Chapitre 53 - JAMES POTTER

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Comme une vieille habitude, ils se levèrent dans le dortoir silencieux, ponctué cependant par les ronflements de Hugo Smith. James sortit sa cape d'invisibilité de sous son lit alors que Sirius et Peter se déplaçaient entre les différents lits en essayant de faire le moins de bruit possible.

Ils quittèrent la salle commune et se drapèrent dans la cape pour avancer lentement dans les couloirs sombres et vides du château. En descendant les plusieurs étages qui les séparaient du hall d'entrée, les trois Maraudeurs ne rencontrèrent pas d'obstacles notables. Aucune trace de Rusard, aucun surveillant faisant leur patrouille ni de Peeves avec ses frasques habituelles. Cela soulagea grandement James car la seule personne que l'esprit frappeur semblait craindre parmi les élèves était Remus qui était indisponible cette nuit.

Même sans la lumière des torches, on y voyait très clair grâce à la lune ronde et pleine qui jetait des lueurs d'argent au travers des fenêtres du château.

- Remus avait raison, chuchota Sirius alors qu'ils poursuivaient leur descente, le ciel est découvert, cette nuit. Ça s'annonce bien.

Arrivés au bas de l'escalier, ils ne rencontrèrent que le Baron sanglant. Le fantôme de Serpentard était occupé à faire tinter ses chaînes et semblait se diriger vers les cachots sans se rendre compte de la présence de trois élèves, bien dissimulés sous la cape d'invisibilité.

Ils bifurquèrent vers le couloir qui menait à la salle commune des Poufsouffle et trouvèrent la fameuse statue d'Hengist de Woodcroft. James sortit sa baguette et tapota le sommet de la statue.

- Dissendium !

La statue sembla s'enfoncer sous terre et dévoila une trappe dans le sol. James se souviendrait toute sa vie de comment ils avaient découvert ce passage secret. Cela datait de leur première année, lors de leur première sortie ensemble.

Une fois dedans, ils retirèrent la cape d'invisibilité, Sirius illumina le bout de sa baguette et ils arpentèrent le petit tunnel souterrain qui traçait une route sous le château.

Le ciel était certes découvert mais il régnait un froid mordant, lorsqu'ils sortirent du passage pour se retrouver au cœur de la Forêt interdite. L'odeur caractéristique du froid d'hiver envahit leurs narines alors qu'ils regardaient les arbres humides et les mottes de neige parsemées çà et là.

- Est-ce qu'on pourrait se dépêcher ? souffla Peter, le teint livide.

Il détestait cette forêt, ce que James ne pouvait pas comprendre.

Ils se mirent en route, essayant de ne pas s'enfoncer trop loin dans la forêt. Parfois, des craquements se faisaient entendre, des oiseaux s'envolaient en faisant un terrifiant bruit dans les feuillages et, au loin, plus profondément dans cette épaisse forêt, le cri d'une créature inconnue retentissait.

- Qu'est-ce qu'on attend ? gémit Peter. Faisons ce qu'on a à faire et rentrons au château.

- On cherche un coin où la lumière de la lune touche le sol, répliqua Sirius.

- Il y en a plein des coins où la lumière de la lune touche le sol.

- Idéalement, j'aimerais trouver une clairière.

Ils la trouvèrent finalement après quelques minutes de marche. Un endroit semblait avoir été épargné par les nombreux arbres de la forêt. L'herbe était d'un vert frais et foncé quand elle n'était à demi ensevelie sous la neige.

- Là ! murmura Sirius. C'est parfait !

Il montrait un petit creux entre deux grosses racines d'arbre correctement exposé à la pleine lune. James hocha la tête et s'accroupit devant, imité par les deux autres. Il sortit de la poche de sa robe de sorcier une grande fiole ronde en cristal.

- Vous vous rappelez de ce que Patricia nous a dit ? demanda-t-il aux deux autres.

- Oui, répondit Sirius, allons-y.

Ensemble, ils sortirent les feuilles de mandragore de leurs bouches et les mirent chacun dans leurs fioles. James sortit une paire de ciseaux, se saisit d'une mèche de ses cheveux et la coupa avant de tendre les ciseaux à Sirius. Précautionneusement, il inséra la mèche dans la fiole, tout au fond. Déjà, Sirius l'imitait après avoir passé les ciseaux à Peter.

- C'est bon ? demanda James dans un souffle.

- Oui, oui... Deux secondes.

Peter était occupé à faire entrer ses petits cheveux châtains dans la fiole. Lorsqu'il y arriva, il la reboucha et la posa à côté de celles de James et de Sirius dans le creux de l'arbre.

James se releva.

- Bon, espérons que la lune ne soit pas cachée par les nuages durant la nuit, dit-il, on reviendra demain matin à la première heure pour la suite des opérations.

La veille, Patricia leur avait expliqué l'étape suivante. Elle ne devrait pas présenter trop de difficultés.

Sur le chemin de retour, les trois Maraudeurs se perdirent quelque peu. James n'arrivait plus à retrouver le passage secret qui était censé les ramener dans le château au grand dam de Peter.

- Ce n'est pas grave, dit Sirius de son ton habituellement détendu, on n'a qu'à en profiter pour marauder un petit peu.

- Quoi ? couina presque Peter. Tu es fou ! Ce n'était pas au programme.

- Peter a raison, Sirius, dit James, demain, on doit se lever bien avant les cours pour poursuivre notre travail sur les fioles. Il serait bon de dormir un peu avant.

Ils reprirent leurs recherches mais, quelques minutes plus tard, un bruit les arrêta. Un hurlement, plus proche que tous ceux qu'ils avaient entendu dans la forêt jusque-là.

AAAAAAAOOOUUUUUUUUUUUUUUUHHHHHH !!!!!!!!!!!!!!

La face livide de Peter se tourna vers lui. Il semblait se liquéfier.

- Qu'est-ce que c'est ?

Mais James avait déjà compris.

- Venez !

Il accéléra le pas dans la direction des cris malgré les protestations de Peter. Au bout de quelques minutes de marche, ils parvinrent à la lisière de la forêt. Au loin, il y avait une lande drapée de brume entre le château de Poudlard et le village de Pré-au-Lard. La pleine lune, comme un projecteur, éclairait de plein fouet une petite cabane chancelante au milieu de la lande comme un acteur de théâtre sur la scène.

La cabane tremblait comme si quelqu'un se défoulait dedans. Il y avait des hurlements de loup, des rugissements et parfois, même, des cris qui paraissaient plus humains.

- Remus, souffla Sirius d'un ton peiné.

- C'est... C'est la Cabane hurlante ? souffla Peter d'une voix incertaine.

- Je n'arrive pas à croire qu'il doive subir ça chaque mois, poursuivit Sirius, il doit tellement souffrir, seul...

- Pas pour longtemps, lâcha James d'un ton sec, plus déterminé que jamais, si on réussit notre coup, Remus ne sera plus seul.

Les Maraudeurs et les Caves maudites (tome 3)Des histoires addictives. Découvrez maintenant