Chapitre 42

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Bonjour ! Me revoilà après une longue absence sur Wattpad (me tapez pas s'il-vous-plaît). Je vais tenter de reprendre les publications plus régulières : un le mercredi et un le weekend. Il est possible qu'il n'y ait pas de chapitre tous les mercredi si je suis trop occupée pour écrire en semaine (vous serez prévenus dans ces cas-là) mais celui du weekend sera bien posté. Si je n'arrive pas à suivre ce rythme, je changerai sans doute pour un chapitre par semaine ou tous les quinze jours. Voilà vous savez tout ! 

Petit coucou à @jaimeprsn pour son adorable message qui m'a motivée à reprendre cette histoire, et merci aux lecteurs qui me suivent depuis mes débuts et ceux qui vont continuer à me suivre !

Bonne lecture (et bonne rentrée pour ceux qui rentrent) !


Rosa souffla ses trois bougies avec l'impression de revenir en enfance. Elle se sentait même plus enfant qu'elle ne l'avait jamais été en compagnie de cet homme qui rendait légers tous ses problèmes d'adulte. Face à la mer, ils dégustèrent les fruits exotiques. Une nouvelle fois, la jeune femme goûtait ce sentiment inné de légèreté et de plaisir. Elle était bien, juste bien, et profitait de l'instant présent. A ses côtés, Aras se nourrissait de ses longs soupirs de bien-être. Sa plénitude actuelle faisait son bonheur.

Du coin de l'oeil, ils s'observaient mutuellement. Rosa sentit des émotions étranges monter en elle tandis qu'elle examinait discrètement chaque trait de l'homme. Jusqu'à maintenant, elle ne l'avait jamais regardé aussi attentivement. Ses traits étaient fins, on pouvait le voir même avec sa barbe de trois jours, remarqua-elle dans ses pensées les plus secrètes. Il avait un grain de beauté sur sa tempe gauche. Qu'est-ce qu'il était séduisant ! Une bouffée de chaleur la fit baisser les yeux. Elle n'était plus une adolescente au service de ses hormones depuis un bail ! Que lui prenait-il ? Son regard tomba sur ses grandes mains qui reposaient sur ses cuisses. Elle voulait les toucher, entrelacer ses doigts aux siens et ressentir la chaleur de sa peau. 

...

Après réflexion, peut-être pouvait-elle arrêter de lutter contre ses ressentis et ses pulsions ? Aras lui avait déjà avoué l'aimer, il n'y avait pas de raison qu'il la repousse... 

Timidement, elle effleura sa main du bout de ses doigts. Une décharge électrique remonta le long de son bras. Aras leva les yeux sur elle, d'abord surpris. Puis il lui jeta un petit sourire et il attrapa sa main. Du pouce, il lui caressait le dessus de la main. Petit à petit, elle venait vers lui pour son plus grand plaisir. Il espérait qu'elle commençait à s'accrocher à lui autant qu'il l'était à elle. Ils contemplèrent ainsi le paysage maritime dans un silence aussi léger qu'une plume jusqu'à l'arrivée à la résidence privée d'Aras.

Alors que l'homme jetait un œil à ses mails du travail, Rosa profitait du vent chaud sur la plage. Observait et savourait les vagues qui venaient lui lécher les pieds. Soudain, cela ne lui suffit plus. Elle se sentait coincée sur la plage. Elle voulait repousser ses limites, apprendre quelque chose de nouveau...

Elle se débarrassa de sa robe, dévoilant son corps en maillot de bain et surtout attirant le regard d'Aras. Il la vit entrer dans l'eau pour la première fois depuis leur arrivée. Il s'accouda à la balustrade pour mieux l'observer. Il laissa son regard glisser sur sa peau qui avait légèrement bronzé au fil des jours. Sa démarche était gracieuse, même si elle trébuchait régulièrement sur des cailloux émergés. Quelles courbes... Mais il avait perdu son objectivité à partir du moment où il était parvenu à fissurer sa muraille et qu'elle s'était dévoilée à lui, il la trouverait magnifique quoiqu'il arrive.

