Chapitre 6 : Lisa Richmond

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Les meilleures moments ont toujours une fin...

J'émerge de mon rêve la tête reposée, avec les souvenirs intenses de cette nuit à l'esprit. La chaleur dans la pièce, comme appâtée par nos deux corps réunis, envahit les airs depuis notre arrivée précipitée. Et sans qu'aucun frisson ne vienne à me déranger, je reste dénudée, mon corps reposant sur celui de mon bien-aimé. Nos vêtements dispersés aux quatre coins du débarra, créent comme une sorte d'ambiance de fête entre les produits d'entretien, et ravivent dans mon cœur des débats presque insoupçonnables.

Ma tête repose sur sa poitrine, et s'élève et descend au gré de sa respiration. Le battement de son cœur, fort et puissant, résonne dans sa cage thoracique, me berçant comme le ferait une mère attentionnée. De mes yeux fermés, je me remémore le moindre trait de son visage : sa mâchoire carrée, ses pommettes douces mais à la fois masculines, et ses yeux éclatants, presque pétillants d'une flamme éternelle.

Doucement, pour éviter de réveiller mon Tom assoupie, les yeux clos vers la porte et la tête contre le mur, je me redresse. D'un regard timide et discret, je commence à le fixer. Son corps, son allure, les détails qui le composent, jusqu'au plus petit grain de beauté : rien ne m'échappe. Sa chevelure brune retombe ébouriffée sur son front, tandis que sa respiration reste constante.

Certes, il est beau, mais il reste mon Tom.

Aucun intérêt à en faire une histoire. Et pourtant, nos yeux faibles d'Homme nous poussent à nous rapprocher de ces gens. Pourquoi, comment... Là n'est pas la question, et seul l'instinct reste notre première des préoccupations. Néanmoins, et sans que rien ne puisse me contrôler, j'éprouve toujours une vive chaleur rien quand le regardant.

Dès lors, mes pensées se retrouvent confuses, troublées par ce dédain de perfection. Car comme tous les hommes de sa catégorie, Tom n'a pas eu une vie facile. Quelquefois, il m'arrive de rêver à un autre passé pour lui, où l'amour serait le seul instrument de son avancé, et où le physique importerait peu quant à notre réussite sociale.

Des nuits entières à espérer, imaginer un autre monde. Paisible, sans rancœur et sans traitrise, où tout ne serait plus que désillusion face à la beauté fade de notre apparence. Mais l'absence de sentiment concret chez Tom lui avait d'ores et déjà assombri le cœur, ne laissant à m'a portée que le doux désir d'un espoir doré.

Il était déjà trop tard pour lui.

Je secoue la tête, repoussant toutes ses mauvaises pensées. Mon regard retrouve en clarté, et dévoile à mes yeux un corps sculpté, presque offensant, et dont les contours restent pour moi tout ce qu'il y a de plus admirable. D'une main baladeuse, le sourire aux lèvres, j'approche alors ma paume de son ventre, où j'entreprends de longs cercles entre ses abdominaux. Un frisson immédiat gagne sa peau, tandis que timidement, il bouge pour acclamer son mécontentement. Un souffle rogue accompagné d'un soupire sort enfin de sa bouche fine, me faisant comprendre qu'il se réveille.

Quelques secondes plus tard, ses paupières s'ouvrent, dévoilant ses yeux noisette fatigués mais si rayonnants. Un sourire narquois se décoche par reflexe de ses lèvres, imprégné de ses dents blanches délicates sur son visage si parfait.

- Coucou toi, souffle-t-il.

À sa voix, un malaise soudain me prend par la bile, et suffit à me redonner le dégout. Mon visage s'affaisse, presque croirai-je que ma peau disparaissait, laissant mes veines et ma chair à découvert.

- Tout va bien ? Me questionne-t-il d'un air inquiet.

Son regard me transperce telle une épée, alors que son sourire perd en intensité, jusqu'à même s'oublier pour laisser place à une profonde inquiétude.

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