95] Espoir

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-... Je crois bien qu'elle t'aime Césaré...

Ce dernier ne sait pas comment réagir face à cet aveu de sa mère. Jamais en venant discuter avec elle il ne se serait attendu à ce qu'elle soit aussi « amicale »  avec Antigone.
Il finit par se racler la gorge et répond:

-Je suis heureux que vous le voyez alors, parce que de toute façon, vous vous doutez bien que je n'aurais pas attendu votre bénédiction pour rester avec elle.
-Je le sais. Mais maintenant tu sais que de toute façon tu l'as ma bénédiction.
-Je ne viendrais plus au club, vous le savez pourtant.
-Oui... mais rien ne nous empêche de continuer de nous voir de temps en temps en dehors de ce lieu. Avec cette jeune fille d'ailleurs.
-Pas de réunion de famille.
-Non non bien sûr. Mais nous pouvons boire un apéritif en toute amitié.
-J'y réfléchirais. Et surtout je lui demanderais ce qu'elle en pense elle. Après ce que vous avez fait je comprendrais aisément qu'elle ne veuille jamais vous revoir.

Diane hoche la tête, bien consciente de l'erreur qu'elle a faite.

-Et... tu pourras toujours revenir ici avec elle. Vous êtes tous les deux faits pour le BDSM et vous le savez.

Césaré ne répond rien.
Ils échangent un regard en silence puis Diane lève prudemment la main pour la poser une seconde sur le bras de son fils. Il ne se dégage pas et elle ne s'attarde pas sur ce contact. Elle a un léger sourire sincère sur les lèvres:

-Je... je suis heureuse si tu l'es. Je sais que je suis un monstre. Mais...

Les mots restent coincés dans sa gorge. Elle n'arrive pas à dire ces mots pourtant si simples, parce qu'elle ne veut pas se faire rejeter par son propre enfant.
Césaré sait ce qu'elle veut dire, alors il soupire tristement et finit la phrase de Diane à sa place:

-Je sais que vous m'aimez. Et croyez moi, je suis désolé de ne pas pouvoir vous rendre ça. Mais je vous le promets... je ne vous abandonnerais pas...

Une larme vient couler sur la joue de la femme. C'est la première fois que Césaré lui dit quelque chose d'aussi fort. C'est la première fois qu'il lui donne de l'espoir. Si ça ne tenait qu'à elle elle prendrait son fils perdu dans ses bras, mais elle ne veut pas le braquer maintenant qu'il a fait un aussi grand pas vers elle.
Elle se contente de sourire en détournant légèrement le visage pour qu'il ne voit pas une seconde larme glisser de ses yeux.
Elle s'essuie furtivement puis se reprend, n'oubliant pas qui elle est.

-Bon... je... j'ai du travail. Tu devrais aller retrouver...

« Ta soumise »...

-...Antigone. Elle s'appelle Antigone.
-Oui. Je suis désolée. Tu devrais aller la rejoindre. Ne la laisse pas toute seule.

Il acquiesce machinalement et après un dernier regard esquissé d'un sourire furtif, il sort du bureau en direction du Donjon d'Ignis, pour y retrouver la jeune femme.

Diane retourne s'assoir derrière son bureau, mais impossible pour elle de travailler, bien trop bouleversée par tout ce qu'il vient de se passer.
Et elle le sait, c'est grâce à Antigone que tout ça a été possible, alors qu'elle a essayé de l'éloigner de Césaré.
Désormais elle en est sûre et elle l'espère: l'amour que ces deux là se portent est plus sincère et pure que tout ce qu'elle a pu voir dans sa vie. Et elle en est sincèrement heureuse pour son enfant...
Que cela dure pour toujours, c'est tout ce qu'elle souhaite. Que ces deux âmes dansent ensemble éternellement...

Antigone Où les histoires vivent. Découvrez maintenant