La nuit est arrivée. Je suis prête, habillée des mêmes habits que j'ai récupérés hier soir, enfin, plutôt dans l'aube au final. Je prends un petit sac que j'ai trouvé dans un des placards du couloir. J'y insère une lampe torche, et un briquet. Je préfère ne pas me faire remarquer, si j'utilise mes pouvoirs et que quelqu'un me voit, toute cette évasion n'aura servi à rien après.
Les lampadaires de la ville sont allumés depuis maintenant un an plus de quatre heures. Le ciel est noir, obscur, ainsi qu'une fine couche grise, dûe à la pollution. Je scrute l'extérieur, peu de passants, voir personne ne longent les rues sombres de la cité. L'air semble fraiche dehors, mes mains, contre la fenêtre, qui sont gelées en sont d'ailleurs la preuve. Mon pouls s'accélère, à tout moment je peux me faire attraper. Il faut que je fasse très attention. Une boule se forme dans mon ventre. Je ne dois pas me faire attraper.
Je pose le petit sac sur mon épaule, j'éteins toutes les lumières de la maison, laissant l'obscurité prendre place, puis j'insère la clé dans la serrure de la porte d'entrée. Je l'ouvre doucement, comme si faire du bruit allait alerter la population de ma présence. Je la ferme par la suite, et m'engouffre dans les ruelles, éclairées par les lampadaires, tous pareils les uns que les autres. Personne ne passe, me retrouvant seule. Je vérifie souvent derrière moi, ayant peur de me faire poursuivre, même si l'éliminer serait très simple. L'itinérance est assez simple, il faut tourner quelques fois, mais surtout marcher tout droit, d'ici une vingtaine de minutes, je serais devant l'institut délabré.
Le bâtiment se trouve actuellement à quelques dizaines de mètres devant moi. Je scrute les environs. On dirait bien que personne ne se trouve ici, à part moi. Espérons-le en tout cas. J'atteins l'entrée principale du bâtiment. Aucune voiture, aucune présence. Un certain poids se détache de ma poitrine, me sentant un peu soulagée de ne trouver personne d'autre dans les parages. Le vent souffle légèrement, faisant virevolter mes cheveux dans toutes les directions. Des frissons me parcourent l'échine, l'adrénaline monte en moi, mon sang bout intérieurement, des sueurs froides perlent sur mon front. Je reste immobile, pétrifiée, je n'arrive plus à bouger, comme si je me retrouve enchaînée.
C'est un piège.
Elle est encore là.
Le vent s'intensifie, soufflant plus fort, annonçant certainement une tempête proche.
Une silhouette se fait percevoir, malgré la noirceur de la nuit. Elle erre dans le bâtiment, au premier étage, elle traverse les couloirs, passant devant chaque fenêtre. Je la fixe, ne pouvant rien faire d'autre pour le moment. Elle ne semble pas m'avoir aperçue. Devrais-je malgré tout tenter de rentrer, et de brûler mon dossier ? je ne devrais pas faire ça.
Je prends mon courage à deux mains et avance doucement vers l'entrée, tout en prenant soin de ne pas finir sous la lumière des lampadaires. C'est de la folie. De toute façon, je peux la maîtriser, je ne dois pas la craindre, alors pourquoi je continue à être terrifiée à l'idée de me retrouver face à elle ? Je secoue rageusement la tête, je ne dois pas penser à ça. Ma priorité reste le dossier, je la croise, je l'anéantis et c'est tout. Je pousse les portes de l'entrée, elles s'ouvrent sans aucun effort, les autorités ont dû les avoir forcées. Les battants grincent sous le sol couvert de graviers, et de poussières. J'entre en faisant attention de ne pas faire de bruit. Je me dirige vers le couloir à ma gauche, menant vers les bureaux de l'administration. Plus mes pas se rapprochent de la porte menant aux archives, plus mon coeur s'emballe, comme s'il était sur le point de sortir de ma poitrine. Je virevolte soudainement, une étrange sensation d'être observée se repend dans mon esprit. Mais je ne vois personne, aucune ombre. Je reste tout de même méfiante, mais continue ma marche. J'arrive devant la porte, j'abaisse la poignée, elle est verrouillée. Je souffle. Je ne pense pas pouvoir ouvrir la porte avec mes pouvoirs. Soit j'ouvre la porte en trouvant la clé, soit je la défonce avec mes petits pieds et mes petits bras.
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[REECRITURE] Ame de Sang
FantasyVotre âme définit votre place dans ce monde. Les âmes grises, aussi appelées les Humains Purs, règnent sur la surface. Les âmes de couleur, également appelées les Humains Impurs, sont des objets scientifiques. Mais Lyra refuse ce destin, découvrant...
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