Je mastiquais mon chewing-gum avec acharnement, les yeux dans le vide quand Ginny m'a tapoté l'épaule.
« Est-ce que tout va bien Jen ? Tu as l'air ailleurs depuis que tu es arrivée.»
J'ai secoué la tête pour reprendre mes esprits et ses yeux inquiets me fixaient toujours.
J'allais devoir lui dire, j'avais besoin d'aide. Ce n'était pas mon truc de demander de l'aide. Je n'avais jamais aimé ça. Je préférais qu'on me propose de l'aide et encore, parfois, même si j'en avais besoin, je refusais par politesse.
« Le propriétaire de mon immeuble veut faire des travaux... » ai-je soupiré.
« Est-ce que c'est une mauvaise chose ? » m'a gentiment questionné Ginny.
Je me suis adossée à mon siège et je l'ai regardé dans le miroir de la caravane qui nous faisait face.
« Non, j'en suis même ravie ! Ça fait des siècles que je le suppliais de réparer la porte et il ne l'a même pas fait. C'est Colin qui s'en est chargé. »
Ses sourcils se sont haussés de surprise lorsque j'ai prononcé son nom, mais elle n'a rien dit pour autant, elle m'a laissé finir.
« Alors pour une fois qu'il se propose de lui même... Il veut faire des réparations par rapport à l'escalier. C'est pas inutile, c'est vrai qu'il est vieux et qu'il grince. On dirait chew-bacca qui agonise. »
Les maquilleuses et Ginny ont doucement gloussé, ce qui m'a fait sourire par la même occasion.
« Le seul truc qui m'embête c'est que les travaux commencent demain et je n'ai pas eu le temps de me trouver un hôtel. Ou du moins le seul qui avait un prix raisonnable pour un mois est fermé pile ce mois-ci. »
« Tu vas dormir où alors ? » à demandé Ginny, les sourcils froncés.
« Et bien justement... Je me demandais si tu pouvais m'héberger quelque temps... »
Ginny s'est mordue la lèvre et j'ai très bien reconnu cette expression. C'était la même que l'employé de l'hôtel tout à l'heure.
« Je voudrais bien Jennifer mais... notre chambre d'ami est déjà occupée en ce moment. Josh accueille sa cousine. Je suis vraiment désolée. Demande à Lana, peut-être qu'elle peut. »
J'ai hoché la tête en signe de compréhension, un peu déçue. Mon issue de secours venait de tomber à l'eau. J'allais devoir prendre mon courage une nouvelle fois pour demander à Lana.
***
Je la regardais de loin et au fond de moi quelque chose me rendait jalouse. Non pas parce qu'elle parlait avec Colin à cet instant précis mais plus parce qu'elle avait ce don d'être aimé de tout le monde.
Je faisais les cents pas, je savais que je devais aller la voir pour lui parler mais je n'osais pas. C'était trop dure. Demander de l'aide était vraiment l'une des pires choses de ce monde.
J'en comptais trois : la première était de demander de l'aide, la deuxième était les conversations avec les personnes que je n'avais pas envie de voir et la troisième était d'exprimer ses sentiments à une personne.
Il m'arrivait très rarement d'avoir affaire à la troisième, la deuxième était mon quotidien avec Colin et la première faisait l'exception d'aujourd'hui.
Regarder Lana rire aux éclats avec Colin me faisait grincer des dents. Il n'y avait pourtant pas de raison à cela mais, parfois, le voir dans cet état avec d'autres personnes me renvoyait une seule et même pensée en tête.
Je suis la seule à véritablement souffrir. Mon absence ne l'affecte pas plus que ça.
J'arrivais à me convaincre que c'était faux, que c'était mes sentiments qui parlaient. Mais à d'autres moments, cette pensée m'apparaissait comme plus que logique.
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Un Flocon d'Amour
RomansaQue faut-il faire exactement ? Il n'y a pas de manuel, d'indication, d'aide ou autre pour ce problème. Pourtant nombreuses sont celles et ceux qui ont eu le même. On nous apprend comment se défendre face à un requin. On nous apprend comment désamorc...
