Chapitre 3 : Jackson Brock

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Voilà une nouvelle journée qui s'annonce.

D'aussi loin dont je me souvienne, je n'ai jamais aimé les réveils. Que ce soit pendant les semaines d'école, ou encore même pendant celles des vacances.

Depuis tout petit, ce moment est symbole pour moi d'intense agitation, comme si le monde s'écroulait sur moi . Mes cauchemars ne font pas figure d'exception, et comme s'ils possédaient une conscience à part entière, ils semblent savourer cruellement mes terribles tourments.

Désormais, j'ai non seulement le privilège de me lever comme tout le monde, mais je possède également la capacité  assez délicate de me réveiller dans un sursaut d'angoisse, comme si la mort n'était qu'aux portes de mon corps. 

A la frontière de ma vie...

Lorsque la sonnerie du réveil général résonne, et fait entendre sa douce symphonie, les volets électrique prennent le relais, et s'ouvrent automatiquement, laissant place au soleil et à ses rayons inondant petit à petit la pièce.

D'où je suis, je vois Greg les recevoir en plein sur lui, et bien qu'il soit sous la couette, j'imagine que cela ne change rien quant à sa tourmente. Tout ce qu'il arrive à faire, c'est grogner tel un animal embêté, de sorte à affirmer son mécontentement de manière on ne peut plus claire.

Cela me fait sourire, mais je range rapidement mon humeur lorsque je prend conscience de l'état de ma soi-disant aire de repos : mon lit est humide, trempé presque, comme si la pluie avait déchaîné sa souffrance dans notre chambre.

Cette situation n'est pas rare, et loin de m'amuser elle m'embête particulièrement. Certes, il ne s'agit  là que de transpiration, dû à mes ébats cauchemardesques de la nuit, et j'imagine que cela arrive à tout le monde.

Au fond, personne n'est parfait.

Puis les jours se sont écoulés, chacun laissant derrière lui les stigmates de la peur. Dès lors, j'avait compris que cela avait pris une toute autre tournure. Les petites taches humides se sont hâtées de devenir de véritables mares. Du moins, au sens figuré du terme.  

De ce côté-là, les femmes de ménages arrivent encore à être tolérantes, jusqu'à ce qu'elles instaurèrent la règle suivante, affichée noir sur blanc sur l'affiche de la porte...

"Changement de la literie toute les deux semaines, le lundi matin à partir de 9h45."

Le premier jour, je n'y avais pas réellement fait attention. Je m'en moquais d'ailleurs royalement, plus concentré sur mes études que sur la paperasse des autres. L'idée même de m'attarder sur des détails insignifiants tels que le changement de mes draps, je n'en voyais aucun intérêt. 

Première erreur...

Ne pas prendre conscience de son avenir peut parfois nous jouer bien des tours. Un petit obstacle peu dès lors se transformer en une véritable montagne à gravir, et ce au péril de sa vie.

Aujourd'hui, je comprend que j'aurais dû y apporter plus d'attention,  afin de prévoir quand et comment mes draps souillés pourront enfin être changés. Mais je ne baisse pas les bras pour autant. Au contraire, cela serait totalement stupide de le faire.

Toujours garder espoir, voilà une leçon pleine de sagesse. Car je me dis que j'aurais peut être une chance et que, par miracle,  elles accepteront, de bonne grâce, à m'accorder un joker, de sorte à raccourcir ce délais d'attente. 

Dans un soubresaut d'énergie, Greg se lève en premier et se dirige vers la salle de douche. À l'intérieur, j'entend le robinet qui couine, puis l'eau se met à tourner.

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