Résignation

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Aparté : Dans le lit de Theodore

- Je crois que tu devrais aller le voir, murmurèrent les lèvres pleines de Theodore contre la peau nue de l'épaule de Pansy qu'il serrait contre lui.

L'on aurait pu croire qu'il était terrifié de la perdre à nouveau tant il l'emprisonnait dans ses bras.

- Il en a bavé cette nuit, ajouta-t-il doucement d'une voix teintée de douleur.

Pansy n'eut pas besoin de demander de qui il parlait.

- Et ne lui en veux pas, de ne t'avoir rien dit, chuchota-t-il alors qu'elle se retournait pour lui faire face, leurs lèvres désormais presque scellées en une promesse amoureuse silencieuse. Ce n'était pas son choix, et c'est un euphémisme de dire qu'il n'était pas d'accord avec ma décision.

Elle leva vers lui ses grands yeux verts fatigués, sondant les siens pour recevoir l'intégralité de la sincérité qui maquillait toujours ses mots.

- Il s'est battu pour toi, et pour tes souvenirs, avoua-t-il alors avec une pointe de honte dans la voix. Il n'a pas hésité à me confronter pour toi, plutôt deux fois qu'une, et pas avec douceur. Il a vraiment essayé pour toi.

Theodore soupira doucement.

- Mais tu sais comme je peux être têtu, s'exposa-t-il finalement.

Pansy inspira profondément, pondérant sa réponse. Elle n'en donna pas en mots. Elle déposa simplement un doux et chaste baiser sur les lèvres pulpeuses de son amant. Elle profita encore un peu de la chaleur des bras forts de son homme finalement retrouvée avant de se doucher pour partir retrouver son ami.

Dans un silence qui ne laissait que les grincements de la porte de Blaise qu'elle ouvrait chanter, Pansy pénétra dans sa chambre vêtue d'un t-shirt dix fois trop large pour elle, et dont elle n'était pas l'heureuse propriétaire. Au milieu de la pièce, les rideaux filtraient avec autant de force qu'ils le pouvaient la lumière déjà vive du soleil. En son centre siégeait le lit de son ami. Un mince sourire se dessina sur les lèvres amochées de Pansy à l'écoute de ses ronflements encore légers, pour ce qu'elle savait qu'ils pouvaient être. Elle hésita à faire demi-tour et retrouver l'homme qu'elle avait perdu pendant trop de temps, mais alors qu'elle observait le dos sombre et musclé de son ami se gonfler et se vider d'air, quelques nouvelles cicatrices encore fraiches y dessinant des traits qu'elle n'aimait pas beaucoup, Pansy se ravisa. Elle pouvait difficilement imaginer ce qu'elle aurait ressenti si cela avait été elle, à sa place à lui, et qu'il ne lui avait pas même parlé lorsqu'elle l'aurait enfin retrouvé. Sur des jambes qui lui faisaient mal, Pansy traîna ses pantoufles sur le parquet qui grinçait d'effort malgré la légèreté aérée de son corps épuisé.

Ce ne fut que lorsque Blaise sentit un creux se former dans son dos qu'il se réveilla. D'abord alerte, il sursauta en se retournant vivement. Cette nouvelle vie lui avait appris à rester sur ses gardes. Il reconnut la parfaite sombreur de ses cheveux sur ses draps clairs avant que le ton de sa voix ne lui confirme ce que ses yeux endormis voyaient dans un flou artistique embué :

- Ce n'est que moi, crétin, pouffa-t-elle d'une voix si basse, si douce, qu'elle ne ressemblait presque pas à celle de la Pansy Parkinson qu'il connaissait.

Il semblait à Blaise qu'il n'y avait d'ailleurs pas beaucoup de cœur dans l'insulte qu'elle lui avait lancé là. L'espace de quelques secondes, Blaise hésita. Une part de lui était si soulagée, si heureuse de la retrouver en bonne santé que son cœur se mit à danser au rythme des chansons les plus énergiques qui puissent être. Mais une part de lui était terrorisée de savoir que désormais, elle savait. Et elle savait qu'il lui avait fait défaut. Que lui non plus, il ne lui avait rien dit. Qu'il avait été là, pendant tous ces mois, à la regarder souffrir sans ne rien lui dire. Il avait suivi toute sa conversation avec Theodore, et il savait qu'elle l'avait pardonné. Pour ce dont il avait été témoin, il le comprenait. Il lui semblait que lui-même avait peut-être pardonné à Theo après ce qu'il avait vu de lui cette nuit-là. Peut-être.

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