Chapitre 4

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Je refais le tour de l'institut pour atterrir devant l'entrée de ce dernier. Je souffle d'agacement. Je ne peux même pas profiter de ce seul moment auquel j'apprécie le plus ! Si jamais j'entends quelqu'un me casser les pieds, j'irai bien lui régler son compte, avec ou sans pouvoir.

Je secoue la tête, évitant de trop m'énerver pour quelque chose d'aussi peu important. Même si ça me tient, d'un certain sens, à cur, je ne dois pas être irritée pour ça. Je plisse un peu les yeux, sans vraiment avoir une raison particulière pour faire ceci. Je regarde devant moi. Partir d'ici devient vraiment quelque chose d'important à faire dans l'immédiat. Je dois absolument y remédier. Un bon sommeil m'aidera à mieux réfléchir, je pense.

Je ne perds pas plus de temps et rentre dans l'établissement d'un pas déterminé. Oui, dormir me fera sûrement du bien. Je traverse assez rapidement le couloir du rez-de-chaussée avant d'entamer les escaliers pour arriver au premier étage. Je fais un demi-tour pour prendre les escaliers qui mènent au deuxième étage, là où se trouve ma chambre à coucher. Je finis enfin ces escaliers interminables et poursuis donc mon chemin dans le couloir se trouvant à ma droite. Toujours personne et toujours aussi blanc, on apprécie, n'est-ce-pas ? J'abandonne l'idée d'observer les alentours comme je le fais à chaque fois et continue à grands pas mon trajet pour arriver devant ma chambre.

J'aperçois enfin celle-ci non loin de moi. Personne ne viendra m'observer ici. Juste la tranquillité. Un fin sourire se dessine sur mes lèvres, juste avoir la paix, c'est tout ce dont je veux à ce moment précis. J'arrive au seuil de ma porte et l'ouvre à la seconde qui suit, ne pouvant plus rester à l'extérieur de ma chambre. Je referme le battant et me colle contre ce dernier, glissant tout le long de sa longueur jusqu'à atterrir au sol, genoux devant mon visage. Je lève légèrement la tête, regardant dans le vide, puis ferme mes yeux. Je souffle. J'ai l'impression qu'une légère pression vient de disparaître de moi, c'est assez étrange. Pourquoi n'ai-je pas remarqué plus tôt que je ressentais ce sorte de malaise en moi ? C'est assez bizarre.

Je reste longtemps au sol, toujours dans la même position que quand je suis rentrée dans ma chambre. Je ne pense à rien, je ne regarde aucun point fixe. Je ne suis plus de ce monde, intérieurement. Je suis quelque part, dans un vide infini, ne pensant à rien. Juste le temps de me reposer mentalement. Je regarde à travers la fenêtre et remarque que le ciel s'assombrit encore plus. Depuis plusieurs jours, le temps est le même. Pluie, nuageux, très peu de beau temps. Pas que ça me dérange au contraire. Cette vision me va très bien comme ça.

Une certaine fatigue que j'ai depuis tout à l'heure me revient petit à petit dans mon esprit, me rendant soudainement fatiguée, ayant besoin d'une petite pause dans ce monde et de rejoindre le pays des rêves. Je me lève donc, ayant un peu marre de cette position qui me fait mal au postérieur et pars me poser dans mon lit. Je me couche assez rapidement dessus, sans pour autant me couvrir de mes couvertures, la chaleur étant trop présente dans mon corps. Je ferme délicatement les yeux, me laissant emporter loin de ce monde pour rêver de choses insignifiantes mais qui répareront ma fatigue.

Je suis sur quelque chose de dure, je le sens. Mais, je suis censée être dans mon lit, n'est-ce-pas ? Un léger courant d'air effleure ma peau, sentant cette dernière avoir quelques frissons suite au vent. Je respire et sens que l'odeur a changé. Je ne suis pas dans ma chambre. J'ouvre les yeux et remarque qu'il fait sombre. Je me redresse légèrement, observant donc que, comme je l'ai constatée il y a un instant, je ne suis pas dans ma chambre, mais dans un endroit qui m'est totalement inconnu. Fronçant les sourcils, j'inspecte donc où je me trouve, ne connaissant pas du tout où est-ce que je suis. Je tourne sur moi-même, observant les alentours, mais rien ne m'est familier.

Du peu que je peux constater, je remarque que je suis dehors, dans les bois, en pleine nuit. Je suis entourée d'innombrables d'arbres tout aussi énorme que sombre. Le sol est jonché d'herbes et de buissons se trouvant à mes pieds. Ce dernier étant frais et humide, prouvant qu'il fait assez froid. La lune m'éclaire de là où elle se trouve, me montrant aussi que du brouillard est présent dans les bois. La température ne doit pas dépasser les cinq degrés, il fait assez froid. Je n'ai qu'une seule envie, partir pour dormir.

