Je peaufinai les détails de la réunion dans mon bureau tandis que je savais Mint en train de disposer la salle prévue à cet effet dans le manoir. Nous avions pu nous reposer la veille, quand bien même il me semblait qu'employer le terme de « repos » était peut-être exagéré. En tout cas, nous avions dormi, et nous n'avions eu personne à anéantir. J'avais profité du temps dont nous disposions pour dessiner un nouveau plan, un nouvel avenir pour mes proches, et dans un souci de ne pas répéter les erreurs passées, j'avais même pris le soin d'en échanger succinctement avec Granger au travers de notre carnet de correspondance avant de mettre aujourd'hui en action. Il n'était pas question pour moi de ralentir, ni même de modérer mes efforts pour faire le meilleur travail possible pour le Seigneur des Ténèbres, la menace d'être enfermé dans un cachot avec les cadavres de ma famille pourrissant à mes pieds pesait toujours trop lourd sur mes pensées. Je comptais bien mener mes missions à la perfection, à la nuance près que certaines d'entre-elles seraient vouées à l'échec à l'instant même où j'avancerai mes pions sur l'échiquier. Malheureux concours de circonstances, dirons-nous. Après tout, c'était la Guerre. Quelque part, je devais l'avouer, j'étais curieux de savoir jusqu'où je pouvais aller dans ma domination de l'Angleterre. C'était un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres m'avait confié, c'était vrai, mais c'était un pouvoir que j'avais su prendre, que j'avais su garder, et surtout que j'avais su développer. À mon âge, je considérai que ce n'était pas anodin. Le jeune héritier Malefoy pourri-gâté me semblait si fantomatique dans le passé que je n'étais même pas certain de pouvoir encore le sentir vivre en moi.
Alors, comme le chef de guerre que j'étais, j'utilisai ma plume pour envoyer mes dernières missives contenant mes ordres à mes hommes, parce que c'était les miens, et je peaufinai les derniers détails de ce que j'allais raconter à certains triés sur le volet qui étaient convoqués chez moi ce matin.
Il était encore très tôt, à peine cinq heures du matin, car plusieurs d'entre eux étaient infiltrés dans le système ici et là, encore sous couverture, ainsi ils avaient de fait des obligations d'horaires dans leurs vies d'apparence normales qu'il nous importait de maintenir. J'avais dispensé les miens (y compris Theodore, mais cela s'était révélé être un échec, il était hors de question pour lui de me laisser seul dans une pièce avec ces Mangemorts) d'y assister. Ils avaient assez donné, et je n'avais besoin de l'aide de personne pour gérer. Lorsque la porte de mon bureau s'ouvrit pour laisser entrer mon frère, j'acquiesçai dans sa direction sans attendre de mot de sa part. Je ne notai même pas qu'il ne m'était pas venu une seule seconde de mettre des murs d'occlumencie autour de moi, ni même de prendre la moindre profonde inspiration. Je rassemblai simplement les parchemins que j'avais préparés, prenait ma plume magique, finissait ma tasse de café cul-sec, et sortait du bureau en le précédant.
Lorsque j'avais pénétré la salle de réunion du manoir, tous mes convives étaient déjà installés sur ma table rectangulaire, trois de chaque côté. Je prenais place en bout de table, les saluais d'un mouvement de tête, et m'installai sans plus tarder. Nous avions un ordre du jour chargé pour un timing serré. Droit derrière ma chaise, Theodore demeura comme un ancrage. Sur ma gauche siégeait Arnold Foe, le Mangemort d'une quarantaine d'années en qui j'avais presque confiance, lui qui m'avait été bien utile sur l'appréciation de multiples de mes décisions. Il connaissait les troupes mieux que moi, c'était une certitude. À sa gauche à lui, Hector Nott. Autant que sa présence dans ma maison me révulsait physiquement, il était un de nos deux principaux infiltrés au Ministère, et c'était là l'objet le plus important de notre réunion. À côté de lui, Livie Wade, une jeune Mangemort de 23 ans qui travaillait depuis quelques petites années à la Gazette du Sorcier. Ses cheveux étaient aussi rouges que le sang, sa peau d'une froideur arctique, et les mots qu'elle couchait sur le papier aussi tranchants que des lames. Face à elle, de l'autre côté de la table, Maximus Feign et Adrian Philips, deux membres de ma propre escouade, respectivement ancien militaire et policier magique, et finalement directement sur ma droite, Corban Yaxley, notre deuxième plus important infiltré au Ministère de la Magie. Au centre de la table, un nécessaire à café, du thé, ainsi que de quoi grignoter pour le petit-déjeuner. Personne ne toucha à rien.
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Dollhouse
Fiksi PenggemarSuite aux multiples échecs de son père pour mener à bien les tâches données par le Seigneur des Ténèbres, Drago Malefoy se voit dans l'obligation de le remplacer dans ses rangs. Ses plus proches amis, Pansy Parkinson, Blaise Zabini et Theodore Nott...
