Chapitre 33 : Jackson Brock

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La terreur m'envahit...

Le coup était venu de nulle part, et tandis que mon corps part à la renverse contre le mur, l'impact étouffe ma respiration. Une douleur indescriptible me tiraille la colonne vertébrale, et c'est à peine si je reste éveillé. Ma tête tourne, ma cage thoracique se referme sur moi, le rythme de mon cœur ne cesse de croître. Sans le moindre doute mon organisme vient de franchir la limite de non-retour, de sorte à prévenir tous les dangers possibles, et à limiter les risques. Chacun de mes muscles se retrouve enveloppé dans un tissu brûlant, ma peau rougeoie de plus bel.

La notion du temps devient quant à elle inconnu. Les secondes, les minutes... Les repères temporels ne sont plus rien, désormais. Faudrait-il encore avoir une horloge pour mesurer cette différence. Mais cela ne change rien au fait que l'air se ramifie dans mes poumons, jusqu'à me conduire dans un stade de paralysie.

Quoi que je fasse, je serais mort. 

La main qui se resserre contre mon coup n'allège en rien ma tourmente, et contribue à rendre ma respiration scandée et difficile. D'ici quelques instants, juste le temps pour le dire, la mort m'accueillera dans les bras de Morphée. Enfin, toute l'histoire s'arrêtera pour de bon. Je me serais libre... Mais pour cela une mer ou un océan m'aurait suffi. Un pied dans l'eau, le corps s'acclimatent à la température. Puis mes jambes, jusqu'à atteindre mon bassin et mon ventre : l'eau m'engloutirait, m'avaleraient dans le bleu profond de la liberté. Je m'imagine alors le soleil radieux qui scintillerait sur la surface de l'eau, pour ainsi refléter toute la beauté de ce monde. Mon monde... Les brasses n'auraient pas tardé à venir, me conduisant vers l'inconnu, chacune m'éloignant un peu plus du rivage. Loin des problèmes, loin des envies, loin du cœur.

Le malheur disparaîtrait pour de bon.

Mais aucune mer ne peut m'apporter ce que je demande, surtout ici, dans un internat perdu dans une forêt dense et stérile. Tout espoir est désormais venu. Non, il est sur et certain que je n'obtiendrais jamais ce rêve, tant bien même que la vie commence à perdre son importance.

- Mon Dieu Jack qu'est-ce que tu fabriques ?

Cette voix m'a totalement sorti de mes songes. La vérité s'offre enfin à moi, tandis que mes yeux meurtris et fatigués s'ouvrent, révélant l'inconcevable.

Il est devant moi, et je ne rêve pas. 

Son front est dégoulinant de sueur, chaque goutte partant de tous côtés, jusqu'à glisser au sol. Ses lèvres sont rugueuses, séchés, et sa haleine mortelle me provoque des hauts le cœur. Les cernes qui englobent ses yeux comme des murailles infranchissables produisent sur moi un regard maussade, terrifié. Presque dirait-on inquiet. Mais ce qui me dérange le plus, n'est autre que sa posture. Cambré, presque affalé sur moi. Son cou part d'ailleurs à la renverse, et ses muscles se tortillent et se crispent à chaque mouvement de mâchoire. L'espace d'un instant, l'on croirait voir un fou. Un fou sortit tout droit de l'asile, et auquel il manque cruellement un traitement.

Face à une telle agression, je menace de m'effondrer à même le parquet. Cependant il me retient avec force, et tandis que sa main quitte mon coup, il la repose immédiatement sur mon épaule, de sorte à me tenir droit. Son autre pomme reste sur ma bouche, pour éviter que j'écrie à nouveau. Capacité que j'aimerais récupérer un ce moment même.

- Alors, me menace-t-il en me regardant de travers, est-ce que tu as perdu la tête ?

Son ton de voix s'est calmé, ce qui me rassure. Mais, bien qu'une envie intense m'ordonne de lui répondre, je n'en trouve pas la force. Ma gorge me fait un mal épouvantable, presque impossible à décrire. J'aimerais bien déglutir, de sorte à m'humidifier les parois, mais même cela relève d'une mission impossible.

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