Tome 2 | Chapitre 23: Paix intérieure

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Caleb

Épuisé mais satisfait, je rentre chez moi en espérant retrouver ma famille.

— Caleb ! S'exclame Caïla en courant dans ma direction.

Pitié, faite que Carla ne soit pas revenue pendant mon absence.

Je l'aime inconditionnellement évidemment. C'est ma cousine et nous avons grandi ensemble mais elle est devenue de plus en plus collante avec les années.

Probablement parce qu'elle recherche l'attention que son père ne lui donne plus. Et surtout, heureusement, elle habite à plusieurs heures d'ici.

Je prends ma sœur dans mes bras en la faisant tourner dans les airs, provoquant son rire dont je ne me lasserai jamais. Je veux profiter au maximum de ces moments-là parce qu'elle grandit si vite que j'ai l'impression de rater les instants les plus importants de son enfance.

De nous tous, elle a été la plus touchée par la mort de mon père. Elle le considérait toujours comme un héros, à seulement huit ans. Elle ne pouvait pas se rendre compte du monstre qu'il était même en sachant qu'il voyait d'autres femmes que ma mère.

Malgré tout, je ne peux pas lui enlever le fait qu'il était gentil avec elle, s'en occupant lorsqu'il le pouvait.

— Tu m'as manqué, princesa, murmuré-je en lui faisant un câlin.

— Ça fait trop longtemps que je t'ai pas vu !

Un sourire triste prend place sur mon visage et je la repose au sol, sa joie sincère éclaire son visage. En relevant les yeux, je trouve ma mère, appuyé contre le mur, une lueur de fierté teintée de tendresse dansant dans ses iris.

— Bonsoir maman, soufflé-je en m'avançant vers elle.

Je dépose un bisou sur son front mais elle ne s'en contente pas et m'attire à elle pour me serrer contre elle.

— J'espère qu'après ces semaines, elle t'a pardonné, chuchote-t-elle doucement pour éviter que Caïla l'entende.

Je glousse en secouant la tête. Elle lâche un doux rire dont le souffle chatouille ma nuque.

— Ça ne m'étonne pas.

Ma mère me lâche, laissant la place à Caïla pour sauter sur mon dos, provoquant une bouffée de légèreté.

— T'es beaucoup trop grande pour faire ça.

— Je n'ai que neuf ans Caleb !

Et pourtant, je me souviens d'un jour où elle avait affirmé avoir dix ans alors qu'elle n'en avait que six. Cette journée restera gravée pour toujours dans ma mémoire.

Je cours rapidement jusqu'au canapé pour la jeter dessus et lui faire plein de chatouilles jusqu'à ce que son rire ne s'arrête plus.

Je rêve d'un monde où elle aurait cet âge-là pour toujours. Parce qu'un jour, elle comprendra qu'on n'a pas une famille normale, que son frère dirige un gang et que sa mère a tué son père de sang froid.

Après ça, il faudra aussi que je lui explique que notre père était un connard qui a aussi tué notre tante parce qu'elle est tombée amoureuse de l'oncle de celle que j'aime.

La galère putain.

Lorsque j'arrête de la chatouiller, elle m'offre un sourire fatigué.

— Comment se fait-il qu'une fille de neuf ans soit encore debout à une heure aussi tardive ?

— C'est bientôt les vacances et je savais que tu reviendrais aujourd'hui... Je voulais t'attendre.

Mon cœur fond devant sa petite bouille honteuse, une boule d'appréhension se forme dans ma gorge en la regardant.

Suffering | Tome 1 & 2 Où les histoires vivent. Découvrez maintenant