Chapitre 8 (CORRIGÉ)

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Astoria suivait le médecin dans un dédale de couloirs, quand celui-ci s'arrêta et toqua à une porte qui s'ouvrit sur le champ. Spencer se tenait là, la tête enfarinée et les cheveux en pétard comme si elle avait dormi et qu'elle venait de sortir du lit, ce qui n'était pas vraiment improbable.

— Tu pourrais prêter ta salle de bain et des vêtements à la demoiselle ?

Elle regarda son amie, eut un sursaut de lucidité, ou d'éveil, et lui sauta au cou :

— Bon retour parmi les vivants !!! J'ai cru que tu ne reviendrais jamais !!! s'écria-t-elle soulagée.

— Ce n'est pas comme si j'étais presque morte, rigola Tori.

Au fond, elle savait qu'elle ne tiendrait pas une journée complète debout, mais elle ne se sentait pas si mal. Pour l'instant, elle n'était ni fatiguée ni courbatue, c'était juste comme si elle se réveillait d'une longue nuit réparatrice.

Pourtant son amie la regarda avec un drôle d'air qui l'effraya un peu, mais elle ne voulut pas le laisser paraître. Elle s'engouffra dans la pièce qui collait si bien avec la personnalité de Spencer, c'est-à-dire un désordre dans lequel il y avait un peu d'ordre... la définition même d'un bazar organisé !

La propriétaire des lieux finit par claquer la porte au nez du visiteur qui avait eu le malheur de faire une blague pas vraiment au goût de celle-ci. Il restait toujours à savoir qui avait eu le plus mal entre la porte et le nez... Elle farfouilla quelques minutes dans son armoire pour, au final, sortir une paire de leggings noirs et un T-shirt vert pomme immense avec écrit « aujourd'hui on ne me cherche pas, je dors ». Elle fourra ça dans les bras de la squatteuse et la poussa sans ménagement vers la salle d'eau en attrapant deux grandes serviettes au passage.

Astoria fut éberluée par sa taille... elle était aussi vaste que la chambre ! Et il y avait un Jacuzzi. C'était la meilleure nouvelle de la journée. Elle rêvait de se baigner depuis des jours, sans compter ceux où elle était dans le coma. Une fois ses affaires de rechange posées, elle se fit couler un bain, veillant à ce que la température reste bonne. Il n'y avait rien de mieux pour se relaxer ; elle soupira d'ailleurs d'aise lorsqu'elle se glissa dedans. Tori remua ses orteils pour créer des vaguelettes, comme l'aurait fait un petit enfant. Ses pieds avaient l'air minuscules quand elle les mettait à la verticale, et très larges. Avec un sourire, elle s'immergea complètement, voulant écouter le silence. Mais son souhait ne fut pas exaucé, à peine quelques minutes plus tard elle entendait des pas se diriger vers elle. À regret, elle sortit la tête de l'eau et regarda l'intruse, curieuse de savoir qu'elle désirait :

— Faut que tu te grouilles, il y a quelqu'un qui te demande et il n'aime pas trop attendre, s'excusa celle-ci.

— Grmmf... grommela la baigneuse.

Elle ne pouvait même pas profiter d'un bain quand elle venait de se réveiller, tout ça pour voir un impatient qu'elle ne connaissait pas. Elle accéléra le mouvement en grognant et revint quinze minutes après dans la chambre, propre, habillée et les cheveux plus ou moins secs. Elle suivit son amie dans une nouvelle suite de couloirs, tournants et portes, le supplice s'arrêta devant un battant pas vraiment différent des autres. Astoria se demandait comment les gens faisaient pour s'y retrouver ici, c'était immense.

Elle fonça dans sa guide, regardant autour d'elle, perdue dans ses pensées, elle ne s'était pas rendu compte qu'elle avait cessé d'avancer. Elle ne comprenait pas grand-chose de ce qu'il se passait, si elle se sentait très bien, ses nerfs étaient tout de même à fleur de peau et des milliers de questions lui trottaient dans la tête. Une moindre réflexion désagréable la mettrait en rogne, ça, c'était sûr ! Elle se connaissait, dans ce genre de situation il valait mieux éviter de trop lui parler.

Le Sceau (tome 1 et 2)Des histoires addictives. Découvrez maintenant