était souvent absent au même moment que Felix, convoqués par Nigan, assurément...
Nous continuâmes de nous rejoindre dans les consciences des unes et des autres. Nous réussîmes à faire passer le message à Adam en l'écrivant sur son téléphone. Un jour, nous fîmes semblant de nous être endormies, devant un dessin animé et nous pûmes nous retrouver toutes les quatre chez Sana. Nous nous assîmes dans la forêt de bambou de Sana, tout était vert émeraude.
Nous connaissions maintenant le code de l'ascenseur, le chemin pour aller aux cachots, nous savions qu'ils avaient les clés des cellules sur eux, comment partir du cachot et sortir de l'enceinte du château, enfin Thala le savait. Nous pensâmes à mettre des bouteilles d'eau de côté, à chaque fois que le réfrigérateur était réapprovisionné. Nous ne savions pas comment sortir d'ici sans ameuter le monde.
Pouvions nous prendre l'ascenseur? Les escaliers? Au final, nous calculâmes qu'il y avait une cinquantaine de gardes du nord, ici. Ou un peu plus... Nous ne risquions rien avec les gens de l'est. Nigan arriva le matin du 28ème jour, il entra comme une furie, fit claquer la porte des escaliers contre le mur.
- Rends moi immortel! Rugit-il.
- Je ne peux pas... Si je le faisais maintenant, vous ne seriez pas immortel, vous vivrez un peu plus vieux, rien de plus.
- Et toi! Hurla-t-il, en regardant Sana.
- Mes dons ne sont plus aussi puissants qu'avant, remercie ton père... Il la rejoignit en deux enjambées et lui asséna une gifle monumentale. Elle releva la tête et le toisa. Un sourire se dessina sur ses lèvres. - Ce n'est pas si facile que ça, on dirait.
Les yeux de Nigan, lançaient des éclairs.
- Ils sont fous de croire que je vais renoncer.
- Tu as été fou de croire, qu'ils suffiraient de nous avoir, pour les mettre à genoux. Elle éclata de rire. Il la gifla à nouveau, elle continua de rire, il allait lui en mettre une autre, j'attrapai son bras, il me repoussa avec force sur Aiyanna, nous tombâmes toutes les deux sur le canapé. - Tu es tellement aux abois, que tu frappes une femme enceinte, même ton père, ne s'est jamais abaissé à ça!
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L'appel du loup
FantasíaJe rouvris les yeux, haletante et en sueur, je découvris un énorme museau noir soufflant bruyamment ; il était près, vraiment près... Son souffle chaud sur ma bouche et mon nez, me donna une sensation d'étouffement. Je levai les yeux et croisai un r...
