Chapitre 3

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Aujourd'hui, c'est le seul jour de la semaine où nous pouvons profiter d'aller dehors, même si c'est autour de l'Institut, qui est entouré de grillage, mais ça me convient quand même. Rester à l'intérieur sans profiter de dehors, tu as une bonne raison de devenir malade.

Le réveil est assez dur. La lumière entre encore dans ma chambre, me défonçant littéralement les yeux, m'obligeant à gigoter, et qui me réveilla par la même occasion. Je ne veux pas me lever de mon lit, le trouvant soudainement moelleux, et confortable pour que j'y reste quelques temps encore. Mais en voyant l'heure sur l'horloge, je n'ai d'autres choix que de me lever où je n'aurais plus le droit de sortir. L'heure indique dix heures passées, même si c'est le matin, le moment où on peut sortir est de dix heures à onze heures. C'est avec agacement que je finis par me lever, sentant toujours de légères courbatures sur mon corps.

Actuellement, je suis encore assise sur mon lit, ayant beaucoup de mal à me préparer pour sortir, même si j'ai énormément envie d'aller faire un tour autour de l'établissement. Je pense donc au fait de me promener, observant toutes les différentes plantes que je trouverais sur mon chemin, regardant si elles ont changé d'apparence depuis la semaine dernière. Je savais d'ores et déjà qu'elles seront pareilles, mais je m'en fiche. Je veux juste me changer les idées. Les plantes que je croiserai sur mon chemin seront de meilleures compagnies que ces imbéciles d'humains qui ne sont même pas eux-même, et que je n'aborde même pas de toute manière.

C'est avec cette idée de partir me réfugier dans la nature que je me lève lentement, mais déterminée à prendre l'air. Juste respirer l'air de l'extérieur aussi me conviendrait. L'air d'ici devient de plus en plus irrespirable. Il y a tellement de choses positives dehors que dans cet Institut pour fou, cela me donne envie de quitter cet endroit, mais je n'aurais nulle part où aller après. Je dois donc enlever cette idée de fuite de ma tête, ça sera le mieux pour moi, je pense. Pour ma sécurité surtout, ils pourront me retrouver après tout.

Je vois mon reflet dans la glace, m'inspectant vite fait. Mes cheveux sont vraiment en bataille, il faut que je les brosse un petit coup avant de sortir quand même. Je remarque aussi qu'elles reprennent un peu de longueur, il faut que je demande aux surveillants pour que je les recoupe un peu, les cheveux longs ne me vont pas de toute manière. Je souffle un petit coup, plus j'y pense, et plus je me dis que je n'ai pas de liberté ici. En fin de compte, je dois penser à partir de cet endroit au plus vite, le plus tôt sera le mieux. Je secoue la tête. Je dois éviter de penser à ça.

Je longe mon lit, me dirigeant vers ma table de chevet pour en sortir ma brosse à cheveux. Je ramène cette dernière vers ma chevelure et la brosse doucement, évitant de tirer dessus. Mes cheveux sont loin d'être soyeux comme la majorité des filles qui, elles, prennent soin de leur apparence. Je me fiche pas mal de mon apparence, mais c'est assez embêtant d'avoir les cheveux décoiffés. je n'en prends pas vraiment soin. Je les lave, les coiffe, et c'est tout.

Après avoir passé quelques temps sur ma chevelure couleur acajou, je repose ma brosse où elle était il y a à peine cinq minutes, tout en enlevant des cheveux qui se trouvent sur cette dernière. Je me redresse et me dirige vers la porte. J'abaisse la poignée de cette dernière et l'ouvre doucement, la faisait légèrement grincer. Il n'y a personne dans les couloirs, comme à d'habitude. Les lumières sont éteintes, la lumière du soleil s'infiltrant par les vitres, non loin à mon égard.

Je sors de ma chambre à coucher tout en refermant la porte de ma chambre. Je me mets à marcher sans faire de bruit, tout en observant, comme toujours, mon entourage. Ces mêmes murs que je vois tous les jours depuis mon entrée ici, rien ne change vraiment de toute façon dans ce lieu. Tout reste blanc, enfin, au fur et à mesure du temps, le blanc perd un peu de sa pureté et jaunît un peu avec la vieillesse.

