Chapitre 11 - SIRIUS BLACK

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Narcissa venait d'apparaître dans l'embrasure du compartiment. Aussitôt, son habituel parfum de groseille envahit l'endroit. Une odeur qui n'était pas désagréable en soi mais qui était trop associé à la détestation que Sirius vouait à sa cousine pour pouvoir l'apprécier.

Les yeux clairs de Narcissa balayèrent le compartiment avec un souverain mépris. On aurait dit une princesse qui venait de se rendre dans une porcherie particulièrement nauséabonde.

- A ce que je vois, poursuivit Narcissa, tu n'as toujours honte de rien. Notre famille est déchirée par un drame et toi tu continues à te pavaner avec le fils de l'homme qui a envoyé ma sœur en prison.

Sirius posa un coude sur l'épaule de James, comme pour s'appuyer contre lui.

- Tu sais, ça sert à ça, les amis. A te rendre quelques services. Figure-toi que je suis très reconnaissant au père de James d'avoir...

Narcissa fut devant lui en un clin d'œil, comme si elle avait transplané. Son regard furieux se planta dans le sien.

- La ferme ! La ferme, Sirius. Je n'ai toujours pas compris comment les Black ont pu donner vie à une pomme aussi pourrie que toi. J'ai honte pour ta mère. Tante Walburga ne méritait pas ça. Pourtant, Zica et moi, on a tout fait pour te prévenir avant ta première rentrée à Poudlard. Eh bien, c'était peine perdue. Il faut croire que dans certaines portées, il y a toujours un chiot qui portera une tare.

- Retire ce que tu as dit, Narcissa, gronda James.

Mais la fille ne lui accorda aucun regard. Sirius se contenta de sourire. Rendre ses cousines folles de rage était devenu, à la longue, un sport auquel il excellait presque autant que le Quidditch.

- Je ne pense pas que ma mère soit la plus à plaindre, répliqua-t-il alors avec un sourire narquois, pense un peu à la tienne. Une fille aînée qui a fugué pour sortir avec un né-moldu. Une autre qui est une psychopathe assumée enfermée pour vingt ans à Azkaban. Ouch... Pauvre Tante Druella.

En un éclair, Narcissa sortit sa baguette pour la pointer entre les deux yeux de Sirius. Son visage, habituellement d'un blanc aussi lumineux que de la neige, venait de s'empourprer de rage.

- Espèce de pitoyable rat, grogna-t-elle, je vais te faire regretter tes paroles.

- Si tu es si pressée de revoir Bellatrix, répliqua James, je peux toujours demander à mon père d'arranger ça. Il doit y avoir encore quelques cellules de libres à Azkaban.

Le regard haineux de Narcissa se tourna vers lui. Durant un moment, Sirius se demanda lequel des deux elle allait attaquer. Mais ce dont il ne doutait pas, c'était qu'elle allait passer à l'attaquer.

- Narcissa !

Un nouvel élève venait d'apparaître dans l'embrasure du compartiment. Tout Poudlard s'est donné rendez-vous ici, ou quoi ?

Mais Sirius le reconnut aussitôt. C'était un garçon qui devait être en sixième année. Un Serpentard très peu apprécié par les autres Serpentard. Petit, trapu, le crâne rasé à la va-vite, possédant des yeux de scarabée qui pouvaient mettre mal à l'aise, Mondingus Fletcher avait croisé la route des Maraudeurs l'année dernière. Il avait ouvert une affaire clandestine dans les toilettes de Poudlard où il vendait les réponses aux contrôles des professeurs ou de fausses attestations de sortie.

Contrairement à Narcissa, une odeur désagréable le suivait partout. Un mélange d'ail et de produit WC.

- Narcissa ! répéta-t-il comme un amoureux transi. C'est forcément le destin qui nous réunit ici ! Je voulais justement te faire ma déclaration !

Les Maraudeurs et les Caves maudites (tome 3)Des histoires addictives. Découvrez maintenant