9. Le nouvel employé

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À qui pourrai-je livrer les gerbes de fleurs pour son funéraille ? Devrai-je y participer ?

Je n'arrive pas à croire qu'il est assis en face de moi, et ose m'avouer qu'il a trouvé Charlie, en plus qu'il l'a lu.

(Ndlr : Bertrand n'a pas révélé que c'est Henri qui lui a donné le journal)

- Tu es viré !

...

...

Pourquoi me fixe-t-il comme ça ? Il ne m'a pas entendu ?

— Tu es devenu sourd ?

— Non, monsieur. J'attends juste des précisions. Je suis viré en tant que majordome ou en tant qu'assistant administratif ?

— Assistant quoi ?

Il est devenu fou ma parole. Il déboule dans mon bureau comme un farfelu, me dit qu'il sait que je suis en danger et me sort un assistant quoi ?

— Bertrand. Ma patience à des limites. Je te donne deux secondes pour quitter mon bureau et une demi-heure pour faire tes valises, dis-je, énervé.

— Bien. Me donnez-vous au-moins deux minutes pour m'expliquer ? me demande-t-il, calmement.

Cet homme travaille pour moi depuis des années. Suis-je vraiment prêt à le voir partir ? Qui s'occupera de la maison ? De Henri ? De mes affaires ? De... de moi ? C'est un majordome infaillible. Un homme loyal et intègre. Il est mon seul véritable ami. Mon seul soutien psychologique. Attendez ! Qu'est-ce que je raconte ?! C'est un simple être humain, et je n'ai besoin de personne ! Qu'il s'explique et s'en aille.

Je me lève de mon fauteuil et marche jusqu'à la baie vitrée. Un paysage urbain splendide, se dresse sous mes pieds. Les passants, les automobiles, les bâtiments de café, des magasins de vêtements, et bien d'autres, ressemblaient à de simples points. Un univers sur lequel je règne, tel un prince sur ses sujets. Aujourd'hui l'un d'eux veut se rebeller ? Non. Bertrand n'ira nulle part.

— Vas-y. Sois rapide.

Il a l'air soulagé que je lui donne cette opportunité. Ce n'est pas comme si je vais changer d'avis en l'écoutant.

— Je n'ai pas lu votre journal.

Quoi ?

— Oui, je l'ai trouvé, mais je ne l'ai pas lu. Peu importe à quel point ma curiosité était à son paroxysme, je n'ai pu m'y résoudre. Je respecte votre vie privée et jamais je ne la violerait d'une telle manière. Par contre, j'ai lu les photocopies d'un carnet que j'ai trouvé à l'intérieur. J'avoue qu'au départ je ne comprenais pas grand chose. Je croyais que c'était pour le travail, mais je me suis rendu compte en lisant chaque page, qu'il s'agissait d'un «carnet d'exécution». De bout en bout, j'ai deviné que D.Z s'était vous. Vous êtes littéralement devenu une "proie" pour vos propres employés. Monsieur Zokou, j'ai une seule question pour vous : voulez-vous vraiment les affronter seul ?

Sa question me prend au dépourvu. Je me l'étais déjà posé au début. Si je devais en parler à quelqu'un ? La police ? Ma famille ? Qui ? Je ne fais confiance en personne en ce moment, même pas à moi même. Éventuellement, si je suis en danger, je met mes proches en danger, d'où ma raison d'éloigner Henri. C'est pour cela que j'ai offert cette voiture.

Je déteste l'avouer mais cette situation m'a obligé à prendre conscience de tout ce qui m'entoure. Être tout le temps aux aguets n'est pas du tout plaisant. Mes mouvements sont limités, mes déplacements sont étudiés minutieusement, je ne fais plus un pas sans regarder en arrière.

Atteindre La Cible [M/M]Des histoires addictives. Découvrez maintenant