• CHAPITRE TRENTE-ET-UN •

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— H

J'aurais dû renvoyer ce demeuré depuis bien longtemps ! Si nous en sommes là aujourd'hui, c'est uniquement de ma faute. J'ai laissé trainer cette affaire alors que je n'aurais pas dû.

— Je suis venu dès que j'ai vu son mail.

La ballerine ne me répond rien et se contente de saluer du bout des lèvres Ethan. Je prends sur moi car je ne peux qu'imaginer sa colère en cet instant et je ne souhaite pas lui servir d'exutoire. J'ai tout de même envie de sourire en repensant à son message de la veille. Manque de chance pour elle, mon téléphone est une extension de ma main. J'ai eu le temps de lire son texto avant qu'elle ne l'efface. Si ce n'est pas un signe qu'elle est tout autant intéressé par moi que je ne le suis par elle, alors je ne comprends plus rien. J'ai bien conscience que ce n'est pas du tout le bon moment pour revenir sur ça, mais c'est plus fort que moi.

— À quel point vous êtes-vous crue maligne ?

— Je vous demande pardon ? fait-elle en tournant vivement la tête vers moi.

— Hier soir, je me contente de répondre.

Elle fait mine de réfléchir un bref instant avant de poursuivre.

— Ah, je suis désolée, c'était une erreur de destinataire.

Malgré moi, je ricane. Décidément, cette femme...

— Je ne parlais pas de votre message, mais d'Avery.

— Quoi, Avery ?

— Vous ne niez pas la connaître ?

— C'était la première fois que je la rencontrais.

— Bien sûr.

— Si vous avez quelque chose à dire, faites-le sans passer par quatre chemins, s'emporte-t-elle.

— Avez-vous sincèrement imaginé que je tomberais dans ce panneau aussi facilement ? Un homme tel que moi n'arrive pas au sommet sans un excellent flair.

— Vous allez devoir être plus précis, Monsieur Reed.

— La prochaine fois, faites-moi le plaisir de demander à votre actrice de seconde zone de ne pas abîmer un costume de cette valeur.

— Mon actrice de seconde zone ?

— Me prenez-vous vraiment pour un crétin ? Je vous ai vu accoudé au bar ensemble.

— Et ?

— Et comme par magie, elle apparaît dans mon sillage après un énième affrontement entre nous et renverse sa boisson sur moi.

Contre toute attente, la ballerine pouffe de rire.

— Attendez une minute ! Vous pensez que c'est de mon fait ? Avez-vous si peu confiance en votre charme pour présumer que si une femme s'intéresse à vous c'est parce qu'elle a été envoyée par quelqu'un dans le but de vous nuire ?

— Mademoiselle Carter, comme vous le savez, ma patience a des limites et le fait que vous vous amusiez à les franchir constamment est particulièrement invivable.

— Je n'ai rien à voir avec Avery et si vous ne me croyez pas ce ne sont pas mes affaires. De plus, je ne comprends pas en quoi ce serait une mauvaise chose puisque vous semblez avoir passé une excellente fin de soirée.

Les griffes... Elle croise les bras sur sa poitrine et se tasse contre son siège. Je doute l'espace d'un moment. J'étais pourtant persuadé que l'apparition de cette Avery dans ma soirée était un plan machiavélique fomenté par ses soins. Après coup, je réalise que si cela avait été le cas, celle-ci lui aurait dit à la minute près où je lui ai ouvert la porte du taxi que son plan n'avait pas fonctionné et je n'aurais pas eu le droit à ce texto. Hum... Il faut que j'arrête de voir le mal partout lorsqu'il s'agit d'Angeline Carter. D'abord, je l'ai cru de connivence avec Aaron et maintenant ça...

BALLERINAOù les histoires vivent. Découvrez maintenant