Chapitre 119 - SIRIUS BLACK

115 10 0
                                        

- Ignis Sagitta !

Une flèche enflammée jaillit de la baguette de Sirius pour réduire le dernier chevalier de glace en morceaux. Le calme était enfin revenu dans la salle froide et couverte de givre qui menait à la Cave maudite.

Autour de lui, Jacob, Duncan et Olivia reprenaient leur souffle. Peter était pâle comme un linge et gardait sa baguette braquée devant lui, comme figé dans ce mouvement. James et Remus, qui avaient combattu dos à dos, étaient déjà en train de traverser la pièce gelée et Patricia se trouvait debout, au milieu des tas de glace brisée des chevaliers qu'elle avait jeté à terre.

- Il n'y a pas une minute à perdre, dit-elle, le but est tellement proche qu'il faut se bouger.

- On aurait peut-être mieux fait d'attendre la nuit pour ça, non ? fit remarquer Duncan alors qu'ils se dirigeaient vers la voie creusée dans le mur. Au beau milieu de l'après-midi, comme ça, il y aura forcément un professeur qui va remarquer notre absence, vous ne pensez pas ?

- On est samedi, fit remarquer Jacob, il n'y aura pas d'appel avant lundi matin pour le premier cours de la matinée. On est large.

Sirius échangea un regard entendu avec James ; c'était parfait, Jacob fonçait tête baissée dans le piège que lui tendait Patricia.

L'instant d'après, le groupe évoluait dans le sentier creusé dans le mur, leurs baguettes allumées. Le chemin, qui leur avait paru durer longtemps la première fois, restait interminable aux yeux de Sirius. Mais ils ne tardèrent pas à arriver à cette immense pièce au plafond si haut qu'il en était invisible.

Le sol était toujours couvert d'eau et ils pataugèrent dedans pour arriver à la hauteur de l'énorme statue représentant une tête encapuchonnée. Sirius sentit son cœur s'emballer. Il faisait confiance à Patricia mais... Et si elle se trompait ? Et si les choses se passaient autrement que prévu ?

Mais il était trop tard pour s'en soucier, désormais. La bande était arrivée devant l'immense ouverture représentée par l'ombre sous le capuchon. Et comme la dernière fois, une voix de femme – celle de Roswitha Rivgoupil, sans aucun doute – s'éleva de la gigantesque statue pour réciter le même poème.

Toi qui entres là,

Sous notre blason

Tu pourras franchir

Ce portail des ombres.

Reconnais d'abord

Ton maître et seigneur.

Reconnais d'abord

Celle qui fut bafouée,

Oubliée, reniée.

Dis son nom, visiteur

Sa devise aussi

Tu devras connaître

Prouve ton allégeance

Et marche vers ton maître.

Le silence revint juste après. Sirius leva le regard. Jacob avait raison, sur le capuchon, il y avait bien un blason représentant un renard au pelage orange sur un fond couleur bronze.

- A toi de jouer, Patricia, dit Remus.

Jacob parut soudainement inquiet :

- Attendez... Est-ce que vous êtes sûrs d'avoir trouvé la bonne...

Mais c'était trop tard, Patricia s'adressait déjà à la statue d'une voix claire et puissante :

- Roswitha Rivgoupil ! Ta devise est : « Ruse... ».

Un silence de plomb.

- « ... Clairvoyance... ».

On n'entendait que la respiration haletante de Peter et le clapotement de l'eau à leurs pieds.

- « ... Avidité ».

- Non ! s'exclama soudainement Jacob, alarmé.

C'était trop tard. Un hurlement suraigu sortit de la gueule de la statue et l'endroit tout entier se mit à trembler. Sirius entendit à peine Olivia qui s'écriait : « Mais qu'est-ce qui se passe ? ». La devise était fausse. Patricia avait vu juste : le mot « avidité » ne faisait pas parti des qualités que Rivgoupil s'était attribué.

Soudainement, un souffle d'air glacial sortit de sous le capuchon de la statue et la bande voulut s'en écarter. Mais Sirius – comme les autres – remarqua que ses jambes étaient emprisonnées dans l'eau ! L'eau ? Non, ce n'était plus de l'eau. Toute l'étendue qui recouvrait la salle s'était soudainement gelée et le souffle de givre poursuivait sa route alors que l'endroit entier semblait être en proie à un véritable tremblement de terre.

- Il faut qu'on rentre ! s'écria Patricia. La glace commence déjà à refermer le passage par lequel nous sommes arrivés !

- Et comment tu veux rentrer ? répliqua Duncan. Cette fichue glace nous emprisonne les pieds !

- Je vous ai appris un sort, non ? Alors mettez-vous au travail ! Ignis Sagitta !

Un seul coup de flèche de feu parvint à briser la glace et à libérer les pieds de Patricia. Comme les autres, Sirius l'imita et se retira de ce piège. Derrière lui, le passage rétrécissait à vue d'œil à cause du gel qui commençait à prendre du volume et à le condamner.

Patricia l'ouvrit d'une flèche de feu et ils s'engagèrent dans le passage pour fuir la colère de Roswitha Rivgoupil.

Les Maraudeurs et les Caves maudites (tome 3)Des histoires addictives. Découvrez maintenant