— Ouvre les, haleta-t-on en lui caressant les cuisses.
Le dégoût lui battant le cœur, le garçon faillit exécuter la demande.
— Je ne peux pas.
L'homme ricana.
— Je sais que tu ne le peux pas.
Alors il dut le faire pour lui. Plus que de supporter le touché de son bourreau, n'émettre aucune résistance fut ce qui était le plus dur pour Soïli. Mais, en ce moment plus qu'avant, il ne pouvait se trahir. Il devait être docile, feindre l'indifférence, imaginer que c'était le corps d'un autre que l'on écartait, rien que le temps d'entrevoir une issue. Si retrouver tous les muscles de ses jambes ne suffisait pas à maîtriser son adversaire, attendre que ce dernier retombât de l'extase serait inévitable. Ainsi, il s'accrocha à la combinaison, la pressant contre lui pour qu'elle ne pût pas voir ses pieds remuer afin de refaire circuler le sang dans ses jambes et pria pour que toutes les sensations ne lui revinrent pas trop vite.
Il entendait déjà la fermeture éclaire s'abaisser. Il savait ce qui viendrait mais il n'avait jamais été aussi lucide. Jamais on ne lui avait accordé autant de temps pour s'oxygéner. On le laissait simplement reprendre son souffle, l'interrogeait et l'asphyxiait de nouveau. Alors sentir les effets de plusieurs minutes d'air frais, du luxe plus que de la survie, lui donna l'impression de s'ennivrer autant que le bourreau qui lui dévorait le cou. Cependant, alors qu'il s'abandonnait peu à peu, Soïli le sentit ralentir, comme si la confusion avait pris le dessus sur son excitation.
— Qu'est-ce que vous faites ? vibra une voix complètement naïve.
Le visage du garçon se crispa en reconnaissant le timbre du deuxième homme. Il se redressa, après avoir arranger le masque que le premier avait relevé, referma sa combinaison pas tout à fait ouverte, et fixa Soïli, la main toujours entre ses cuisses. Puis, comme s'il touchait des braises, il la retira vivement, pris de panique.
— Paul et toi, vous... quand je ne suis pas là, vous...
— Non ! s'exclama Gessner. Il...
Il rectifia sa posture, arrangeant ses cheveux et régulant sa respiration.
— Il regardait si mes jambes étaient encore engourdies. C'est tout.
L'homme resta silencieux un temps, suspicieux, alors que ses yeux semblaient parcourir le corps de Soïli.
— Alors ?
— Elles le sont toujours. Mais il me faut une autre dose, au cas où.
Même réaction. Gessner pouvait sentir avec quelle méfiance on recevait ses paroles. Si tous ses ravisseurs n'avaient en fait jamais été que dans le même corps, cela augmentait ses chances de réussite. Il ferait d'une pierre deux coups en se débarrassant d'un, et était assuré que l'autre ne viendrait pas à son secours. Le seul problème résidait dans le "ils" qu'avait prononcé ce "Paul". Peut-être qu'en franchissant la porte, il se retrouverait dans une salle remplie de Sinclair, prêts à l'exterminer ou pire, à le remettre en cellule. Cependant, le sang bouillonnant d'excitation, le cerveau en ébullition et les poumons bien dégagés, Soïli eut la sensation de pouvoir tout vaincre.
À la seconde où son ravisseur se tourna enfin pour consulter sa malette, préparant une seringue d'anesthésiant, Soïli déroula prudemment le bandage serré autour de sa cuisse ensanglantée, le fit tourner entre ses paumes jusqu'à créer un tissu parfaitement tendu et laissa son ombre se dessiner sur l'arrière du crâne de son bourreau. Lorsque ce dernier sentit la présence de l'assassin, il était déjà trop tard. Sa gorge se recroquevilla sur elle-même, ses doigts cherchèrent ceux de l'étrangleur, mais des jambes lui enlacèrent le buste pour lui empêcher de bouger les bras.
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Hédonisme
AcciónÉcosse 1950 : Alors que l'économie du pays chute drastiquement pour plonger la population dans la misère, un nouveau système illégal se met en place. Né de la rage des banlieusards et des anciens combattants envers l'État dépendant de l'Angleterre...
