Layana
_Maman, l'appelé-je en rentrant chez moi.
_Oui, ma puce. Je suis dans la salle de bain.
Je cours pour arriver le plus vite possible dans la pièce. Son teint blafard et ses yeux rougis m'alarmèrent instantanément.
_Maman, tu vas bien ? Demandé-je, inquiète.
_Oui chérie, ne t'inquiète pas, je suis juste fatiguée. Raconte moi plutôt ta journée.
Ma mère n'était jamais fatiguée. Pour cette raison je restais à la fixer sans pour autant répondre à sa question.
_Le nouveau m'embête encore, raconté-je en comprenant qu'elle ne me dirait rien sur elle.
_Tu connais le dicton Layana, "Qui aime bien, châtie bien", cite-t-elle malicieusement.
Moi et Caleb ? Impossible.
À trois heures du matin, le sommeil refuse de venir m'emmener dans le monde des songes alors que la fatigue, elle, ne me lâche pas. Impossible de dormir après ce qu'elle m'a fait.
Le collègue de ton père.
Les larmes remontent en pensant au jour où j'ai perdu mon innocence. Je me reprends rapidement, ravalant les larmes qui menaçaient de couler.
Je vais me relever, je le fais toujours.
Il est hors de question que je me laisse faire une fois de plus. Tout le monde se fout de moi parce que les gens qui ne perçoivent que le côté gentil de notre personne ne peuvent pas s'empêcher d'en abuser
Je me redresse rapidement pour téléphoner à mon oncle maternel, Paul. Il me répondra directement, je le sais. Sa voix résonne au bout de la troisième tonalité.
_Laya ? T'as vu l'heure-
_Je veux reprendre les entraînements, le coupé-je.
_Quoi ? Pourquoi maintenant ?
_Aucune raison particulière, je veux juste reprendre les entraînements, au tir également.
_Ma nièce devient grande, chuchote-t-il.
Je peux entendre sa fierté, je la sens. Paul est ce qui ce rapproche le plus d'un père pour moi. J'ai voulu lui dire ce que mon père me fait subir mais j'ai pensé à elle et à ma promesse. Je sais que Paul le tuerait sans hésiter.
Il gère le plus gros gang du pays. Il a toujours cru en l'égalité homme-femme, il voulait que j'entre dans son réseau après avoir obtenu mon bac pour faire comprendre à ses hommes qu'il ne faut jamais sous estimer un adversaire, qu'il soit homme ou femme, mais j'ai toujours refusé.
Je ne me voyais pas passer ma vie dans le sang et les meurtres. Et puis, avec ce qu'il m'est arrivée, je risquais de faire une crise d'angoisse au moindre contact venant d'un homme.
Actuellement, je veux reprendre le contrôle de mon corps et de mes pensées. En lui affirmant vouloir apprendre le tir, je sais que je signe mon entrée dans son gang.
Sentir sa fierté même au téléphone m'apaise un peu. Parce qu'entendre un "Je suis fier de toi" n'a pas de prix.
_Au fait Layana, comment va ton père ? Reprit-il en changeant de sujet.
Ne pleure pas.
_Ça va, il ne change pas, toujours au bureau, répondis-je.
J'aurais aimé qu'il soit toujours au bureau comme je le décris mais malheureusement, en ce moment, il est de plus en plus à la maison.
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Suffering | Tome 1 & 2
Romance« Il te ment Layana, il le fait exprès. C'est son boulot » Ça rythmait leur quotidien, ça faisait battre leurs cœurs, ça les rapprochait, ils auraient dû y être habitués. Ils ne connaissaient que ça. La manipulation. Aucun doute, leur relation étai...
