Chapitre 38 : Jackson Brock

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Mon cœur avait cessé de battre...

La raison du plus fort est toujours la meilleure, m'avait-on dit un jour. L'envie est toujours la plus prédominante. Sans que je ne comprenne pourquoi, le réfectoire s'est tu, comme engloutit par une vague qui ne laisse rien après son passage. Désormais, je ne fais plus le différence entre le lointain et le proche. De même pour la lumière et l'obscurité, qui petit à petit envahit la salle tout entière. Mon corps semble, de son côté, s'être arrêté. Je ne bouge plus, ma respiration n'est plus que souvenir. Je ne cligne également plus les yeux, ces derniers fixant avec effroi la personne qui me fait face.

Je suis entièrement à sa merci.

Une force lointaine et incontrôlable m'empêche de faire demi-tour, ou encore de riposter face à cette nouvelle menace. Un sourire affreux, des dents blanches comme la lumière, et un visage aussi limpide que dérisoire. Ses cheveux délicatement soignés, presque à la limite de la perfection, s'accommodent sans regret avec sa tenue verte éclatante. Autant dire que sa seule présence suffirait à détruire la rétine de n'importe qui.

Et pourtant, et sans aucune raison, je résiste. Je n'ose pas me retourner, je n'ose rien faire par peur de la contrarier. Je viens même à oublier la raison pour laquelle je me retrouve ici, dans un lieu empli de menteurs et de malhonnêtes, qui tous veulent me rendre cinglé. Il n'y a pas d'autres mots à employer, le reste est bien trop doux pour la dure réalité.

- Enfin je te trouve, s'écrie ma geôlière. Tu es là !

Rien qu'à sa voix, mon sang ne fait qu'un tour dans mes veines. Une pression indescriptible s'empare de mes muscles, les figeant et les ramifiant avec douleur. Toute la force que j'avais accumulée, tout le courage que j'avais recherché : désormais ils se sont totalement évaporés .

- Je..., murmurai-je, terrifié. Pardon ?

La femme se mit alors à rire. Son gosier semble infini , tandis qu'elles n'arrêtent de jacasser sans aucune raison valable

- Voyons, finit-elle par dire, tu peux arrêter la comédie ! Je sais tout !

À cela, je ne répondis rien, bien trop stupéfait par cette révélation. De ce fait, voyant sans nul doute mon malaise et ma tête totalement crédule et inquiète, la femme riposte avec un long geste méprisant, avant de me lâcher l'épaule. Dès lors, un vide indescriptible s'empare de mes muscles, comme si le poids le plus lourd de cette Terre venait enfin de me quitter. Mon regard fixe ensuite la femme devant moi, comme s'il s'agissait de mon pire ennemi. Sans le moindre mal, j'arrive à apercevoir ses vilaines pensées, toutes emplissent de rire et de mépris. Je ne vais en aucun cas me faire un film : quoi qu'elle me dise, quoi qu'elle me révèle, elle ne veut pas mon bien-être. Je suis catégorique.

La sueur sur mon front s'est depuis longtemps asséchée, formant sur ma peau des plaques grasses et désagréables. Réfléchir m'a toujours été compliqué dans ce genre de situation. Être sale n'est pas ma tasse de thé favorite. Moi qui aime tant cette boisson, je commence à m'en dégouter progressivement. Pourquoi, je n'en sais rien. Peut-être est parce que la personne qui est devant moi est imprégnée de l'odeur irrésistible de l'eau sucrée ? Néanmoins, un doute profond m'envahit l'esprit, et m'agace au plus au point.

Que me veut Lili-Rose...

Sa main avait laissé sur mon épaule une trace de moiteur facilement repérable., et rien qu'à cela je lui en veux.

- Vraiment, reprend ma psychologue extasiée, je ne sais pas comment te remercier !

Timidement, je hoche de la tête :

- Quoi ?

- Au ne fait pas la fière, continue Lili-Rose, tu ne t'imagines pas le nombre de sacrifices que j'ai dû faire durant ma vie, juste dans l'espoir de me faire remarquer !

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