Chapitre 132 - SIRIUS BLACK

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Cinq heures du matin. Toujours ce fichu givre aux fenêtres du dortoir lorsque Sirius sortit de son lit. James, Remus et Peter faisaient de même et s'habillaient dans un silence de plomb. Hugo et Zack dormaient sans même se rendre compte de ce qui se passait. Toujours aussi muets, ils rassemblèrent leurs affaires dans un sac ; tout le matériel dont ils avaient besoin pour cette escapade qui s'annonçait déjà mouvementée.

Cinq heures et quart. Quelqu'un frappa doucement à la porte. C'était Jacob qui descendait de son dortoir, deux étages plus haut, et qui semblait s'impatienter. Sirius se chargea de porter le sac. Ils descendirent dans la salle commune vide à cette heure de la matinée. D'après la lumière affaiblie qui arrivait encore à passer par la glace qui recouvrait les fenêtres, le jour était déjà levé. On percevait même le chant des oiseaux, un peu étouffé, en cette matinée d'été.

Cinq heures et demi. Patricia descendit des dortoirs des filles, un petit sac passé en bandoulière. Jacob commença à protester (« Qu'est-ce que tu fichais ? Ça fait presque une demi-heure qu'on t'attend ! ») mais elle le fit taire d'un regard. Sans s'échanger un mot de plus, Patricia, Jacob et les Maraudeurs quittèrent la salle commune et évoluèrent lentement mais sûrement dans les couloirs vides du château.

Cinq heures quarante-cinq. Arrivés au troisième étage, ils furent rejoints par Olivia qui avait fait tout le trajet depuis la salle commune des Serdaigle. Ils poursuivaient leur route à sept, désormais. Sirius nota que Remus, pâle et maladif, les suivait avec un peu de mal.

Cinq heures cinquante. A un nouveau croisement, ils furent rejoints par Duncan qui arrivait tout droit des cachots où se situait la salle commune des Serpentard. Toujours aussi silencieusement, ils poursuivirent leur trajet jusqu'au cinquième étage de l'aile ouest.

Six heures du matin. La porte menant à la Cave maudite apparut. Ce fut Patricia qui l'ouvrit et ils s'enfoncèrent tous dans les profondeurs du château. Les escaliers étaient gelés. Le froid régnait partout. Et ils arrivèrent enfin à la salle glacée mais cette fois, aucun chevalier de glace ne les accueillit.

En fait, il n'y avait personne.

- Où est N...

Patricia se retourna pour fusiller James du regard. Sirius comprit ce qu'il s'était passé, il allait faire la même erreur que son ami. James allait demander où se trouvait Nausicaa qui avait été faite prisonnière de la glace ici, deux nuits plus tôt. Mais ni Sirius, ni James, ni tous les autres n'étaient censés savoir que Nausicaa se trouvait là. Personne à part Jacob. James avait failli avouer à ce dernier qu'ils l'avaient espionné.

- Euh... Je veux dire, où sont les chevaliers de glace ? reprit James en soufflant de la buée par la bouche.

- La salle ne se réactualise plus, maintenant que la malédiction est sortie dehors, répondit Jacob en se détendant.

- Allons-y, dit Patricia.

Sirius se posait cependant la même question : où était passée Nausicaa ? S'était-elle libérée toute seule de cette glace ? Connaissant sa cousine, c'était fort possible.

Six heures quinze. Dans le long sentier tortueux qui serpentait depuis un trou dans le mur, toute l'équipe avançait dans un noir opaque, seulement chassé par les lueurs de leurs baguettes. Patricia ouvrait la marche, suivie de très près par Jacob. Venaient ensuite James, Sirius, Peter, Olivia, Duncan et Remus, traînassant un peu, fermait le voyage de cette étrange compagnie dans les ténèbres du passé de Poudlard.

Six heures quarante. La compagnie arriva dans la grande pièce où trônait la statue représentant un visage encapuchonné. Cette fois, au lieu de clapoter dans l'eau, c'était comme s'ils marchaient sur la surface d'un lac gelé. Ils progressèrent lentement pour ne pas glisser et arrivèrent face au visage invisible de Rivgoupil.

Six heures quarante-cinq. Rivgoupil énonça son poème.

Toi qui entres là,

Sous notre blason

Tu pourras franchir

Ce portail des ombres.

Reconnais d'abord

Ton maître et seigneur.

Reconnais d'abord

Celle qui fut bafouée,

Oubliée, reniée.

Dis son nom, visiteur

Sa devise aussi

Tu devras connaître

Prouve ton allégeance

Et marche vers ton maître.

Patricia se tourna vers Jacob.

- Tu veux le faire ?

Celui-ci semblait pâle et hésitant.

- Non, vas-y, fais-le.

Puis, Patricia se tourna vers l'immense capuchon en pierre qui lui faisait face et déclama tout haut :

- Roswitha Rivgoupil ! Ta devise est : « Ruse, Clairvoyance, Puissance » !

Le sol ne trembla pas. Aucune tempête de glace ne se déchaîna de sous le capuchon. Seulement un son, comme des engrenages. Patricia se tourna vers le reste de la compagnie.

- Je crois que c'est bon, dit-elle, on peut avancer. Venez...

Six heures quarante-sept. La compagnie avança avec prudence et entra dans l'obscurité du capuchon. Leurs baguettes n'éclairaient aucun visage. C'était comme entrer dans une grotte. Il n'y avait plus de glace, sous leurs pieds. Seulement de la pierre. La lumière de la baguette de Sirius éclairait les visages blafards de James et Duncan qui marchaient à ses côtés. Il sentit l'excitation de l'aventure monter en lui et il eut envie de rire alors qu'une pensée traversait son esprit. Et dire qu'à la rentrée, on était bien décidé à ne pas nous mêler des affaires de Patricia Rakepick !

Sept heures du matin. Après une marche dans le noir qui leur parut interminable, la compagnie arriva à une zone éclairée par des torches. C'était étrange. Contrairement aux souterrains menant au Bassin des Rêves, cet endroit ne semblait pas aussi mort. Une nature s'y était développée. Du lierre grimpait aux murs de pierre, il y avait même, parfois, des inscriptions et des gravures recouvrant d'autres pans de mur. Quelques toiles d'araignées occupaient les coins. Plusieurs racines et autres mauvaises herbes poussaient entre les pavés du sol et parfois, une chauve-souris passait au-dessus de leurs têtes. C'était un endroit abandonné et oublié par le temps, mais pas un endroit mort.

Sept heures et quart. Le couloir se divisa en trois. Patricia se tourna vers son équipe.

- Il est temps de se séparer, les gars, dit-elle, James et moi, à gauche. Jacob, Sirius et Duncan, continuez sur cette voie tout droit, Remus, Peter et Olivia, la voie à droite. Surveillez bien vos montres, il faut opérer en même temps. Bonne chance à tous !

Les Maraudeurs et les Caves maudites (tome 3)Des histoires addictives. Découvrez maintenant