Des minutes passent jusqu'à ce que Sidonia finisse par s'évanouir à cause de ses douleurs. Quant à moi, malgré les vagues de souffrances que je ressens à certains moments, j'arrive tout de même à tenir le coup. La sensation devient par moment insupportable, mais je tente de rester consciente. C'est comme si chaque veine de mon corps allait exploser à un moment ou à un autre. Je ne peux décrire ce que la substance me fait sentir à cet instant présent. Mes veines semblent se glacer, ma tête est prise d'une migraine désagréable, chaque membre de mon corps tremble, comme si j'allais m'effondrer à tout moment. Et mon coeur se serre à chaque battement. Je n'aime pas ces sensations.
Quant à la rousse, je ne peux savoir comment elle se sent, étant donné qu'elle s'est évanouie de douleur, mais je peux bien penser qu'elle ressentait la même chose que moi. Peut-être même pire, son corps semblant plus fragile que le mien. Nirowa est allée vers Sidonia et s'est mise à la porter, réussissant à la maintenir sur son dos, tenant ses jambes avec ses mains, tandis que celles de son amie pendent de chaque côté des épaules de la jeune fille. Nirowa me jette un regard avant de me demander :
- Tu vas bien, toi ?
- C'est peu supportable mais pas le choix. Partons d'ici.
Elle hoche la tête, puis nous sortons de cette salle remplie d'objets pour mener toute sorte d'expérience. Le terrain est plongé dans le noir, mais, étant donné que nous connaissons la salle par coeur, l'obscurité ne nous dérange pas pour traverser afin d'arriver à l'entrée du QG. Nous en sortons, nous faisant frapper par le vent froid de la nuit. Cela me réveille un peu plus, atténuant très légèrement mes diverses douleurs. Je me tourne vers Nirowa.
- Tu sais où elle habite ? Demandé-je.
- Oui, mais je pense que je devrais l'emmener avec moi, on n'est jamais trop prudent, qui sait ce qu'il pourrait arriver sans quelqu'un à ses côtés.
J'hoche simplement la tête en guise de réponse. Ne sachant quoi dire d'autre, j'agite légèrement ma main pour lui dire au revoir, avant de me retourner pour rentrer à la maison. J'enfouis mon visage dans l'écharpe, tentant de m'échapper légèrement à la fraicheur que mes joues reçoivent depuis tout à l'heure. Peu de monde se trouve autour de moi. Je continue ma marche sans me préoccuper du reste, voulant juste me reposer, suite à ma migraine qui me fatigue énormément. Quelques sueurs froides se forment même autour de mon visage. Mais je fais comme si de rien n'était et continue mon trajet.
Le clair de lune m'éclaire le chemin, encore plus que les lampadaires qui ornent les rues de la ville. Je vois du coin de l'oeil mon ombre, me suivant à la trace, la lune, ainsi que les lumières artificielles étant responsables de sa présence. Ma marche ne s'arrête pas, sachant très bien que j'atteins bientôt ma résidence. Les battements de mon coeur vont vites, comme si j'étais sur le point de m'évanouir ou de vomir, je ne me sens pas au top de ma forme, mais je continue malgré tout.
J'aperçois au loin chez moi, et en même temps, le ciel semble s'assombrit, cachant la lune qui éclairait une partie de mon ombre. Je me sens épuisée, mais mes pieds ne me répondent plus, marchant automatiquement, sans suivre les ordres de mon cerveau. Je me sens essoufflée, je veux m'arrêter, je veux dormir, me coucher.
Mon pied rate son mouvement, frottant le bitume. Je n'ai pas la force d'avoir le réflexe de me rattraper avec mon second pied. Mon corps pivote légèrement sur le côté et s'écrase contre le sol, ma tête suivant peu après, sonnant quelques instants après. Ma vision se dédouble, je respire plus fortement, ayant l'impression que quelque chose bloque mes poumons. Je reste ainsi pendant un temps qui me semble infini. Je pourrais même m'endormir ici, tellement je suis fatiguée. Je sens mon esprit divaguer. Je vais finir par perdre connaissance.
Je finis par ordonner mes mains de se plaquer contre le sol, afin de m'aider à me relever. Je bouge lentement mon corps pour qu'il soit ventre à terre. Mes bras me pousse, me relevant légèrement, mais mes muscles souffrent en échange. Une goutte de sueur se promène le long de mon visage jusqu'à s'écraser sur le dos de ma main gauche. Pourquoi suis-je autant à bout ? Cette substance m'a autant affaiblie que ça ? Après un second effort, je pousse mes jambes et arrive à me relever avec beaucoup de difficultés.
Je finis par me remettre à marcher. Je jette un coup d'oeil à la maison. Elle me semble si loin, je vais arriver à l'atteindre ? Mes pas sont plus lents que tout à l'heure. Malgré que je marche, je n'ai pas l'impression de m'être rapprochée de chez moi. Cependant, je n'arrive pas à m'énerver, n'ayant même plus la force de ressentir des émotions. Je continue juste de marcher, même si cela me semble interminable.
La lune éclaire de nouveau de plus belle, m'éblouissant par la même occasion. Mes pas deviennent encore plus lents. Je n'ai plus de force. Je m'effondre de nouveau, mais cette fois-ci, sans conviction de me relever, sentant juste mes esprits s'en aller petit à petit. Mes yeux se dirigent vers le sol sur lequel je suis étendue.
Mes forces me lâchent petit à petit. La sensation semble la même que quand je meurs. Je vais mourir alors ? Ma migraine semble s'atténuer, mes veines semblent toujours se glacer, mais je ne les sens presque plus. Je ne ressens quasiment plus rien. Ma vision devient flou, la lumière des lampadaires devenant des petits cercles d'aura. Mon coeur lui, bat toujours aussi vite.
- Lyra ?
J'entends une voix loin devant moi. Cependant, je n'arrive pas à décerner la personne à qui elle appartient. La personne ne reparle pas, à la place, j'entends des pas lointain mais qui semble tout de même devenir un peu plus proche. Elle s'approche de moi.
Avant que mes paupières tombent, je tente néanmoins de lever mes yeux plus haut afin d'essayer de voir qui est la personne qui semble me connaître. Mais ma vision n'est pas de mon avis, restant flou. Je peux seulement apercevoir une forme s'approcher, des cheveux blonds semblant voltiger à chaque pas qu'elle fait.
Om..esant ?
Je n'arrive pas à parler, ma bouche semblant pâteuse, trop engourdie pour s'ouvrir. Je peux seulement la regarder se diriger vers moi, sans distinguer précisément ses traits. Sa veste bleue semble virevolter aussi pendant sa course. Elle s'approche de moi et se baisse aussitôt presque à ma hauteur.
- Lyra ? Que s'est-il passé ?
Je n'arrive pas à parler, et elle semble le remarquer.
- Je te ramène à la maison.
N'arrivant pas à bouger, elle me fait légèrement pivoter afin d'avoir une prise sur mon corps pour me porter. Elle soulève en premier temps le haut de mon corps qu'elle maintient avec son bras droit, puis attrape l'arrière de mes genoux avec son second bras. Elle me soulève sans difficulté. Mes paupières se ferment doucement, me sentant en sécurité dans ses bras.
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[REECRITURE] Ame de Sang
FantasyVotre âme définit votre place dans ce monde. Les âmes grises, aussi appelées les Humains Purs, règnent sur la surface. Les âmes de couleur, également appelées les Humains Impurs, sont des objets scientifiques. Mais Lyra refuse ce destin, découvrant...
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