Chapitre 148 - REMUS LUPIN

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Une heure du matin. La bête ressentait encore la douleur des cornes de la créature qui l'avait heurtée en plein flanc. Mais elle se redressa et se mit à errer dans la forêt noire qui l'entourait. Sa douleur n'était rien en comparaison de la faim inassouvissable qui lui labourait l'estomac. Il lui fallait du sang, il lui fallait de la chair fraiche. Elle était prête à tout pour plonger ses crocs, les sentir déchirer la peau, plonger dans une viande moelleuse et juteuse et tout déchirer d'un mouvement de tête.

La bête poursuivit sa traque, affolée par sa faim. De la bave coulait d'entre ses crocs. La proie... Où était la proie qu'elle avait aperçue avant que cette chose ne l'attaque ? Elle la voulait. Elle sentait encore l'odeur de cette chair fraiche qui lui avait été ôtée de justesse.

Arrivée au beau milieu de la clairière, la bête hurla à la pleine lune son désespoir, sa douleur et sa faim infernale. La proie avait disparu...

Crac !

La bête se retourna subitement. Non... Ce n'était pas la proie. C'était cette créature pourvue de corne qui s'approchait d'elle. La bête gronda pour lui signifier de ne pas avancer plus.

Crac !

A sa gauche, un autre animal apparut... Non, deux. Une bête qui lui ressemblait un peu mais en plus petit, avec le poil noir et hirsute. Et sur cette bête, il y en avait une autre, minuscule, avec une longue queue et un pelage brun.

La bête grogna. Que lui voulaient ces trois animaux ? Habituellement, les autres créatures la fuyaient comme la peste. Mais eux, ils voulaient s'approcher de d'elle, lentement, timidement.

Un cerf... Un chien... Et un rat...

D'où venait cette voix dans sa tête ? Et pourquoi la bête comprenait-elle cette voix ? Était-ce l'autre ? Non... L'autre ne pouvait pas vivre tant que cet astre luisait dans un ciel noir. L'autre n'allait prendre le relais qu'au lever du soleil ! Que lui arrivait-il ?

J-James ?... Sirius ? Peter ?

Le cerf, le chien et le rat se rapprochèrent encore plus d'elle. Du museau, le cerf lui toucha la patte. La bête gronda. Comment osait-il la toucher ? Elle recula alors que le chien se rapprochait. Le rat poussait des petits gémissements sur son dos. La bête montrait toujours les crocs mais pour elle ne savait quelle raison, elle avait peur. Tout ceci était inhabituel.

Alors, le chien passa à côté de lui et son pelage noir vint se frotter au sien.

Remus reprit alors conscience. Dans son corps de loup, il comprenait que ses amis étaient là. Il comprenait qu'il n'avait plus à souffrir seul. La faim lui tenaillait toujours l'estomac. Il tuerait pour dévorer quelqu'un... Mais avec James, Sirius et Peter à ses côtés, cette faim n'était plus aussi douloureuse. Il arrivait à l'étouffer.

Il poussa un long hurlement. Mais c'était un hurlement de joie, un hurlement de victoire. Le cerf brama et le chien se mit à aboyer. Peut-être même que le rat avait couiné mais ses sons faibles ne s'entendaient pas sous le tintamarre que faisaient Remus, James et Sirius. Et peu importait qu'ils fassent trop de bruits au beau milieu d'une forêt dangereuse. Car cette nuit, y avait-il plus dangereux que les Maraudeurs ?

Une heure et demi du matin. Sur une lande, sous une lune ronde et pleine, un loup-garou, un cerf, un chien et un rat couraient en toute liberté.

Les Maraudeurs et les Caves maudites (tome 3)Des histoires addictives. Découvrez maintenant