Et quelle chance.
Sans de plus amples cérémonies, Théodora rejoint la capsule de perfection. La lueur qui brille dans ses yeux témoigne de son euphorie. L'air frais qui inonde la salle me fait frissonner et alors que Paige pose sa main sur la surface, je croise mes bras sur ma poitrine, et espère que la Traitement se déroulera vite.
- Théodora Paige, Citoyenne Parfaite, Accès autorisé.
Lorsque Théodora retire sa main, mimant au passage une joie intense, une lueur éclatante s'empare de la capsule de perfection, avant de se fendre en son sommet, ouvrant la cuve de tout son long. Couchée sur le dos, l'ouverture fixant le plafond blanc, l'évènement se confond presque à une éclosion magique.
Non, non et non.
Je secoue la tête plusieurs fois, me maudissant d'avoir ne serait-ce qu'oser penser une telle chose. Bien sûr, tout le monde rêve d'obtenir une séance de traitement. Dans chaque pays, dans chaque ville. Rien n'est aussi exaltant que ce privilège. Et, pourtant, je suis l'exception à la règle, mon corps frémissant à la simple vue d'une telle machination.
- Et, donc ?
Je me sens presque idiote d'avoir prononcé ces mots, et contre toute attente Théodora ne semble pas si contrariée, et à la place affiche un large sourire, dévoilant ses dents blanches.
- Comme d'habitude, nous allons commencer par changer votre puce.
Elle s'arrête quelques instants, avant de pencher la tête sur le côté, l'air songeur.
- Avez-vous oublié la procédure ? Pourtant ce n'est pas la première fois que vous en faites une.
Je ne peux que hocher la tête, totalement crédule. Mais je retire rapidement la moue que forme mon visage, la remplaçant par des traits plus fades.
- Malheureusement non, je n'ai pas oublié la procédure.
Quand j'avoue mes pensées, Théodora semble devenir une autre personne, dont les attentions restent discrètes. Sa longue robe blanche, qui lui confère une silhouette mince et élancée, se marie à la perfection avec les murs, tout aussi blanc. Seuls ses cheveux blonds viennent contraster avec l'innocence et la pureté de son visage, aussi doux soit la couleur de sa chevelure.
- C'est très bien alors !
Elle se retourne ensuite d'une seule élancée, et plaque sa main contre le mur, qui s'illumine au simple touché. Une petite trappe vient alors s'ouvrir, laissant coulisser une rangée de minuscules carrés plats, tous encastrés dans un gèle bleuté. La palpitation dans ma poitrine monte en crescendo, tandis que Théodora, sans le moindre signe d'hésitation, s'empare de l'un d'entre eux, suivit d'un ustensile de la forme d'un bracelet épais argenté, ne formant qu'une seule plaque sphérique dont les contours pourraient emboiter n'importe quel bras.
- Ceci, dit alors Théodora en agitant l'instrument, est un Identique. Bien sûr, je suppose que vous le saviez déjà.
Je peine à acquiescer. Je me sens comme une gamine à qui on expliquerait le monde. Toute mon assurance passée s'envole à l'instant même où j'aperçois le dit Identique. Je pris une grande inspiration, qui pour mon malheur fait tressaillir les muscles de ma poitrine. Fort heureusement, Théodora se trouve plus préoccupée par la mise en place du traitement, et comme si la chance me souriait, elle se contente de régler quelques paramètres de l'Identique.
Dire que je n'ai pas peur serait mentir. Certes, je suis heureuse au simple fait de savoir que durant quelques instants, je serais invisible aux yeux du monde. Mais également, contre ma volonté, une inquiétude se loge en moi, me forçant à m'interroger sur les conséquences possibles. Bien sûr, il n'y en a aucune, mais à l'instar de ma vie passé, ce dernier moi à l'Institut a suffi à me marginaliser.
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Entre Deux Mondes
Science FictionJackson vit dans un internat reculé et lugubre, où les maîtres mots sont respect et travail. Bon élève et entouré d'amis, sa vie est des plus agréables, si l'on oublie ses cauchemars et visions tout aussi étranges que surprenants. De son coté, Lis...
