65] Chute

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Contrairement à la fois où Césaré l'avait contrainte à frapper une autre de ses soumises le jour où elle était entrée à l'improviste chez lui, cette fois Antigone ne verse pas une larme.
Elle avait passé des heures à pleurer, effondrée sur son lit. Mais cette fois, ses yeux restent secs. Le choc a été bien trop brutal, le dégoût trop extrême, la colère trop intense.

Comment a t'il pu lui faire ça? Comment a t'il pu l'emmener là-bas? La perversion de ces événements qui tournent et retournent en boucle dans sa tête sont si écœurants qu'elle en a la nausée sans cesse.

Après avoir fuit Césaré elle est rentrée à pied chez elle. Heureusement ils avaient déjà fait une bonne partie de la route.
Elle s'est déshabillée et a passé plusieurs heures sous la douche, a essayé de se laver de toutes ces choses. En réalité, c'est son esprit et son cœur qu'elle aurait aimer nettoyer, mais elle doit se contenter de sa peau.
Après avoir utilisé toute l'eau chaude, l'eau glacée lui glissait sur le corps, mais elle ne sentait même pas le froid.

Lorsqu'elle a réalisé qu'elle devrait un jour finir par sortir de sa douche, elle s'est séchée avec une serviette puis s'est mises à regarder les blessures sur l'avant de son corps. Toutes celles que Diane lui a infligé.
Elle passe son doigt sur chacune d'elle, se remémorant l'instant précis où le coup ou la brûlure électrique lui a été infligée.
Elle a choisi de subir ça pour lui, et voilà comment il l'a remerciée: en lui infligeant une séance à l'arrière goût incestueux.
En comparaison c'est comme si son propre père a elle s'était soumis à Césaré sans qu'il le sache. C'est dégoûtant. Une nouvelle nausée lui monte mais elle reste bloquée dans sa gorge.

Son corps est réellement abîmé. Des bleus parsèment en long et en large sa peau blanche. Des marques plus ou moins profondes, plus ou moins violettes, plus ou moins douloureuses.

Cette soirée a été de loin la plus intense de toute à vie. Elle n'avait jamais été autant humiliée. Elle n'avait jamais autant souffert. Elle n'avait jamais non plus étant en aussi parfaite osmose avec quelqu'un. Elle n'avait jamais été à ce point enivré par quelqu'un.
Mais elle ne s'était non plus jamais sentie aussi trahie.

Tout s'est effondré en une seconde.

Elle.
Lui.
Eux.

Ils ont été les plus beaux. Les plus majestueux.
Et à la hauteur de cette perfection qu'ils ont atteint, la chute à été aussi brutale, aussi désastreuse, aussi violente.

Elle se sent comme une déesse déchue.
Icare s'est brûlé les ailes en voulant s'approcher de trop près du soleil.
Comme lui, Antigone ne volera plus jamais.
Plus jamais...

Antigone Où les histoires vivent. Découvrez maintenant