« Jour 185 - Experience cauchemardesque.
Je me sens coincé. Ça y est, le froid est revenu, mais plus violent encore que lorsqu'on était en avril.
Lorsque le soleil est au zénith, c'est le moment le plus chaud de la journée, mais il fait quand même froid. J'ai essayé de sortir mais chaque pas que je fais à l'extérieur me rappelle pourquoi je reste cloisonné dans ma cabane. Il fait juste tellement froid. Mais aujourd'hui j'ai eu une merveilleuse et aussi super stupide idée. Je me suis dis que, pour aimer le froid, je devais en avoir besoin. Donc j'ai mis mon manteau et tout ce qui va avec (j'énumère même pas tout pour gagner de la place parce que je sais que ma "péripétie" va remplir la page entière), j'ai chauffé le poêle à fond et je me suis forcé à rester dans une chaleur horrible pendant plusieurs minutes. Je sais pas exactement combien puisqu'on n'a pas de montre ici. Mais une chose est sûre, c'est que je suis resté assez longtemps pour avoir le tourni. En vrai c'est surtout parce que j'ai développé un petit traumatisme qui fait que j'appréhende beaucoup les fois où je dois sortir, au point de les repousser pendant plusieurs jours. Sauf que là, je pouvais pas me préparer mentalement plus d'une demie heure, à moins de mourir littéralement de chaud. Bref, je suis vite sorti de la cabane et là c'était le paradis. La fraîcheur, non, froideur du vent était la meilleure chose du monde. Ma première bouffée d'air ressemblait à une renaissance. Le ciel était tellement beau : bleu polaire, pale, partout. Juste wow. C'était comme me libérer de l'enfer (alias la chaleur à l'intérieur). Mais petit à petit, c'était de plus en plus désagréable de respirer : comme une brûlure directement dans mes poumons. J'avais la sensation que des ongles m'écorchaient à l'intérieur à chaque fois que j'inspirais et ça me picotait un peu partout au niveau des joues et du nez. J'aurai dû remarquer que quelque chose clochait à ce moment là mais je me suis dis que c'était pas si grave. Donc j'ai avancé un peu. Je voulais m'éloigner de la cabane (ma prison) sans réaliser, comme un imbécile, que ma transpiration commençait carrément à geler sur moi. Je sentais bien que mes cils et mes quelques cheveux étaient figés mais c'est seulement quand je me suis rendu compte que mes vêtements aussi avaient durcis que j'ai senti le premier frisson. Mes doigts ne répondaient plus donc je me suis retourné pour rentrer. La cabane n'était qu'à dix ou quinze mètres mais bordel ça paraît hyper loin quand ton corps est durci par le gel. Marcher sur mes orteilles, c'était une sensation... je sais pas comment expliquer, très bizarre. C'était comme avancer sur des pieds qui étaient pas à moi. Je sentais rien ! À un moment, j'ai entendu un "crack" au niveau de ma botte droite et je me suis dis "ça y est... j'ai perdu mes orteilles" (en fait non, c'était juste ma chaussette qui craquait comme un glaçon). Heureusement que j'ai pas trop paniqué (petit mensonge) lorsque j'ai vu que j'avançais aussi vite qu'un vieux en déambulatoire. Il me reste pas beaucoup de place donc je vais finir l'histoire comme ça : retour à la cabane, effet chaud/froid désagréable, tousse, peau me brûle, engelures aux extrémités.
Soïli. »
« Jour 186- Je crois que j'ai un nouveau traumatisme.
Je me suis réveillé avec un mal de crâne atroce (fièvre), je tousse beaucoup et j'ai du feu dans la gorge. J'ai la peau soit rouge, soit en cloque et j'ai beaucoup de difficultés à écrire (depuis hier à vrai dire mais j'avais pas la place de le préciser). C'est vraiment bizarre. Je suis tellement fatigué que je pourrai en crever je crois. C'est comme si juste garder mes yeux ouverts était un effort. Je sais pas tellement comment me soigner alors je bois de l'eau chaude et j'ai mis des trucs gras sur mes cloques que j'ai trouvé dans le kit de premiers soins. Voilà en gros pour les dégâts corporels. Mentalement parlant, je me sens très très mal (pour pas trop m'étaler). Je déteste le froid. Pour de bon je crois. C'est un monstre invisible et possessif qui te drague et te baise. Possessif parce que dès que tu retournes à la chaleur après l'avoir envoyé balader, la chaleur te brûle pire encore que lorsque le froid te bouffait. Là la chaleur me caresse et je l'adore mais savoir que tout autour de moi se trouve cet enfoiré diabolique, ça m'angoisse. La nuit ('fin cette nuit), je me réveille souvent pour vérifier que le poêle est bien allumé et j'ai passé la Journée à guetter l'horizon pour voir si une avalanche n'allait pas me tomber dessus ou si une tempête ne viendrait pas arracher mon toit. Je sais que c'est pas si possible que ça mais ça m'inquiète quand même. Et puis c'est seulement maintenant que je me retrouve à court de bois. Enfin je dois encore en avoir pour cinq jours mais pas plus. Jusque là, il y en avait tellement (une pièce entière). Je l'avais remplie pendant l'été, quand il faisait assez chaud pour se tuer à la tâche dehors sans risquer de mourir geler. (il y a trois espaces dans la cabane : la chambre avec le bureau, le lit et la barre ; un placard avec des conserves à gogo, une corde, un kit et d'autres babioles genre hache, échelle, boite à outil ; la salle de bain où il y a la baignoire, le poêle quand je le laisse pas dans la chambre, et plein de morceaux de bois (y'en a plus beaucoup maintenant.) Tout ça pour dire que, dans tout mon traumatisme, il va falloir que je sorte couper du bois. Il y a une forêt à quelques mètres (la cabane est dans une petite plaine) mais j'y suis jamais allé depuis la fin de "l'été". Et penser à m'habiller et affronter le froid encore une fois me fait un peu flipper. Sauf qu'il y a quelque chose d'assez excitant dans ma peur de l'extérieur. C'est comme si je vivais l'exil dans toute son hostilité. J'ai autrechose à combattre que mon ennui. C'est comme trouver un nouveau but à ma vie : survivre. C'est assez familier.
Soïli. »
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Hédonisme
ActionÉcosse 1950 : Alors que l'économie du pays chute drastiquement pour plonger la population dans la misère, un nouveau système illégal se met en place. Né de la rage des banlieusards et des anciens combattants envers l'État dépendant de l'Angleterre...
