"Think of your dreams and ideas as tiny miracle machines inside you that no one can touch. The more faith you put into them, the bigger they get, until one day they'll rise up and taken you with them."
-William Kamkwamba
Avril 2016
Point de vue Yasmin Yousfi
La sonnerie retentit et une vague de soulagement traverse la salle de classe. Sous l'ordre du professeur, je dépose mon stylo sur la table et soupire. Je crois que je m'en suis plutôt bien sortie. J'attrape le sujet du bac blanc de français, ainsi que ma copie et me dirige vers le bureau. J'ai tellement travaillé, pour cet examen que je ne suis pas sûr de m'en remettre si je ne l'ai pas.
J'ai planifié ma vie jusqu'à mes cinquante ans et je ne raterai aucune étape. Bac SES en 2017, fac de droit pendant cinq ans, l'école d'avocat pendant dix mois sans doute en région parisienne et ensuite je serai avocate, spécialisée en droit pénal. Si la détermination est la clé, il n'y a pas plus déterminé que moi. Je serai la première femme de ma famille à aller à la fac, mais surtout la première à ne pas dépendre d'un homme pour vivre. Mais tout ça ne m'empêche pas de vouloir me marier, avoir des enfants et possiblement être mère au foyer.
Mais après avoir réussi mes études. Après m'être assurée un peu d'indépendance.
Je me dirige vers le bureau pour déposer ma copie. La prof madame Martinez me sourit, je suis sa meilleure élève. La meilleure de la classe et sans compétition. Détermination. Je cherche mon nom sur la liste d'émargement, et signe en face. Je crois que j'ai la signature la plus simple de l'histoire. Elle se résume à mes initiales YY pour Yasmin Yousfi. Ça se prononce Yasmine, mes parents ont simplement oublié le e en remplissant mon état civil. Je tiens à cette absence de e. Je trouve que ça rend mon prénom si commun unique.
En sortant de la classe un de mes camarades me rattrape dans le couloir. Il tend sa main pour me toucher, mais je recule par réflexe. Martin est sympa, mais il ne comprend pas d'où je viens, ni ce que je vis. Il pense que mes parents sont des tortionnaires. C'est tout le contraire. Ils me donnent une éducation stricte dont certains pourraient avoir besoin. Il passe la main qu'il me tendait dans ses cheveux lorsqu'il comprend que je ne vais pas la saisir.
-T'as oublié ta trousse, dit-il en me montrant l'objet qu'il a dans les mains.
-Merci, je réponds en attrapant la trousse et en la glissant dans mon sac.
Je commence à faire demi-tour pour sortir du lycée. Il est presque dix-huit heures et je ne veux pas arriver en retard. Si c'est le cas, j'en entendrais jamais la fin. Même si j'explique à mama que j'étais en bac blanc.
-Je me demandais si ça te tentait d'aller boire un verre ? Demande Martin en me suivant.
-Je ne bois pas et tu ne devrais pas non plus tu n'as pas encore dix-huit ans.
-Pas d'alcool, juste un café
-Merci, mais non merci.
Cette fois, je mets réellement fin à la conversation en entrant dans les toilettes des filles. Mes yeux sont injectés de sang en raison de la fatigue. Dès que je rentre à la maison, je vais faire une belle et longue sieste. J'attrape mes cheveux et les noue en un chignon rapide, avant de sortir de mon sac mon hijab que je place par-dessus. Le tissu est parfaitement accordé à mes habits. Je ne suis pas la seule élève à le porter, mais je suis chaque fois étonnée de constater que la plupart des personnes qui me voient sans tous les jours sont incapables de me reconnaître quand je le porte.
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FUGAZI
FanfictionHakim Akrour a toujours eu une idée précise de ce qu'il cherchait chez une femme. Lui il voulait une fille bien, une fille propre. Et si en plus elle pouvait être musulmane et algérienne ce serait encore mieux. Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est de...
