Chapitre 30

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Je me réveille en sursaut, de la sueur froide coule le long de mon dos. Des frissons me parcourent l'échine, encore à moitié réveillée. Le froid me donne une claque sur ma peau. Tremblante, je respire longtemps, calmement, essayant de reprendre un rythme régulier. Une fois calmée, je regarde à travers la fenêtre, il fait encore nuit. Encore un rêve stupide, qu'est-ce que ça peut m'agacer. je grogne, frustrée de m'être réveillée en pleine nuit. Néanmoins, la douleur de l'os me semblait si réel, comme dans mon précédent rêve. Non. Ce n'est qu'un rêve, ressaisis-toi. Je regarde l'horloge murale, indiquant une heure trop tôtive pour se lever. Je soupire, comme toujours. Je me replace bien confortablement dans le lit, essayant de retrouver le sommeil malgré ce fichu cauchemar. Alors que je pense que je ne pourrais pas me rendormir, le sommeil me vient enfin, le laissant m'emporter.

Du bruit retentit contre la porte d'entrée. Je descends les marches, déjà prête. Je récupère mon sac à dos, quelques feuilles y traînant ainsi que quelques stylos. J'ouvre le battant et c'est sans surprise que je vois Séléna devant moi, au seuil de ma porte. On ne perd pas plus de temps, je sors de chez moi, ayant bien vérifié d'avoir tout éteint, puis ferme la porte à clé avant de suivre ma soeur dans la rue. Direction l'école. Je jette un coup d'oeil au ciel. Ce dernier est sombre, la nuit étant encore présente, néanmoins, aucun nuage n'y apparait, aucun intempérie n'étant annoncé. Puis, je jette ensuite un coup d'oeil à mon ancienne amie d'enfance. Ses cheveux blonds s'envolant légèrement suite à une légère brise matinale. Elle semble encore un peu endormie, m'étonnant, car Séléna est du genre à être très énergétique, même tôt le matin, d'habitude. L'habitude était il y a plus de dix ans, peut-être que ça la crève maintenant d'aller en cours le matin, idiote. Je secoue la tête, pourquoi je m'en préoccupe ? Je m'en fiche.

Après cinq minutes de marche, on arrive à l'arrêt de bus. L'école se trouvant à une quinzaine minutes de bus d'ici. Génial, je vais devoir me coltiner des humains qui vont me coller, me pousser, me compresser. Rien que d'y penser, ça m'énerve, ma mâchoire se serrant suite à mes pensées. Séléna me regarde, voyant ma mine pas très joyeuse, elle devine assez rapidement la cause de mon agacement. Elle me sourit et me tapote le dos, comme le ferait un maître pour son animal de compagnie, ce qui ne me plait pas des masses.

- Ne t'inquiète pas Lyra, je vais faire ce que je peux pour ne pas que tu sois compressée contre les gens. Dit-elle.

- Si tu pouvais arrêter de me tapoter comme un animal, je me sentirais un peu mieux déjà.

Elle retire immédiatement sa main, et s'excuse en baissant la tête. Je l'ai froissée, mais qu'importe, je ne vais pas m'amuser à cacher mon désagrément. Je soupire, sentant un malaise s'installer, rendant la situation vraiment agaçante. Je regarde les voitures passer pour passer le temps, jusqu'à ce que Séléna me dise que le bus arrive. On rentre dedans, ce dernier n'étant pas trop bondé pour le moment. Ma soeur me désigne une place libre, me laissant m'asseoir, elle, se positionnant à côté de moi, restant debout, comme un garde du corps. Cette pensée me fait rire intérieurement, c'est pas comme si elle pouvait me protéger de quoi que ce soit.

Pendant le trajet, le bus se remplit à chaque arrêt passé, me mettant dans une mauvaise posture, même si je suis assise. Je regarde par la fenêtre, voulant partir de ce transport en commun le plus vite possible. Puis, je jette un regard à ma jumelle. Séléna, quant à elle, semble habituée par ce monde. Elle essaye de faire un léger espace entre le monde et moi. Elle fait vraiment ce qu'elle peut pour que je sois à mon aise. C'est... Gentil de sa part ?

Son âme représente la Gentillesse.

