22. Un sabotage presque réussi

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Je n'ai pas trouvé le sommeil cette nuit. Je n'ai cessé de cauchemarder sur le sort de Bertrand. J'ai appelé le docteur Touré qui m'a dit qu'il ne s'est pas réveillé. Cette nouvelle m'a bouleversé, je n'ai pas réussi à avaler un morceau hier. J'ai décidé de jeûner jusqu'à ce qu'il se réveille.

Je suis encore couché et je fixe le sommet de mon lit en baledaquin. Je n'ai pas vraiment la force de me lever. Mes rideaux ne sont pas tirés, ma chambre est complètement plongé dans le noir. Cette noirceur représente très bien mon humeur. Je n'ai pas encore avalé ma honte de la veille. Je ne sais rien sur Bertrand Félix Tabou. Rien du tout.

Mon frère m'a vraiment humilié, et pour une fois j'estime qu'il a raison. Je suis responsable des vies de chacun de mes employés, ces derniers comptent sur moi et qu'est-ce que je fais ? Je me la joue à la cool.

Crétin !

Quelqu'un frappe à ma porte.

Bertrand ?

Ah non, je suis bête. Je suis tellement habitué à lui. L'intrus frappe encore. Je ne vais pas perdre mon temps à répondre à ça. J'entend des aboiements.

- Oncle Berty, c'est moi.

C'est encore pire.

Je n'ai pas envie de parler à qui que ce soit, même pas au petit monstre. En réalité, je n'ai pas envie d'affronter les autres, maintenant. À mon retour hier soir, tout le personnel de la maison m'attendait à l'entrée. Je n'ai pas compris au début, mais Hélène m'a expliqué que Nathan leur a raconté dans quel état était leur supérieur. Ils avaient des mines tristes pour certains, coléreuses pour d'autres. Ils m'en voulaient tous.

Moi, Denis Zokou, en position de faiblesse pour la première fois. Je n'arrivais pas à soutenir leurs regards de haines. Pourquoi Nathan s'est permis de leurs dires ? C'est mon rôle, c'est ma maison. Pourquoi me complique-t-il la tâche ?

Je suis passé à travers eux sans prononcer un mot. J'avais juste envie d'être seul. Quand je suis arrivé au bas des escaliers, Nicole se tenait juste à côté. Sa présence m'horripilait. Elle me fixait en silence. Je savais qu'elle voulait dire quelque chose, sûrement une autre reproche. Je l'ai snobé et je suis monté. Pendant que je grimpais les marches, j'ai entendu sa phrase.

- Fais très attention mon fils.

Je n'ai pas voulu me retourner et j'ai continué.

Maintenant je ne sais pas quoi penser. Entre les avertissements de Nathan et de Nicole, je commence à me sentir oppressé.

Le morveux ne lâche pas l'affaire. Il tambourine à ma porte comme s'il allait la pété.

Sale con !

- Oncle Denis ? Je vais camper devant ta porte s'il le faut. Je n'irais pas au collège.

Vicieux !

- Entre.

Il entre directement, son chien aboie plus fort. Il allume la lumière. Il a l'air étonné.

- J'ai cru que ta porte était fermée à clef.

- Qu'est-ce que tu veux et éloigne "veste" de là.

- Il s'appelle "pullover". Il est 9h. Tu ne te lève jamais aussi tard, qu'est-ce qui ne va pas ? Tu n'as pas du boulot aujourd'hui ?

- Je fais la grâce matinée.

Il grimace et va vers mes rideaux. Il les tire, ensuite il éteint la lumière. Je ne fais aucun mouvement, je m'en fou de toute façon. Il caresse son animal et vient s'asseoir sur le lit. Il a des cernes sous les yeux.

Atteindre La Cible [M/M]Des histoires addictives. Découvrez maintenant