Chapitre 40: Prêtes

2.3K 86 155
                                        

Layana

Les émotions peuvent changer, j'en suis bien consciente. Surtout les miennes. Ma joie se transformait irrémédiablement en tristesse, tous les jours. J'ai l'habitude de ressentir ça depuis quelques mois. Pourtant, rien n'est comparable à la vue de ma mère qui m'attend à la sortie du lycée. 

Même si je savais qu'elle viendrait probablement, j'avais ce ridicule espoir qu'elle me laisse tranquille aujourd'hui.

Les jambes tremblantes et le cœur battant à tout rompre, je grimpe dans sa berline aux vitres teintées. En prenant le temps de l'observer, je remarque ses lunettes de soleil posées nonchalamment sur son nez, comme si elle était une mère normale récupérant son enfant.

_Ça avance avec le fils de Fernando ?

Mes lèvres se pincent instinctivement. Je ne peux pas lui dire que je suis tombée amoureuse de celui qu'elle déteste, donc, je choisis de changer de sujet.

_C'est mon anniversaire, aujourd'hui, rappelé-je sans grands espoirs.

Le silence s'étire et je résiste à l'envie de la regarder, mes yeux fixés sur la route qui défile pour laisser place à la forêt dans laquelle je reçois mes entraînements.

_Et donc ? Finit-elle par cracher. Tu veux un gâteau à la fraise ? Layana, tu n'as plus six ans.

Super.

Alors le silence reprend pendant que je l'ignore. J'aurais aimé avoir un gâteau, accompagné de la fête qui va avec ainsi que de la joie qui m'aurait transpercée.

Mon téléphone vibre dans ma main, mon sourire étant impossible à dissimuler malgré mes efforts.

Caleb: Je passe te prendre à dix heures.

_On va en boîte, c'est non-négociable, affirme Ivy.

Un petit rire silencieux s'échappe de mes lèvres quand je me rappelle que j'avais dit à Adrian que je souhaitais une soirée tranquille pour mon anniversaire.

On repassera.

_J'ai déjà des fausses cartes d'identité.

Ivy le jauge d'un regard hautain en croisant ses bras sur sa poitrine.

_Je suis majeure, rappelle-t-elle. Je n'en ai pas besoin. Vous êtes les deux seuls à encore avoir dix-sept ans ici.

Noah commence une nouvelle dispute stupide avec Ivy. Je secoue lentement la tête en pouffant avant de m'éloigner pour tenter de combler la faim qui me tiraille.

Je me dirige immédiatement vers le frigidaire, voulant sortir du jus de pomme mais je tombe sur un énorme gâteau à la fraise. Mon cœur se gonfle d'affection en voyant marquer sur la boîte : « Pour la meilleure des petites sœurs. ».

Adrian.

Mes lèvres s'étirent, cette matinée me donne l'impression d'être une simple adolescente, pas celle qui doit réparer les erreurs des adultes. J'attrape délicatement le gâteau en refermant la porte du frigidaire, je tombe directement sur Caleb, les mains dans les poches.

Pour éviter de faire tomber la boîte, je la dépose sur l'îlot central avant que, comme à mon habitude, mon regard soit absorbé par mon brun. Mais c'est la première fois que la force de mes sentiments me revient en pleine face, et ça m'effraie bien plus que je ne veux l'avouer. Parce que je ne sais pas jusqu'où je serais capable d'aller pour lui.

Mais j'irai loin.

Trop loin.

Un petit sourire fend son visage, faisant descendre mon regard sur ses lèvres. Le monde autour disparaît alors. Les disputes de Noah et Ivy deviennent lointaines, la cuisine se floute, je ne ressens plus que mon envie de l'embrasser.

Suffering | Tome 1 & 2 Des histoires addictives. Découvrez maintenant