Normal qu'elle fait tout par gentillesse, je la plains. Je détourne mon regard, me concentrant de nouveau sur le paysage qui défile devant mes yeux. C'est alors qu'on s'arrête une énième fois à un arrêt, des personnes sortant du bus et d'autres rentrant. Les gens se tassent un peu entre eux. Un adolescent, de notre âge, pousse Séléna, cette dernière essayant de maintenir cette barrière invisible entre la population et moi. Mais l'homme ne semble pas ravi par ceci, la poussant d'avantage. Elle ne cède pas, puis le garçon lui cri :

- Tu vas te pousser ! Il y a encore de la place !

- Elle ne supporte pas les gens. Dit-elle, me regardant, la voix tremblante.

Je regarde la scène se dérouler devant mes yeux. L'ado me regarde, me lançant un regard mauvais.

- Si elle n'est pas contente, elle n'a qu'à pas venir nous emmerder à prendre le bus !

N'aimant pas sa manière de parler à Séléna, je me lève, m'énervant par la même occasion. Les gens se reculent vivement, se sentant en danger en restant à proximité de moi. Malgré les rivages que prend le bus, je m'avance vers le mec, et le tiens fermement par le col de son pull, approchant son visage du mien. Je le regarde, en fronçant les sourcils, pas du tout d'humeur. Ce dernier, surpris par ma soudaine réaction, essaye cependant de maintenir mon regard.

- Ca te pose un problème ? Parle mieux gamin ou c'est moi qui va te faire descendre d'ici, dis-je, la colère montant très vite en moi.

Mon autre main, étant libre, commence à émaner une petite chaleur, signe que je crée un couteau. Séléna semble l'apercevoir et me fonce dessus, attrapant ma main dans les siennes. Puis, elle appuie sur un bouton permettant d'arrêter le bus au prochain arrêt, ce dernier n'étant qu'à quelques mètres de nous.

- Désolée, elle n'est pas habituée à la population. Dit-elle soudainement au garçon, la tête baissée.

Le bus commence à ralentir, signe qu'on arrive à l'arrêt.

- Je veux qu'elle s'excuse. Répond-t-il, un sourire mauvais sur ses lèvres.

- Tu peux te les mettre là où je pense tes excuses. Rétorquai-je.

Le bus s'arrête, les portes de derrière s'ouvrent, ma soeur me pousse pour que je sorte du véhicule avec elle. Je commence à la suivre quand j'entends l'homme de notre âge dire :

- Les gamines dans leur genre devraient se faire interner.

Je me retourne vivement, le poing déjà fermé et le frappe en plein visage, sans pitié. Ce dernier se fait propulser par ma force, tombant au sol suite à l'impact. Je suis sur le point de lui foncer dessus pour lui assener des coups, mais Séléna me retient, m'envoyant hors du bus, avec elle. Le bus s'en va à la hâte, elle soupire un grand coup.

- Génial comme rentrée. Dit-elle, essayant d'apaiser la tension créée par cet abruti fini.

- Pourquoi tu ne m'as pas laissé lui régler son compte ?

Je suis dos à elle, mais mon visage est tordu par la colère, ce mec mérite une bonne correction. Elle prend mon bras pour me tourner vers elle. Je suis surprise en la voyant, les yeux remplis de colère.

- Non, mais Lyra ! On est à l'extérieur ! Ici, on doit être discret ! Ne pas attirer l'attention ! Pourquoi tu en fais toujours à ta tête ?

- Mais ce mec ! Il...

Je ne finis pas ma phrase, trop énervée. Pourquoi elle ne comprend pas ! Ces humains sont si désagréables, pourquoi j'ai accepté de faire ça !

- Et puis merde.

Ne pouvant pas me soulager en frappant ce que je vois, je ne peux que dire une injure. Les passants me regardent bizarrement, mais je n'en ai vraiment rien à faire. J'entends Séléna souffler.

- Essaye juste de garder ton calme, s'il te plait.

Mes yeux se tournent vers elle.

- Si je ne croise que des abrutis comme lui, ça va être vraiment, mais vraiment compliqué.

Elle sourit face à ma réponse. La tension semble s'apaiser un peu. Elle me fait signe de marcher. D'après elle, on ne devait pas descendre tout de suite, mais que l'école n'est pas si loin désormais, à peine dix minutes. C'est donc dans le silence qu'on arrive dans un endroit immense, plusieurs bâtiments gigantesques ornant l'espace.

- Voilà notre école, Lyra.

[REECRITURE] Ame de SangDes histoires addictives. Découvrez maintenant