Tome 2 | Chapitre 24: Felipe Gomez

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Layana

Une fois que nous arrivons dans les alentours de Vietri Sul Mare, Matteo me guide un peu plus loin de la ville. Nous entrons alors dans une route de graviers qui secoue la voiture. Sur le chemin, nous avons rejoint les trois hommes censés nous accompagner, leurs SUV nous suivant de près.

Finalement, nous avançons vers des ruines qui, bien que magnifiques, ressemblent à un coin de film d'horreur.

Donc après les entrepôts, je dois me taper les ruines.

Les quelques arbres qui nous entouraient laissent place à une plaine sur laquelle se situent les ruines que j'avais aperçues. Et c'est à cet instant que mon cœur cesse d'émettre le moindre battement.

« Il n'aura pas beaucoup d'hommes avec lui. »

Si.

L'endroit grouille d'hommes comme une putain de fourmilière. Il y en a tellement que c'est impossible de les compter.

Mon pied sur le frein, je ralentis doucement sans pour autant m'arrêter.

— Matteo...

— C'est rien, fais comme si tu t'y attendais.

Mais je ne m'y attendais pas.

Mon poul s'accélère sous la panique, mon cœur frappant contre ma cage thoracique. Je jette un coup d'œil dans le rétroviseur pour vérifier que les hommes de Lorenzo ne se sont pas enfuis.

Et je vois deux hommes armés comme pour une guerre s'approcher de nous.

La seule chose à laquelle je suis capable de penser c'est la possibilité que Lorenzo soit au courant. Mes mains crispées sur le volant, je me mets à espérer que ce ne soit pas le cas. Je n'ai pas envie de penser qu'il nous a envoyé ici en sachant qu'un seul faux pas nous enverrait retrouver les fantômes des ruines.

Je m'arrête devant deux de ces hommes en comprenant qu'ils ont les mêmes règles que nous : aucune arme ne sera autorisée pendant l'échange.

— ¿ Quién eres ? Demande l'un d'eux en me fixant. ( Qui es-tu ?)

Génial.

La traductora, répondis-je le plus naturellement du monde. ( La traductrice. )

— No sabemos que una traductora tenía que venir. ( Nous ne savions pas qu'une traductrice devait venir. )

— ¿ Sabéis hablar italiano ? Si la respuesta es sí, puedo regresar a mi casa, craché-je en sentant la colère monter. ( Vous savez parler italien ? Si la réponse est oui, je peux rentrer chez moi.)

Je sens la main de Matteo presser la mienne dans un geste faussement affectueux. La seule chose qu'il veut me dire à travers ça, c'est de fermer ma gueule.

Parce que même s'il n'a pas compris un seul mot de ma phrase, le ton que j'ai employé ne laisse pas de doute. Les deux gardes commencent à parler entre eux, ce qui me laisse le temps de jeter un coup d'œil à mon acolyte. Matteo me jette des regards noirs, provoquant un gloussement discret.

— Déjalos pasar, ordonne soudainement une voix grave. ( Laissez-les passer. )

Je lève les yeux à travers le pare-brise, tombant sur un homme à la carrure athlétique. Des tatouages couvrent l'entièreté de son épiderme, ne laissant que son visage et le bout de ses mains.

Ses cheveux ébènes retombent négligemment sur son front et le noir de ses yeux semblent pouvoir absorber l'atmosphère. Il représente le cliché des mafieux de mes livres.

Suffering | Tome 1 & 2 Des histoires addictives. Découvrez maintenant