61. La blessure

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Le médecin est arrivé aux environs de 23h accompagné de son mari, un cardiologue. En tant qu'amis fidèles de la famille Zokou, j'ai conseillé à Nathan de leur dire toute la vérité. Si vous saviez les remontrances et la crise de folie que le docteur nous a fait, vous auriez eu pitié de nous. Ils nous ont promis de ne pas dévoiler notre cachette provisoire, même s'ils ont insisté pour que nous amenions notre jeune ami à l'hôpital. Alexandre avait déjà perdu connaissance avant leur arrivée. Heureusement qu'elle a un certain favoritisme pour moi depuis l'incident de ma mémoire, sinon elle n'aurait pas fermé son bec. Les femmes, je vous jure.

Il est 2h, Nathan leur a pris une chambre pour se reposer à l'étage inférieur. Nous sommes obligés de payer en liquide, ici. À son absence, j'ai pris la peine de nettoyer et nourrir mon petit jeune. Il est sorti d'affaire pour l'instant. Je me sens un peu mieux, maintenant. Tout à l'heure je gardais mon sang-froid, mais j'ai failli avoir une attaque quand j'ai vu qu'il avait été touché. En même temps, la voiture était criblée de balles. C'est un miracle si nous avons réussit à nous sortir de là. Je suis en total admiration pour la manière avec laquelle notre aîné à gérer cette situation de vie ou de mort. Nathan s'est comporté comme si ce n'était pas sa première fois, cela m'intrigue considérablement.

Lui et son frère ont des tendances assez... comment dirai-je... anormales ? J'ai l'impression qu'il y a quelque chez ses deux là que je ne sais pas. Denis adore les armes à feu et Nathan conduit comme un psychopathe. Peut-être que c'est bien plus que ça, il avait un sourire lubrique et les yeux hagards comme un fou. J'ai eu des frissons en le regardant manœuvré le volant.

Dieu merci que j'aime Denis !

J'aurai obéi à n'importe quel ordre de la part de son frère à ce moment-là. Lorsque j'ai discuté de mon passé avec Nathan quand j'étais plus jeune, il était étonné mais pas plus que ça. Il n'a pas eu peur ou quoi que ce soit, c'était passé comme une lettre à la poste. Je me suis dit que c'était le fait qu'il soit ouvert d'esprit. Avec Denis c'est comme si le danger l'excite. C'est un plus qu'autre chose. Ils sont très effrayants quand ils s'y mettent.

Toutes ces observations me reviennent à l'esprit. Est-ce qu'ils sont vraiment ce qu'ils paraissent être ?

J'expire toute la tension de mes muscles.

Sommes nous si différents de Moundir ?

J'ai tué cette nuit sans ressentir le moindre remord pour ces personnes. J'avais l'impression d'être redevenu B.T. Le pire c'est que cette part de moi m'a manqué. Cette décharge et cette toute puissance quand l'adrénaline te monte à la tête, m'a rendu heureux.

C'est inquiétant.

J'ai fui cette délinquance pour faire quelque chose de ma vie, et aujourd'hui tout a failli s'effondrer parce que j'ai tenu une arme dans ma main.

Je regarde mes mains et les rapprochent de mon visage. Elles ne tremblent pas. Elles sont toujours les mêmes. Assez abîmés par le temps et les cicatrices de couteaux quand j'ai appris à faire la cuisine avec ma mère. Ce souvenir m'arrache un rictus.

Se souvient-elle d'avoir eu un deuxième fils ?

Ces mains, mes mains, sont faites pour la pâtisserie, pas pour tenir une arme. Elles veulent pétrir, pas appuyer sur la gâchette. Pourtant, elles sont faites pour-

- Monsieur, m'appelle Alexandre d'une voix faible et endormi.

- Alex, répondé-je.

Il est couché sur le lit. Je suis assis sur le rebord et lui donne le dos.

- J'ai peur, dit-il avec une entraine inquiétude.

- De moi ?

Je ne serais pas étonner si c'est le cas.

Atteindre La Cible [M/M]Des histoires addictives. Découvrez maintenant