M'a-t-on kidnappé ? Je ne pense pas, on ne m'aurait pas jetée dans la nature dans ce cas là, ce serait complètement idiot. Je me fige. Les scientifiques m'ont-ils retrouvés ? Sont-ils actuellement en train de me tester ? Ou est-ce que je rêve tout simplement ? Je relâche mes membres, c'est sûrement un rêve, je me suis endormie sur mon lit il y a peu. Mais malgré le fait que je sois dans un monde inventé par mon cerveau, je me sens tout de même observée, mais pas comme ce regard que je sentais quand j'étais dehors plus tôt dans la journée. De plus, j'ai mes cinq sens, ce qui n'est pas le cas normalement dans un rêve.

Je me retourne sur moi-même, cherchant une quelconque ombre ou autres, mais rien. Il n'y a personne, et pourtant je me sens bel et bien observée. C'est juste mon imagination tout ça, mais ça m'énerve quand même.

Une idée me vient. Je suis dans un rêve, non ? Alors mes pouvoirs pourraient peut-être fonctionner ? Ayant comme objectif de faire apparaître un couteau de couleur rouge luisant, je ferme les yeux, me concentrant à ma tâche. Cela fait bien longtemps que je ne les ai pas réutilisés, il y a de fortes chances que je n'y arrive pas tout court, ou qu'ils ne fonctionnent pas du tout, même en étant dans un rêve. Je baisse un peu la tête, m'imaginant la chose que je veux faire apparaître et puis lève ma main devant moi, la paume dirigée vers le ciel sombre accompagné de nuages. J'ouvre ensuite les yeux, mais les plissant tout de même. Soudain, une couleur rouge transparente apparaît petit à petit au dessus de ma main. La couleur forme par la suite la forme d'une arme pointue, jusqu'à ce que la couleur devienne opaque. je peux donc utiliser mes pouvoirs ici. Si j'avais su plus tôt, j'aurais essayé de faire de nombreux rêves lucides pour m'entraîner à combattre avec mes pouvoirs.

Je fais disparaître le couteau par la suite et me retourne de nouveau vers le vide. Je sens encore le regard de la personne sur moi, je suis sûre et certaine que je suis observée, mais plus pour longtemps. Même si c'est le fruit de mon imagination, cela ne veut pas dire que je ne peux pas tuer les gens que mon cerveau invente. Un fin sourire se dessine sur mes lèvres, je vais enfin pouvoir me divertir un peu. Je me mets bien droite, puis, mettant ma main droite légèrement derrière moi, pour faire apparaître un couteau rouge, je dis doucement dans le vide mais à ce qu'il m'entende :

- Si je serais toi, je me montrerais. A moins que tu ne tiennes pas à ta vie. Je peux te tuer à tout moment alors je te conseille de ne pas jouer à cache-cache.

Après quelques secondes de silence, j'entends un soupire. Ce dernier se situe derrière moi, mais pas très proche. Sans perdre une seconde de plus, je me retourne et fonce vers l'origine de la voix. Le couteau étant apparu dans ma main, je pris de l'élan et saute par dessus les buissons, de sorte à lui sauter dessus. je vois la silhouette devant moi, cette dernière qui s'était cachée dans les plantes. Elle fuit à mon attaque et part se cacher derrière un arbre. Je compte lui avertir de ne pas jouer à ça quand elle prend la parole :

- Tu as vraiment changé Lyra. Avant tu étais moins agressive et plus affectueuse, haha...

Je me fige sur place. Cette voix me semble si familière, mais je ne trouve aucun souvenir de la personne à qui appartient cette voix. Je reste droite et impassible, qui est-elle ?

- Comment connais-tu mon nom ? On se connaît ?

- Tu ne me reconnaît pas ? Cela fait si longtemps que tu en as perdu la mémoire ?

Je lui cris de me répondre et de me dire qui elle est. Cette dernière soupire et un léger rire sort de sa bouche. Elle se retourne, se mettant face à moi et s'avance doucement vers ma direction, les rayons de la lune qui l'éclaire. Mes yeux s'ouvrent en grand, mon corps se tend, ma gorge se noue et mon coeur se met à battre à la chamade. Je suis paralysée. Non par la peur, mais par surprise. Je ne m'attendais vraiment pas à ça, à la revoir. C'est comme si elle est revenue réparer l'âme qu'elle a abandonnée et brisée en morceaux. Je vois de là où je me trouve un sourire qui se dessine sur son visage, accompagné d'un regard qui se vaut triste de voir son amie d'enfance. Elle n'a vraiment pas changée. Au fond de moi, un sentiment que je n'ai pas ressenti depuis des années refait surface, mais une trop grande haine s'est installée dans mon âme, étant la personne devant moi qui en est l'origine. Cette dernière me fixe dans les yeux, essayant sans doute de trouver la moindre joie de sa revenue. Elle prit par la suite la parole :

- C'est moi, Séléna, ta meilleure amie, tu ne te souviens pas ?

[REECRITURE] Ame de SangOù les histoires vivent. Découvrez maintenant