Je descends les escaliers, ne manquant de glisser sur une marche, ne faisant pas attention où je marche. Je note dans mon crâne de ne plus me perdre dans mes pensées quand je descends les escaliers si je n'ai pas envie de me casser la figure. Je descends donc jusqu'au rez-de-chaussée, ne trouvant presque personne, mise à part une ou deux personnes, ayant l'air déconnectées du monde. Limite un filet de bave pend de leur bouche. C'est répugnant, et assez triste à voir.

La porte d'entrée est devant moi, si près de moi, et ouverte. Une fine pensée traverse mon esprit. Ce petit instant qui me fait hésiter à rester ou à fuir pour retrouver la liberté que j'ai perdu depuis tant d'années. Mais je dois me ressaisir, si je dois partir, il faut que j'attende le bon moment. Même si c'est une opportunité en or de prendre la fuite, là maintenant, c'est trop risqué. Il fait jour, les surveillants sont sûrement dans les alentours et s'ils m'attrapent, je ne pourrais utiliser la force, étant beaucoup trop vulnérable sans mes pouvoirs. Non, ce n'est pas encore le moment. Je dois être encore patiente.

Je mets un pas dans l'extérieur. Même si ça ne fait qu'une semaine que je ne suis pas retournée dehors, j'ai juste l'impression d'avoir été prisonnière depuis des mois, sans pouvoir respirer l'oxygène de dehors. Je respire profondément, profitant un maximum de l'air. Je ne résiste pas à la tentation de me promener, laissant mes pieds me diriger où ils veulent. Me dégourdir les jambes en dehors de l'Institut est une sensation extrêmement agréable. Je croise des personnes durant ma petite promenade, mais je ne leur jette pas un seul regard, ne voulant pas gâcher mon seul moment de plaisir.

J'arrive derrière l'établissement, ce dernier étant jonché de buisson et d'une multitude d'autres plantes. Mais celles-ci sont devenues toutes fanées par la saison. L'arbre imposant est à sa même place que pendant les autres semaines. Celui-ci ayant perdu la majorité de ses feuilles, se trouvant maintenant au sol, sous mes pieds. Même sans ses habits, il semble toujours aussi majestueux.

Je me courbe pour m'asseoir contre le tronc de l'arbre, cognant délicatement ma tête contre celui-ci. Je ferme mes yeux, me laissant bercer par la fine brise qui se réveille de son sommeil. Je sens mes cheveux virevolter dans l'atmosphère fraîche. Il fait un peu froid, mais je ne fais pas vraiment attention, ayant besoin de rester un peu dehors pour me changer les idées. Juste se vider l'esprit et être en compagnie de personne. Je ne peux rien demander de mieux pour le moment.

Un long moment passe depuis que je suis assise contre l'arbre. Alors que mes yeux sont toujours fermés, sans pour autant sombrer dans le sommeil, je sens quelque chose de froid se poser sur ma joue gauche. Puis la seconde d'après, une autre chose froide se pose sur mon visage. J'ouvre lentement les yeux, découvrant le ciel jonché d'une épaisse couverture grise. Une autre goutte tombe sur mon visage. Il commence à pleuvoir. La pluie commence à s'affoler et ses gouttes tombent de plus en plus nombreuses. Un fin sourire se dessine sur mes lèvres. Vraiment rien de mieux que ça. Je suis comblée. Je referme mes yeux, me concentrant sur la sensation que me procure l'eau froide glissante le long de mes joues.

Soudain, j'entends un bruit provenir derrière moi. J'ouvre automatiquement mes yeux, tous mes sens en alerte. Je me lève à la seconde qui suit, me retournant vers le grillage qui me sépare du reste du monde. Une forêt se trouve à quelques mètres de là où l'Institut se trouve. Je regarde attentivement s'il y a un moindre mouvement au loin. Puis, j'observe une étrange silhouette noire entre les arbres et les buissons qui se trouvent non loin de moi. Je plisse les yeux, essayant de trouver un quelconque visage sur cette silhouette, mais c'est peine perdue, étant beaucoup trop loin pour que je discerne la moindre chose.

Du peu que je pouvais apercevoir, elle semblait avoir une longue chevelure claire, mais je ne peux rien distinguer d'autre, même pas voir si c'est un homme ou un femme. Agacée de me sentir observer par cette chose, je sais déjà que je ne peux être tranquille avec quelqu'un qui me fixe. Je tourne mon regard et pars en direction de l'Institut. Quel que soit cette chose qui vient de me gâcher ce moment, je trouverais bien sin identité, tôt ou tard.

[REECRITURE] Ame de SangOù les histoires vivent. Découvrez maintenant