Chapitre 36

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La journée s'achève. Omesant et moi avons discutées toute la journée. Cette dernière m'a donc raconté son passé assez dur, même si pour elle, cela semblait être vivable. Pendant qu'elle me racontait cela, mes pensées étaient parties quelques instants vers Séléna, me demandant comment était son passé à elle. Omesant avait été conduite dans un laboratoire après que ses parents aient découverts qu'elle avait une âme de monstre. Elle a donc été utilisée comme cobaye, ce qui l'a donc rendue comme elle est aujourd'hui. Puis, elle a du être transférée dans une famille, tout en ayant des souvenirs artificiels implantés. Cependant, d'après ses propos, cela n'a pas fonctionné et l'a juste fait péter un plomb. Et la voilà maintenant chez moi, sans toit, sans personne. Je me dis que sa situation n'a vraiment pas due être facile.

De la pluie a commencé à tomber depuis environ une heure, et quelques orages sont venus par la suite tenir compagnie à cette dernière. Nos tasses de chocolat chaud sont sur la table, totalement vide. Nous n'avons pas bougé du canapé de toute la journée, apprenant à se connaître à nouveau. Elle semble plus à l'aise à me parler par rapport à son réveil. C'est déjà bon signe.

La pluie continue de taper contre les fenêtres de ma maison, mais ce son ne me dérange absolument pas, au contraire. L'eestos semble se coucher, le ciel se faisant plus sombre au fur et à mesure que les minutes passent. Je me lève, prenant les tasses, proposant à Ome de refaire un chocolat chaud, ce qu'elle accepte sur le champ. Cela me fait esquisser un sourire. Après cela, je reviens dans la grande pièce de la maison, deux tasses chaudes entre les mains. J'en donne une à Omesant et me rassois à ses cotés. A peine je pose mes lèvres sur le bord de la tasse qu'Omesant me demande :

- Et toi Lyra ? Comment as-tu survécu jusque-là ? Cela m'étonne un peu que tu sois en quelque sorte libre de tes gestes. Ca fait longtemps que tu vis ici ?

Je me fige dans mes gestes. J'ai l'impression d'avoir reçu une gifle. Tous les souvenirs que j'ai de l'Institut, de toutes les tortures qu'Inako m'a fait subir, de revoir Séléna et d'apprendre un fragment de vérité sur notre famille. Tout se déroule dans ma tête à la vitesse de la lumière. C'est limite si je n'ai pas un mal de crâne à force. Je soupire puis je la regarde. Cette dernière me regardant, comme si elle avait regretté sa question.

- Eh bien, c'est assez compliqué. Disons juste que pour le moment, j'agis comme une personne normale afin de ne pas m'attirer à nouveau la foudre et les emmerdes surtout.

- Comment ça ?

- J'ai vécu dans un Institut pendant toute mon enfance. Mais il s'avère que ma mère m'aie retrouvée et s'est servie de moi, cette dernière étant une scientifique, cherchant à exploiter nos âmes.

- Oh, je vois.

Je la regarde, puis dirige mon regard vers ma tasse de chocolat chaud. On ne dit plus rien, laissant juste un silence de mort, juste le liquide que nous buvons est la seule source de bruit. La pluie tape plus fort, un orage éclatant de plus belle par la suite.

Omesant finit par soudainement dire :

- Merci encore pour l'hébergement. Je te revaudrai ça.

- Je sais je suis trop gentille.

Je me lève et j'entends Omesant s'esclaffer face à ma remarque. Je demande à Omesant sa tasse, cette dernière étant complètement vide. Je mets tout cela dans l'évier et retourne dans le salon, mais je ne m'arrête pas dans cette pièce. Je continue ma marche, me dirigeant vers les escaliers. Je jette un regard vers elle, avant de monter les marches.

Je soupire puis monte finalement l'escalier pour me diriger dans ma chambre. J'entre dans cette dernière, avant de refermer la porte derrière moi. Je m'avance vers le lit, et je saute littéralement dedans, sans forcément être épuisée. L'après-midi est terminé. Il fait limite nuit dehors, les lampadaires sont déjà allumés, seulement une fine lumière d'eestos reste dans le ciel, éclairant un minimum ma chambre. Je tourne mon regard au plafond, me vidant la tête. je ne dis rien, ne fais aucun geste. Juste, rien. Combien de temps s'est écoulé depuis mon départ de l'Institut ? Un mois ? J'ai encore l'impression que cela date d'hier.

Je lève très lentement mon bras droit, puis, ma main arrivant devant mon champ de vision, je la regarde. L'observant. Puis, je me concentre sur ma main, sur chaque doigt, chaque ligament. Une légère lueur rougeâtre émet dans ma paume de ma main, puis un petit point rouge luisant se créer, jusqu'à ce que ce dernier grandisse, et finisse par former un couteau couleur rouge sang. Ce dernier étant luminescent. J'attrape l'arme entre mes doigts, sa surface étant plus que dure. Je regarde ce dernier sous tous ses angles. Un couteau, rien de plus banal. Ce dernier éclaire légèrement la pièce, en plus du faible faisceau lumineux qui sort de ma fenêtre. Omesant peut créer tellement de chose. Elle est tellement puissante. Tandis que moi, je ne peux que créer de misérables couteaux. C'est un peu pathétique. Je soupire, lassée de cette situation actuelle.

Je fais disparaitre le couteau. Puis, je me tourne dans mon lit, faisant face maintenant à un des quatre murs de la chambre. Demain, je dois retourner voir Taka, je dois encore lui demander quelques informations, et je dois m'entrainer. Une idée survient dans mon esprit. Omesant aimerait-elle venir ? Peut-être que ça l'intéresserait ? De nouvelles questions submergent mes pensées, remplissant inutilement mon crâne.

La nuit se montre enfin. Je jette un oeil à l'heure, ce dernier montrant qu'on seulement en début de soirée. Cependant, je n'ai pas faim, et la fatigue se fait bizarrement ressentir, alors que je n'ai rien fait de la journée. Mes paupières deviennent lourdes. Je ne résiste pas, préférant passer à demain le plus vite possible. Espérons que cette nuit soit paisible pour mon esprit et mon mental. Avant de me rendormir, je ne cesse de penser aux rêves que je fais ces derniers temps, ces derniers semblant se suivre, sans montrer de fin. A quoi correspondent ces rêves ? Encore une question sans réponse. Ma conscience semble me lâcher. Le peu de bruits que l'on peut entendre à l'extérieur semble se taire. Tout devient noir et silencieux.

[REECRITURE] Ame de SangOù les histoires vivent. Découvrez maintenant