Chapitre 123 - REMUS LUPIN

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Les surveillants et les préfets-en-chef eurent beau faire de leur mieux, ce fut une véritable foule désordonnée qui sortit de la Grande Salle en trombe dans la lumière bleutée du château emprisonné dans la glace. Remus eut la légère impression d'être de retour au banquet de début d'année, lorsque tout le monde entrait ou sortait dans le hall au même moment.

Mais déjà, les premières files d'élèves quittaient le hall pour se rendre aux quatre coins du château, vers leurs salles communes respectives. Les torches s'allumèrent toutes en même temps, chassant cette obscurité bleue pour la remplacer par leur lumière chaleureuse.

Alors que le bouchon s'éternisait dans le hall, les Maraudeurs aperçurent sans grande difficulté Hagrid qui traversait cette marée d'élèves.

- Oh, mince, Hagrid ! s'exclama Remus d'un ton désolé. Vous aussi vous étiez dans le château au moment de la malédiction ? Vous voilà emprisonné avec nous.

- Eh oui, les garçons, bougonna le garde-chasse, j'étais dans le bureau du professeur Brûlopot au moment où ça s'est déclaré. Il voulait savoir si je n'avais pas aperçu un troupeau de licornes dans la Forêt interdite, ces temps-ci. Il voulait les étudier avec ses quatrième année. Et de fil en aiguille, nous avons commencé à parler de choses plus intéressantes, comme les dragons ou mes Scroutts à pétard. Enfin ! Il y a tout de même un avantage, je vais pouvoir apporter mon aide à vos professeurs pour nous sortir de cette situation.

- Où allez-vous dormir si nous ne sommes pas libérés avant ce soir ? demanda James.

- Oh, Mrs Pomfresh m'a libéré un lit dans son infirmerie, ne vous en faites pas pour ça. Non, ce qui m'inquiète, c'est que Bavroche est restée toute seule à la maison. Elle a assez de nourriture pour tenir quelques jours mais ensuite... Enfin ! Je suis sûr que le professeur Dumbledore va vite nous sortir de là ! D'ailleurs, je ferais mieux de me rendre à la salle des professeurs. Et vous, montez dans votre salle commune et pas de bêtise !

Les Maraudeurs firent un signe de la main à Hagrid qui s'éloignait déjà dans le flot d'élèves entassé dans le hall. Ils n'avaient avancé que de deux ou trois pas lorsque Patricia Rakepick les rattrapa.

- Salut, les gars, leur glissa-t-elle.

- Patricia, tu ne trouves pas que tu es allée un peu loin, cette fois ? soupira Remus en montrant l'épaisse couche de glace qui recouvrait la porte d'entrée du château. Tu as mis toute l'école dans le pétrin.

- Pas du tout, dit-elle calmement, le professeur Dumbledore trouvera certainement une solution. Et s'il n'y parvient pas, nous, on le fera.

- Ah oui ? grogna Sirius. Et comment ?

- On va attendre un peu et puis quand le moment sera venu, on fera une nouvelle descente dans la Cave maudite. Ça annulera les effets de la malédiction.

- Comment comptes-tu t'y prendre pour entrer dans cette Cave maudite ? demanda Remus. La devise était fausse. On doit tout reprendre à zéro.

- Ne t'inquiète pas, Jacob connait la devise.

- Quoi ? souffla James. Comment peux-tu en être si sûre ?

Patricia soupira, comme si elle était lasse de devoir leur expliquer quelque chose d'aussi évident.

- Les garçons, ce qui vous manque, c'est le sens de l'observation, leur expliqua-t-elle alors qu'ils avançaient d'un petit mètre vers les escaliers menant à la tour des Gryffondor, dans la discussion que vous m'avez rapportée entre Jacob et les membres de R, qu'a-t-il dit ?

- Il a dit énormément de chose, s'irrita Sirius.

- Mais une de ses choses a son importance. Jacob savait depuis longtemps pour la cinquième fondatrice de Poudlard. Il connaissait même son nom ! Pourtant, il n'a rien dit, ce que R n'a pas manqué de lui reprocher. Qu'a-t-il répondu, alors ?

