- Jack, est-ce que tu es avec moi ?
Cette voix me ramène dans la réalité, et bien que très chaotique, mon esprit revient sous mon contrôle. Je prends une grande inspiration, comme si j'étouffais depuis plusieurs longues minutes, et je tressaute sur ma chaise. Mes mains s'agrippent sur l'assise en bois, et mon crâne penche légèrement sur le côté droit, sans oublier ce monstrueux mal de tête. Ce dernier me prend de l'intérieur, comme si quelque chose essaye, en vain, d'extirper tout mon savoir, toute ma raison, pour au final ne laisser qu'une coquille vide sans valeur. Et sans jugement...
Mais rien de tout cela ne pourrait enlever ce que je vois. Cette personne, ce fantôme venue tout droit des enfers pour me hanter, comme je si je ne souffrais déjà pas assez. J'ai peine à prononcer son nom et, au final, ma seule réaction, enfin plutôt mon seul réflexe, est de me lever avec effrois, les jambes raides et le reste du corps aux aguets de toutes les agressions possibles et inimaginables. Des gouttes de sueurs froides coulent même le long de mon dos, et dégoulinent gracieusement sur mon front. Toute la panique du monde m'envahit, et mes yeux même ne peuvent comprendre réellement ce qui se passe.
Lili-Rose est assise devant moi.
- Jack mais tu vas bien enfin, redit cette dernière d'un ton calme
Sa voix... Cette voix. L'espace d'un instant, elle me ramène au passé. Les dernières minutes en sa compagnie, entrain de me questionner sur ma vie. Je me rappelle également la haine, la colère, et tout ce qui est cher aux yeux du démon qui est en moi, qui a prit sans pleure un malin plaisir à la voir tomber, et à voir toutes ses convictions réduites à néant. Mais rien ni personne ne pourrait expliquer ce qui se passe à présent, et j'en viens rapidement à reprendre du poil de la bête : non, elle n'est pas réelle, et ce n'est tout simplement pas impossible.
- Vous, demandais-je incrédule, qui êtes-vous ?.
Toute une tension presque impulsive me contracte, jusqu'à même m'endurcir la peau. Respirer devient pour moi presque épuisant, et il me faut peu de temps pour que l'étouffement vienne à me tuer. Pourtant, aussi étrange que cela puisse paraître, la femme qui se trouve devant moi, cette sorte d'imposteur sans cœur ni jugement, ne réagit même pas à mon agonie, et reste impassible, les bras tendus sur son bureau.
- Jack, tu n'es pas bien portant, conclu t-elle.
Je secoue froidement la tête.
-Non, répondez-moi !
La suite me paraît plus floue, et encore plus hilarante, comme enveloppée dans un nuage de fumé. C'est à peine si mes yeux peuvent entrevoir cette... femme. Puis, à cet instant même, l'émotion m'envahit. Cette émotion que j'ai tant essayé de vaincre, par tous les moyens possibles et imaginables, afin de me libérer. De quoi ? De la peur. Oui, cette peur-là, qui vous prend subitement, sans raison valable. À ces moments, vous ne pouvez correctement expliquer votre état, comme si tout n'avait désormais plus aucun sens. En réalité, je ne saurais dire ce que je ressens. Peut-être à cause de cette émotion envahissante, qui petit à petit prend totalement le contrôle de mon corps affaibli. Par la rancœur, par la tristesse... par le dégoût.
- C'est impossible, renchéris-je d'une petite voix.
À cela, comme soudainement réveillée, l'imposteur sursaute. Ses yeux sont rivés sur moi, comme si le diable se présentait devant elle puis, sans rien attendre, elle se lève et, d'un enjambé calme, contourne son bureau afin de me rejoindre. Son corps n'est espacé que de quelques centimètres du mien, et la puanteur de son parfum gagne rapidement mes narines. Elle inonde la pièce comme un poison mortel, qui ferait tout en son pouvoir pour vous hypnotiser de sorte à mieux contrôler. Cela a pour effet de réguler ma respiration au minimum, ce qui contribue encore plus à m'essouffler. Ma tête de son côté commence à tourner, tandis qu'une migraine comme je n'en ai jamais connue me tiraille au niveau du front.
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Entre Deux Mondes
Science FictionJackson vit dans un internat reculé et lugubre, où les maîtres mots sont respect et travail. Bon élève et entouré d'amis, sa vie est des plus agréables, si l'on oublie ses cauchemars et visions tout aussi étranges que surprenants. De son coté, Lis...
