Le silence...
Elon White en avait fait sa priorité. Depuis toujours, il savait que nul ne devait troubler ce repos. Il ne s'était jamais dit homme de foi, ni même homme d'horreur. Lui confier une tâche revenait à lui confier une mission comme une autre.
Parmi toutes ses responsabilités, le silence restait sa seule préoccupation. Parfois, il lui arrivait de remettre en cause certains points de son utilité, mais il n'arrivait jamais à s'en défaire, de la même manière que le magnétisme d'un aimant oblige la limaille de fer à venir vers lui.
Son bureau restait son seul refuge, sa seule raison d'être. Travailler, mettre en données les résultats puis les résoudre. La cadence était insupportable, mais il s'en accommodait bien. D'ailleurs, pour lui, seul comptait le fruit du travail.
Certes, rester derrière un bureau, décortiquer les résultats de l'un et donner des ordres à l'autre ne lui plaisait guère. Son rôle dans l'équation lui paraissait même quelque fois flou, mais qu'importait : telle était sa fonction, telle était sa place.
Il en était ainsi...
Cependant, en ces jours sombres, Elon commençait à perdre patience. Être seul peut avoir bon nombreux d'inconvénients, et la peur de finir oublié était en haut de la liste. La pièce était si terne, si vide que, derrière son bureau, le vieux professeur rêvait d'un monde meilleur pour lui. Qu'importait le silence, qu'importait son utilité : White voulait tout simplement, et ce depuis toujours, se reposer.
Sans risquer de perdre du temps...
Et encore, il ne savait pas concrètement ce que cela signifiait. Peut-être ne le saura t-il jamais, d'ailleurs, et cela lui convenait parfaitement. Le temps s'amuser déjà bien assez avec lui pour combler ses doutes. Néanmoins, une course contre la montre venait d'être décrétée. Et Elon le savait. La moindre seconde perdue était alors une seconde inutile, et une perte considérable pour la survie. Autant dire qu'il ne fallait pas rire avec le temps.
Et encore moins avec le silence.
Maintenant, il restait à trouver le fin mot du projet. Les applications, tout le monde les connaissait. Le fait de rendre le monde meilleur n'avait plus aucun secret pour le commun des mortels. Mais le doute sur sa véritable utilité parvenait à rendre certains plus septiques que d'autres, et Elon White ne faisait pas figure d'exception.
Pour lui, tout cela restait bien vague, et même s'il occupait la plus grande instance de l'organisation, une force antérieure le guidait, le forçant à accomplir sa destinée malgré toute ses réticences.
De ce fait, il ne se considérait pas comme un monstre, mais plutôt comme un serviteur. Un serviteur d'une cause juste et honorable. Après tout, qui ne l'était pas ?
Un bruit sourd le ramena à la réalité. Son bureau, dont la lumière était comparable à celle du soleil, disposait d'une incroyable acoustique, à tel point que tout lui paru claire. Et la clarté de la pièce n'allait pas à l'encontre de l'idée générale, où la perfection absolu demeuré seul maître en ces lieux.
La tête du vieux professeur s'en trouvait donc plus qu'illuminée. Ces quelques rides sur son front disparaissaient presque, laissant place à une peau plus que rayonnante. Un sourire banal, mais bien maîtrisé, venait compléter son visage. Il ne s'était jamais dit charmant ou quoique ce soit, mais il ne doutait pas en sa capacité de manipuler les gens d'un simple regard.
D'ailleurs, peut-être était-ce cela sa véritable fonction : trahir.
La porte d'entrée était maintenant grande ouverte, créant dans le mur un trou béant de ténèbres. Aucune lumière ne s'y échappait, seul le noir régnait en maître incontesté.
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Entre Deux Mondes
Science FictionJackson vit dans un internat reculé et lugubre, où les maîtres mots sont respect et travail. Bon élève et entouré d'amis, sa vie est des plus agréables, si l'on oublie ses cauchemars et visions tout aussi étranges que surprenants. De son coté, Lis...