- Qu'il ne voulait pas se trahir, répondit mollement Remus.

- Exactement. Ce qu'il a failli faire avec l'Epreuve de Renard ! Ces deux sorciers de R lui donnent pas mal d'informations mais comment les présenter au rester de son équipe sans se faire soupçonner ? Rappelez-vous, un beau jour, il est venu et il a dit qu'il avait lu quelque part qu'il y avait dans ces Caves maudites quelque chose nommé l'Epreuve du Renard. Quand vous lui aviez demandé d'où il tenait cette information, il s'est énervé et a donné une réponse vague.

« Je dois avouer que je n'ai pas été assez observatrice moi non plus. Quand, un peu plus tard, vous êtes revenus de la réserve de la bibliothèque avec plein d'infos sur cette Roswitha Rivgoupil, j'aurais dû remarquer l'expression sur le visage de Jacob.

- Quelle expression ? demanda James.

- Une expression de soulagement, comme s'ils se disaient : « Enfin, ils ont découvert à propos de Rivgoupil ». Il aurait pu nous le dire bien avant ; des années en avant, peut-être ! Mais comment ça se serait passé ? « Eh, les gars ! J'ai découvert que la personne qui a créé les Caves maudites s'appelle Roswitha Rivgoupil et que c'est la cinquième fondatrice de Poudlard ». Ça aurait éveillé les soupçons.

- Mais quel est le rapport avec la devise de Rivgoupil ? demanda Peter, perdu.

- Il la connait, comme le reste. Soyez observateur. Remus, j'ai dit la devise comme tu l'avais formulée. Quand j'ai dit « Ruse », que s'est-il passé ?

- Rien, répondit Remus.

- Et quand j'ai dit « Clairvoyance » ?

- Rien non plus.

- Et quand j'ai dit « Avidité » ?

- J'étais là, Patricia, soupira Remus, la statue s'est mise à tout geler sur place. Où veux-tu en venir ?

- Je ne vous parle pas de ça. Jacob ? Qu'a-t-il fait ?

- Rien... Enfin, je ne sais plus.

- Il a crié, répondit Patricia, il a crié bien avant que la statue de ne se mette à libérer cette malédiction. Parce qu'il savait à l'avance que le dernier mot de la devise n'était pas « Avidité » tout simplement parce qu'il la connait, lui. Si vous voulez une bonne nouvelle de plus, on sait que les deux premiers mots sont bons, puisque pour « Ruse » et « Clairvoyance », il n'a rien dit.

- La mauvaise nouvelle, c'est qu'il nous faut chercher le troisième et dernier mot et si ce n'est pas « Avidité », je ne sais pas ce que ça pourrait être.

- Inutile puisque Jacob connait la devise, je viens de vous le dire, s'irrita Patricia.

- Oui, mais tu as aussi dit que Jacob a tendance à attendre que l'on trouve pour ne pas éveiller les soupçons, fit remarquer James.

Patricia eut un sourire.

- Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, dit-elle en montrant les fenêtres verglacées du château, les choses ont changé. On a coupé Jacob de toutes communications avec ces sorciers de R. Il est seul, à présent. Et il reste deux petites semaines avant la fin de l'année. Tout ce qu'il nous reste à faire, c'est d'attendre. On va continuer à surveiller Jacob, évidemment. Mais on va laisser la pression s'accentuer sur lui. Et demain, peut-être après-demain, Jacob va se ramener vers nous et il aura « miraculeusement » trouvé le dernier mot de la devise.

Sirius haussa les épaules.

- Ça se tient, commenta-t-il.

- Evidemment que ça se tient. Allons-y.

Patricia et les Maraudeurs étaient enfin arrivés aux escaliers qui grimpaient jusqu'à la tour de Gryffondor. A partir de là, les embouteillages se décantèrent.

Les Maraudeurs et les Caves maudites (tome 3)Des histoires addictives. Découvrez maintenant