Chapitre 44 : Jackson Brock

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Toc, toc, toc.

Mes coups résonnent dans les ténèbres. La porte en bois qui me surplombe m'intimide. Je ne l'ai que très rarement franchi. Une ou deux fois, peut-être plus. Mes souvenirs de ces jours sont si confus qu'il m'est impossible de m'en rappeler. Un nuage de poussière m'empoisonne, et m'empêche de me concentrer. Seul l'instant présent compte.

- Entrez je vous pris.

La voix m'était parvenue telle une vague fraiche sous un soleil d'été. Un ton doux et agréable émane par-delà la barrière qui me bloque, et  procure en moi un soupçon de désir. Les couloirs qui m'oppressent arrivent même à se faire oublier, tandis que l'obscurité laisse place à la clarté du moment.

Je vais parler à une vraie personne.

Peut-être ne m'écoutera-t-elle pas, mais au moins j'aurais essayé. Le simple fait de discuter me suffira amplement, et j'imagine que c'est tout ce que j'obtiendrais de toute manière.

Des mots et rien de plus.

Une seule grande inspiration de courage, et ma main trouve l'emplacement de la poignée en métal, avant de la rabaisser vers le sol. Un grincement à peine audible mais suffisant se fait entendre, et ce dernier s'accentue encore plus lorsque je commence à tirer de mes dernières force.

La première chose que j'arrive à voir, est l'imposante clarté qui s'échappe de l'ouverture. Un blanc éclatant, presque trop, mais qui suffit à me redonner le sourire. Les ténèbres finissent donc par être engloutie, et le couloir s'illumine d'une seconde vie, comme appelant à un désir croissant de changement. On pourra dire tout ce que l'on veut, je sens qu'il me remercie.

Sans plus attendre, alors que mes yeux ne sont pas encore habitués à la lumière, j'entre d'un pas sec, avant de refermer la porte derrière moi. Je me rends compte par la suite que mon entrée n'était pas des plus nobles, tandis que mes tremblement attestent de ma dernière crise. La peur que l'on me retienne était bien trop grande, et il aura fallu d'un bruit pour que mon corps reprenne esprit, et me force à plonger telle une bête déchainée.

Maintenant que cela est fait, je me sens ridicule, et étrangement insignifiant. L'endroit est si calme et reposant qu'il vient à me demander si je suis encore réveillé. Bien sur, je n'ai aucune réponse à mes questions, si l'on oublie la femme qui se tient non loin de moi.

Un bureau tout à fait normal. Les murs et le sol blancs permettent d'obtenir un contraste presque terrifiant avec l'extérieur. Je peine même à retrouver mes esprits, afin de  consolider ma perception de ce nouvel environnement. Une large fenêtre couvre le mur d'en face, devant lequel se tient un large bureau en marbre. La pureté des lieux me fascine. Quelques tableaux modernes par endroits permettent d'apporter un certain charme, tout en consolidant l'aspect neutre et confidentiel de la pièce.

Mme. Doréal, tel est son nom, reste assise, me contemplant d'un air ahurit. Un large sourire se dessine sur son visage, lui-même entouré d'une chevelure brune travaillée. De fines boucles d'oreille en argent lui tiennent également compagnie, tandis que ses coudes reposent sur son bureau, les mains jointent entre elles. Son menton repose sur ces dernières, avant de se redresser et prendre une position plus professionnelle.

- Bien le bonjour Jackson, commence-t-elle alors. Je t'en prie assied toi.

Elle m'indique du regard la chaise devant elle, et sans réfléchir, les pensées obnubilées par sa prestance, j'y accoure.

- Je dois vous dire que vous me décevez, continu mon proviseur tandis que je m'assois.

Je n'ose porter mon regard au sien, bien trop apeuré par la suites des événement à venir. Une boule se forme dans ma gorge après avoir régurgité le peu salive qu'il me restait. Timidement, je mets mes mains dans mes cheveux, dans l'espoir d'arranger ma coupe que j'imagine catastrophique.

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