Toutefois, il sentit que se mettre en maillot et se baigner ne devait pas être un acte anodin pour elle. Rosa passait son temps à se cacher derrière des vêtements trop grands pouvant masquer sa silhouette ; non parce qu'elle se trouvait trop maigre mais l'inverse. Masquer ses cicatrices d'automutilation n'était pas non plus une mince affaire et l'obligeait à porter exclusivement des manches longues. S'assurer qu'elles ne remontent jamais pour ne jamais dévoiler un millimètre de peau était une tâche délicate de toute heure. 

Mais s'agissait-il réellement de contraintes qu'elle s'imposait toute seule ? Il existera toujours des personnes pour poser des questions indiscrètes, qui pointeront ses bras et demanderont "qu'est-ce que vous avez, là ?". Peut-être Rosa voulait-elle surtout éviter ce genre de réactions douloureuses ? Il espérait qu'un jour, quand la culpabilité et la honte par rapport à ses actes se seront dissipées et qu'elle n'accordera plus d'importance au regard d'inconnus, elle cessera de porter des tee-shirts à manches longues par une température de quarante degrés. Sa douleur et son passé qui l'ont entaillée au sang ne regardent personne, et les curieux n'ont rien à dire quant à sa manière de le gérer. 

Se dévoiler ainsi signifiait qu'elle pouvait enfin regarder en face ses actes et y faire abstraction pour profiter pleinement des petits bonheurs de la vie, comme se baigner sur une plage paradisiaque au lieu de s'en priver. Aras ne put s'empêcher de penser que c'était aussi une preuve de confiance envers lui. Elle n'aurait probablement pas pu se baigner sur une plage remplie de monde. 

Rosa continua d'avancer dans l'eau jusqu'à sa limite. Elle ne savait pas nager. Aras, toujours tranquillement accoudé sur le ponton, l'observa fixer l'horizon pensivement. Qu'allait-elle faire maintenant ? Brusquement, elle se tourna vers le ponton et le repéra en flagrant délit d'espionnage. Il tenta de regarder ailleurs, vaine tentative pour feindre que ce n'était pas exactement ce qu'elle croyait. Rosa mit ses mains en porte-voix et l'interpella :

-Eh, puisque tu n'as rien de mieux à faire que m'épier, viens m'apprendre à nager !

Aras ricana doucement. Il était sûr qu'elle finirait par accepter sa proposition faite quelques jours plus tôt. Ni une ni deux, il la rejoint dans l'eau. 

A son approche, Rosa détourna le regard en rougissant. Le voir torse nu l'émoustillait plus qu'elle ne l'aurait voulu. Dieu, de tous les hommes rencontrés elle n'avait jamais vu un corps aussi musclé.

-Alors ça y est, tu t'es décidée à quitter la plage ?

Elle se racla la gorge, sortant de sa contemplation au prix d'un gros effort.

-Euh...Arhum...Oui. On y va ?

L'homme hocha la tête et lui montra d'abord comment faire la planche. Peine perdue, Rosa coulait à chaque fois, sous ses éclats de rire railleurs. Ses yeux rougis par le sel la poussait à se les frotter toutes les deux secondes. Toujours rieur, Aras lui saisit le poignet pour l'en empêcher.

-Arrête de faire ça, ça va empirer. 

-Je n'aurais pas d'eau dans les yeux si j'y arrivais correctement !

-Alors fais un effort, tu n'écoutes même pas mes conseils ! Je te répète de prendre de l'air dans tes poumons pour flotter, renchérit Aras les bras croisés.

Rosa fit une petite moue vexée en croisant les bras à son tour. Elle n'avait jamais été très patiente. L'homme réfléchit un instant à un meilleur conseil pour la guider.

-Viens vers moi, je vais te guider.


EffervescenceOù les histoires vivent. Découvrez maintenant