Je n'en crois pas mes yeux.
Un jour, alors que je m'ennuyais, je m'étais amusé à réfléchir sur les sensations que l'on doit avoir lorsque l'on est bien sculpté. Bien sûr, j'en avais une vague idée, mais elle était bien trop timide pour être suffisamment intéressante. En y repensant, j'en avais conclu que l'on doit se sentir plus léger, plus fort et plus solide, comme un bloc de pierre. D'une certaine manière, j'idéalisais ces corps de rêves, où chaque muscle trouvait sa place entre les os et la chair.
Aujourd'hui, je me rend compte que j'étais bien loin de la réalité. Pour résumé la situation, il me suffirait d'un seul mot : rien. Absolument rien. Aucune sensation, aucun changement au niveau de la répartition du poids. Juste un corps plus jolie à voir.
J'avale de travers ma salive lorsque mes yeux contemple mon reflet. Les yeux plissés, ma peau semble à première vue plus resplendissante, comme si l'on venait de la polir, afin d'en effacer le moindre plis. Mon ventre, normalement gras mais dans la moyenne, se trouve désormais habité par une rangé d'abdominaux sec. Ma poitrine, de son côté, est plus volumineuse, plus imposante. Sans parler de mes bras, dont les biceps et triceps apparaissent comme une nouvelle partie de mon corps.
L'esprit troublé par l'incompréhension, je reste ébahit, les lèvres séparés de quelques millimètre. Même mon visage, bien que paraissant inchangé, semble avoir acquis une certaine assurance. Pas assez pour être remarqué, mais suffisamment pour enclencher un déclics dans ma tête.
Ce n'est pas moi.
Enfin, si, c'est bien moi. Je ne peux le nier. Pour me rassurer, je viens à même à pincer mon bras, afin de prouver que je ne rêve pas. La marque laissée par mes doigt rend mon bras plus vivant, comme si mes yeux venait enfin de comprendre qu'il faisait partie intégrante de mon corps. La cervelle en ébullition, mon cœur qui bat la chamade et les palpitations qui commencent à occupé mes mains, un long silence s'imprègne dans mon être, comme s'il cherchait à trouver la réponse à ce mystère.
En vain.
– Alors, comment te trouves-tu ?
La question déplacée d'Étienne ricoche en moi comme un galet sur l'eau. L'air tourmenté, je pivote ma tête en sa direction.
– Vous rigolez ? riposté-je.
Winston hoche des épaules, avant de se rapprocher de moi.
– J'ai l'air d'être un homme qui aime perdre son temps ?
Il souligne son propos en arquant un sourcil, lui conférant tout le sérieux possible. Son indifférence totale à ma situation me révulse, plus que je n'aurais pu l'imaginer. Du coin de l'œil, je balaye du regard mon corps parfait. Il n'y a pas d'autre mot pour le décrire, et bien qu'une rage sans précédent vient chatouiller mes neurones, je ne peux que fendre l'air d'un geste moue.
– Bien, observe Étienne, je vois que tu commences à assimiler ta nouvelle apparence.
Avant même qu'il ne puisse reculer, mon instinct prend le contrôle de mon bras. Une pulsion électrique traverse mes muscles bandés, et alors que le concierge ne se doute de rien, je lui. agrippe avec force son poignet.
– Arrêtez de dire ça ! m'époumoné-je.
La lèvre supérieur d'Étienne se crispe soudainement, révélant un rictus de mauvais goût. Il pousse ensuite un léger soupire, comme si toutes mes actions étaient pour lui dénudées de sens.
– Va t-on réellement jouer à ce petit jeu ? me questionne t-il.
Je ne lui répond pas immédiatement, et laisse sa phrase en suspens. Winston, en répartit, me fusille du regard, comme pour dénicher en moi le sentiment de crainte qui me pousserait à bout.
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Entre Deux Mondes
Fiksi IlmiahJackson vit dans un internat reculé et lugubre, où les maîtres mots sont respect et travail. Bon élève et entouré d'amis, sa vie est des plus agréables, si l'on oublie ses cauchemars et visions tout aussi étranges que surprenants. De son coté, Lis...
