Layana
Sept ans plus tard. Naples.
Le soleil du mois de mai brillait haut dans le ciel, j'étalai une immense nappe d'un geste fluide au milieu de cette clairière. Paulo ne pouvait s'empêcher de me poser tout un tas de questions sur les papillons ou les changements de température.
Je tentai d'y répondre en souriant à chaque fois qu'il se montrait curieux.
Actuellement, pendant que mon mari posait les différents plats sur la nappe, il me parlait des moustiques et de leur capacité à prendre notre sang.
Cet enfant devenait de plus en plus observateur, il avait grandement besoin de réponses. C'était dans ce trait de caractère qu'il me rappelait son père.
— Dis tati, tu penses qu'un jour les moustiques gouverneront le monde ?
Une grimace déforma mes traits en imaginant le monde qu'il décrivait. Je m'asseyais en réfléchissant à une réponse qui conviendrait à sa soif de savoir.
— Je n'espère pas, soufflai-je en ouvrant la boîte contenant un assortiment de fruits.
Mon neveu hocha la tête, aspirant sa lèvre inférieure avant de se tourner vers Caleb qui sortait le livre que je lisais de son sac, augmentant mon sourire.
— Et toi, tonton ? Tu en penses quoi ?
Le regard bleuté de mon mari se posa sur Paulo, le bébé qu'il avait peur de porter jadis. Au fil des années, ils avaient réussi à construire une relation forte.
Paulo voyait mon mari comme son héros, au même titre qu'Adrian, et je savais que Caleb adorait leur relation.
— Si tu veux mon avis, ils le gouvernent déjà.
— Ah bon ? S'exclama le petit, encore plus intrigué.
Mon amoureux s'approcha de lui en s'accroupissant à sa hauteur pour murmurer, comme un secret :
— Nous nous protégeons d'eux l'été alors qu'ils n'en ont rien à faire. Si on ne prend pas garde... ils pourraient tout contrôler !
Pour accompagner son ton dramatique, Caleb glissa ses mains sous ses aisselles pour l'attirer à lui et le faire rire avec des chatouilles.
Un sourire fendit mes lèvres devant cette scène attendrissante.
Au même instant, une petite tête brune vint me prendre dans ses petits bras. En baissant les yeux, je passai mes mains sur le dos de ma fille qui se blottissait contre moi.
— Ana, tout va bien ?
À mes vingts-quatre ans, j'avais eu le bonheur de tomber enceinte de notre petite fille, Anastasia.
Ce n'était absolument pas prévu aussi tôt, mais j'étais sincèrement heureuse en apprenant la nouvelle.
Lorsqu'elle fut née, un sept octobre, nous savions pertinemment que nous devions honorer la mémoire de la tante de Caleb. Ainsi, nous nous efforçâmes de trouver un prénom où il y avait celui d'Anna.
Contrairement à toutes ses peurs, Caleb se révéla être un père extraordinaire. Il faisait toujours passer nos enfants avant tout. Je n'aurais jamais pu rêver meilleur père pour eux.
— Héna et Elyo ne me parlent plus.
Héna et Elyo étant les deux autres enfants de mon frère et ma meilleure amie, ils les avaient eus lorsqu'Ivy avait vingt-quatre et vingt-six ans.
Tous leurs enfants étaient actuellement en vacances en Italie, ce qui nous faisait pas mal d'ambiance ici.
Évidemment, Caleb et moi avions pris la décision d'apprendre le français en plus de l'Italien à nos enfants. Une fois installés définitivement à Naples, cela nous semblait nécessaire. Même si c'était assez compliqué au début, nous avions su nous organiser.
VOUS LISEZ
Suffering | Tome 1 & 2
Romance« Il te ment Layana, il le fait exprès. C'est son boulot » Ça rythmait leur quotidien, ça faisait battre leurs cœurs, ça les rapprochait, ils auraient dû y être habitués. Ils ne connaissaient que ça. La manipulation. Aucun doute, leur relation étai...
