-5 août 2014-
La nuit tombant réellement lentement en été, les tournages se faisaient très généralement vers minuit, et bien sûr, il faisait froid. Voilà pourquoi, les doudounes noires que nous prêtaient le staff étaient tout simplement obligatoires.
« Bon... », a dit Adam en regardant un bloc de feuille de papier qu'il fixait des yeux.« On va essayer de faire vite car je pense qu'on est tous fatigués, sans oublier qu'il fait froid et que nous avons donc tous envie de retourner chez nous. Vous ne jouerez la scène que deux fois si vous me faites quelque chose de parfait dès les premières prises : une fois pour le plan rapproché et une autre fois pour le plan grue. Vous pouvez le faire ? »
Je n'ai pas osé répondre la première alors j'ai jeté un rapide coup d'oeil à Colin à côté de moi.
« Il n'y a qu'une seule manière de savoir », a-t-il répondu en enlevant sa doudoune.
Je me suis forcée à détourner les yeux de lui pour ne pas me perdre sur son torse, ainsi que pour rassurer Adam d'un mouvement de tête. Il est directement parti après ça, se réfugiant près des autres techniciens.
Comme Colin, j'ai enlevé ma doudoune et on s'est mis en place dans le silence. Je suis rentrée à l'intérieur du faux restaurant, l'abandonnant dehors sur une chaise en terrasse.
Depuis ce qu'il s'était passé à l'hôtel de San Diego, les choses n'avaient pas plus que ça changé. Enfin... Si on oubliait ses regards furtifs, ses sourires en coin et mon coeur qui décidait de trahir ma fausse attitude indifférente bien sûr.
Heureusement, personne n'avait semblé remarquer la nouvelle manière qu'il avait de me regarder ni ne m'avait posé de question. Le plus étrange était que j'avais l'impression d'être la seule à voir son comportement plein de sous-entendu et je finissais par penser que je me faisais des idées. De plus, il n'agissait pas toujours de la même manière, parfois il se comportait normalement et je n'avais pas l'impression que son regard me disait quelque chose d'autre que ses mots.
C'est ce qui me rendait folle. Nous n'avions jamais réévoquer ce qu'il s'était passé. Je n'avais aucun moyen de savoir si tout ça ne venait que de ma tête ou si tous ces prétendus signes étaient volontaires.
J'ai vu le signal que me faisait Adam depuis l'extérieur alors je suis sortie et j'ai joué mon rôle comme il était écrit sur le script. Je me suis efforcée de ne pas me recroqueviller tellement la différence de température était violente.
Nos lignes s'enchaînaient très bien et tout ce passait comme prévu. Je suis passée devant lui, il m'a retenu avec son crochet et j'ai commencé à pleurer tout en enchaînant nos répliques, exactement comme le voulais le script. Pourtant, je n'arrivais pas vraiment à être dans mon rôle. La dernière fois que nous avions joué cette scène était la dernière nuit à San Diego.
« Tu n'as rien à craindre, car s'il y a une chose que je sais faire, c'est survivre. »
Il s'est rapproché de moi, brusquement, me tirant presque des songes dans lesquels je semblais perdue depuis trop longtemps, pour finalement m'embrasser. À peine nos lèvres commençaient-elles à danser en rythme avec le mouvement de nos têtes qu'Adam a hurlé 'coupez'.
Colin et moi nous sommes éloignés instantanément, conscient qu'une vingtaine de techniciens nous fixaient, une caméra allumée et braquée sur nous. On s'est léché les lèvres en reculant d'un bon pas, horriblement mal à l'aise, pendant qu'Adam nous rejoignait en trottinant.
« Je ne me remercierais jamais de vous avoir embauché ! Vous avez été parfait. Le plus dur est passé, le deuxième plan nécessite seulement le baiser. »
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Un Flocon d'Amour
RomanceQue faut-il faire exactement ? Il n'y a pas de manuel, d'indication, d'aide ou autre pour ce problème. Pourtant nombreuses sont celles et ceux qui ont eu le même. On nous apprend comment se défendre face à un requin. On nous apprend comment désamorc...
