• CHAPITRE SOIXANTE •

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— H —

— On fraternise ? je lâche entre mes dents serrées, mon regard rivé sur Aaron.

— Et si, ne serait-ce que pour un instant, tu cessais d'être paranoïaque, petit frère ? rétorque-t-il d'un ton condescendant.

— Tu connais l'adage : chat échaudé craint l'eau froide. Qu'est-ce que tu fais ici ?

— Je voulais qu'elle arrange un rendez-vous entre nous.

— Je suis là, je t'écoute.

Je croise les bras sur ma poitrine pour retenir le monstre qui menace de se libérer en présence d'Aaron.

— Tu sais Hady...

— Hayden, je le coupe froidement.

— Un jour, tu finiras par me tuer accidentellement et tu t'en mordras les doigts.

— Si ce jour béni arrive, ce sera tout sauf accidentel.

Ma réponse le pique au vif.

— Tu me détestes donc à ce point ?

— Te détester ? Certainement pas... Je te hais, Aaron. Ma répulsion envers toi est un abîme sans fond. Rien que ta respiration me répugne. Je préférerais te voir six pieds sous terre plutôt que de te croiser une seule fois de plus sur mon chemin.

— Comment peux-tu dire une telle chose ?

La voix stupéfaite de la ballerine me ramène brutalement à la réalité. Aveuglé par ma colère, j'avais presque oublié sa présence.

— Angelina reste en dehors de tout ça, je réplique sèchement.

— J'aurais aimé, tu vois, mais c'est vous qui me traînez constamment dans vos querelles !

— Tu devrais écouter Hayden, quand il est comme ça, il a tendance à...

Mes mains se referment brutalement sur le col de la veste d'Aaron pour le plaquer contre le mur derrière lui. Son regard, mêlé de colère et de frustration, me défie, mais je puise dans chaque fibre de mon être pour réprimer mes instincts les plus sombres, ceux qui m'ont conduit dans cette spirale destructrice il y a cinq ans.

— Tu te crois supérieur, Hayden, mais tu n'es qu'un enfant perdu dans ton propre monde de ténèbres. Tu ne sais même pas ce dont tu es réellement capable. Ta seule spécialité, c'est de te décharger de tes responsabilités !

Un rire cynique s'échappe de ma bouche, un rire teinté d'un mépris profond.

— Oh, crois-moi, Aaron, je sais très bien de quoi je suis capable. Quant à toi, tu ne te rends pas compte à quel point tu es pathétique. Tu as toujours vécu dans mon ombre, jaloux de tout ce que j'ai accompli. Et ta seule spécialité, c'est de saccager la vie des gens qui t'entourent.

— Tu es si prévisible, petit frère. Systématiquement dans ton petit rôle de victime torturée. Mais tu sais quoi ? Tu n'es pas une victime, tu es le bourreau de cette histoire. Tu caches tes démons derrière un masque d'arrogance, mais je les vois. Tout le monde les voit ! Et un jour, ils te détruiront.

— Et je ne serais pas le seul.

— Oui, car que tu le veuilles ou non, nous sommes deux âmes damnées. Liés par le sang et la haine.

Un rire amer s'échappe des lèvres d'Aaron et la chaîne qui retenait le monstre en moi se brise brutalement contre ma volonté.

— Lâche-le ! scande Stella dans mon dos.

BALLERINAOù les histoires vivent. Découvrez maintenant